Yonathan Arfi

Le nouveau Président du Crif, un militant juif et citoyen

Blog du Crif - Les Juifs, ces éternels Insoumis qui résistent à Jean-Luc Mélenchon

02 Novembre 2021 | 607 vue(s)
Catégorie(s) :
France

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Actualité
Le 10 janvier 2023, Yonathan Arfi, Président du Crif, s'est rendu à la cérémonie en hommage aux victimes de la rafle de Libourne du 10 janvier 1944. Il a prononcé un discours dans la cour de l'école Myriam Errera, arrêtée à Libourne et déportée sans retour à Auschwitz-Birkeneau, en présence notamment de Josette Mélinon, rescapée et cousine de Myriam Errera.  
 

La 12ème Convention nationale du Crif a eu lieu hier, dimanche 4 décembre, à la Maison de la Chimie. Les nombreux ateliers, tables-rondes et conférences de la journée se sont articulés autour du thème "La France dans tous ses états". Aujourd'hui, découvrez un des temps forts de la plénière de clôture : le discours de Yonathan Arfi, Président du Crif.

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Antisémitisme

Découvrez mon discours prononcé lors de la plénière de clôture de la 11ème Convention nationale du Crif, le 14 novembre 2021, en présence du Premier ministre Jean Castex.

Lors de la cérémonie nationale d'hommage commémorant le Vel d'Hiv, le Président du Crif s'est dit "choqué et révolté par les images indécentes des récalcitrant à la vaccination arborant l’étoile jaune et faisant des raccourcis honteux. C’est un outrage à la mémoire des victimes de la Shoah".

Discours prononcé à la cérémonie du 18 juillet par M. Albert Massiah, Président du Crif Bordeaux-Aquitaine, lors de la « Journée nationale à la mémoire des crimes racistes et antisémites commis par l’État français de Vichy et en hommage aux Justes de France. »

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Opinion

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Il y a quelque chose chez les Juifs qui, visiblement, les rend insupportables à Jean-Luc Mélenchon. Quelque chose de si irrépressible que surgissent régulièrement chez le dirigeant de la France Insoumise des poussées d'urticaire verbale.

Mais que nous reproche-t-il au juste ? Résolument juifs et républicains, les Juifs français ont la nuque raide. Ils se méfient, par expérience, des sérénades populistes. Ils restent attachés à la tradition juive comme à la promesse républicaine, même quand elles sont contestées ou attaquées.

Ce que Jean-Luc Mélenchon nous reproche, c'est ainsi avant tout de rester nous-mêmes à travers l'Histoire, en refusant de nous soumettre aux passions du moment. En un mot, ce qui le rend fou, c'est que les Juifs de France soient précisément d'authentiques et éternels insoumis !

Jean-Luc Mélenchon nous en veut de ne pas nous incliner devant sa toute relative et autoproclamée insoumission. Mais puisqu'il a prétendu récemment partager sa vision de la tradition juive, peut-être devrions nous lui rappeler quelques leçons d'insoumission, léguées par l'Histoire :

Première leçon, le refus du dogmatisme. Jean-Luc Mélenchon se veut l'homme des réponses toutes faites, quand les Juifs sont le peuple de la question. Notre Fidel Castro de salon est un sophiste, adepte des effets de manche et des raccourcis rhétoriques. Quand la tradition juive s'évertue de tous temps à faire vivre le pluralisme, Jean-Luc Mélenchon pense que c'est celui qui criera le plus fort qui aura raison. Cette attitude porte en germe une menace : le totalitarisme, face auquel tout républicain sincère doit se lever.

Seconde leçon d'insoumission, le refus catégorique du culte de la personnalité. Le judaïsme tient en horreur l'idolâtrie. A la France Insoumise, au contraire, on vit dans le culte et la terreur du chef. Entendez-vous des voix dissonantes oser s’opposer à Jean-Luc Mélenchon ? La France Insoumise est aujourd'hui un parti construit au service d'un seul homme. Voilà qui met durablement à distance tout démocrate. Qui voudrait d'une France dont le débat public ressemblerait à un Congrès de la France Insoumise ?

Enfin, la tradition juive porte en elle un authentique engagement d’insoumission : le refus du populisme. La loi juive rappelle d’ailleurs que s'il y a unanimité pour condamner à la peine capitale un accusé, il doit alors être acquitté. Pour les décisions graves, il doit y avoir un débat contradictoire et une méfiance absolue vis-à-vis des humeurs des masses. Jean-Luc Mélenchon fait précisément le contraire : il cultive la violence et les passions au sein de la société en considérant que la révolution peut se satisfaire de quelques victimes innocentes de mouvements de foule, pourvu que la foule aille dans le sens qu'il souhaite. 

Jean-Luc Mélenchon a réussi il y a quelques jours le tour de force de faire d'une pierre, deux coups bas. En quelques phrases, il a à la fois disculpé Eric Zemmour et attaqué le judaïsme. Il a renforcé et légitimé l'extrême-droite d'une part, et attaqué la sincérité de l'engagement citoyen des Français juifs, d'autre part.

M. Mélenchon, le Crif dont l'histoire prend sa source dans le plus noble des épisodes d'insoumission, la Résistance, ne cédera jamais à vos injonctions et intimidations : nous nous dresserons sur votre chemin politique comme nous le faisons face à vos meilleurs ennemis de l'extrême-droite.

Vous pouvez compter sur l'insoumission des Juifs de France pour faire barrage à votre dangereuse surenchère.

Yonathan Arfi