Jean Pierre Allali

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Lectures de Jean Pierre Allali - Israël et ses conflits. Des querelles et des rêves, de Philippe Velilla

14 Novembre 2018 | 78 vue(s)
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France

Mardi 16 juillet 2024, s'est tenue la cérémonie nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites et d'hommage aux Justes de France, commémorant la rafle du Vél d'Hiv organisée par le Crif en collaboration avec le Ministère des Armées. Cette année, à l'approche des Jeux Olympiques, la cérémonie s'est tenue au Mémorial de la Shoah. À cette occasion, le Président du Crif a prononcé un discours fort et engagé, dans un contexte national et international difficile.

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Opinion

Mardi 16 juillet 2024, s'est tenue la cérémonie nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites et d'hommage aux Justes de France, commémorant la rafle du Vél d'Hiv organisée par le Crif en collaboration avec le Ministère des Armées. Cette année, à l'approche des Jeux Olympiques, la cérémonie s'est tenue au Mémorial de la Shoah. À cette occasion, le Président du Crif a prononcé un discours fort et engagé, dans un contexte national et international difficile.

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Israël et ses conflits. Des querelles et des rêves, de Philippe Velilla*

Cet ouvrage se veut un examen critique de la société israélienne. Et, pour ce qui est de la critique, l’objectif est largement atteint. S’il n’oublie pas de signaler certaines réussites de l’Etat d’Israël, l’auteur a une tendance à mettre en avant les aspects négatifs de l’Etat juif. Dès l’introduction, le ton est donné : « Israël est tout à la fois le paradis de la haute technologie et un champion du monde des inégalités ». Pour Philippe Velilla, « la société israélienne n’a guère de cohésion, sauf dans l’adversité ». Israël, selon sa description, est un Etat communautariste. Les Arabes, malgré quelques progrès, sont discriminés, les Ashkénazes sont opposés aux Séfarades. Et les hommes en noir, entendez les religieux, veulent tout régenter. Les Ethiopiens vivent entre racisme et marginalité sociale. Quant aux Russes, ils ont, eux, bien réussi et sont parfaitement intégrés.

Rappelant que, selon un dicton populaire, « Haïfa travaille, Jérusalem prie et Tel Aviv danse », l’auteur distingue trois Israël. Le premier Israël, c’est « Tel-à-Vivre », le second, la périphérie, les villes de développement et les quartiers pauvres des grandes villes. Le troisième Israël, enfin, c’est le royaume de Judée-Samarie, les « colons à kippa tricotée ».

L’auteur analyse les tenants et les aboutissants du conflit israélo-palestinien et les options qui s’offrent pour l’avenir : deux Etats ou un seul. Le problème de cet ouvrage est que l’actualité va vite. Depuis sa parution, le transfert de l’ambassade des Etats-Unis à Jérusalem a changé la donne, l’attitude du président Trump à l’égard des Palestiniens et de l’UNRWA ont modifié la situation en faveur d’Israël.

Cela dit, pour l’auteur, ce qui distingue la classe politique, c’est la vénération du statu quo, érigé en nouvelle religion du pays : « Cette nouvelle religion a un Grand prêtre : Binyamin Netanyahou ». Et, en conclusion : « Avec un peu de chance, et s’il parvient à échapper à des poursuites judiciaires, Binyamin Netanyahou …pourrait battre le record de longévité à la tête du gouvernement de son lointain prédécesseur, David Ben Gourion… »

Une contribution partisane mais intéressante au débat sur l’avenir d’Israël et du Proche-Orient.

Jean-Pierre Allali

(*) Editions Le Bord de l’Eau. Septembre 2017. 184 pages. 17 €