Le CRIF Rhône-Alpes

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Naissance du CRIF à Lyon pendant l’Occupation allemande et histoire du Comité de Coordination des Organisations Juives de Lyon et sa région - CRIF Rhône-Alpes
 
Le CRIF est né dans le contexte de l’occupation allemande et au lendemain des rafles en « zone libre ». Des responsables de plusieurs institutions israélites, contraints de rejoindre les grands centres de la zone « non occupée », décidèrent sous des couvertures diverses, de coordonner leurs actions de résistance pour le sauvetage des juifs menacés et persécutés.
 
L’arrestation à Lyon en octobre 1943 du Coordinateur, le président du Consistoire Central Jacques HELBRONNER, porte un coup aux premières tentatives de coordination. Les représentants des différentes associations juives entrent alors dans une phase de clandestinité.
 
Les rencontres dans des cafés de Vaulx-en-Velin et de Lyon se multiplient fin 1943 jusqu’à début 1944. Léon MEISS (qui succède à Jacques Helbronner) ; le Grand Rabbin Jacob Kaplan, Léo Glaeser, Joseph Fisher et d’autres personnages éminents de cette page de l’histoire de la Région, joueront un rôle fondamental dans ce qui sera le CRIF national.
 
La volonté de créer un organisme représentatif des juifs de France est en effet au cœur des discussions et bénéficie de l’appui décisif du brillant Magistrat Léon Meiss. C’est encore à Lyon, dans la clandestinité que s’achèvent les pourparlers définitifs et l’élaboration de la charte du « Conseil Représentatif des Israélites de France » en janvier 1944. Léon Meiss en devient le premier Président ; un passage porte aujourd’hui son nom à Villeurbanne.
 
1945 - 1967 : 22 années sans coordination lyonnaise.
 
Au lendemain de la guerre le CRIF devenu Conseil Représentatif des Institutions Juives de France, installe son siège à Paris. La Communauté juive lyonnaise meurtrie par la Shoah, se relève peu à peu de ses cendres et œuvre essentiellement pour sa reconstitution culturelle et religieuse. Dans les années 50 et 60, l’agglomération lyonnaise accueille à l’instar d’autres grandes villes de France, les réfugiés juifs d’Afrique du Nord. Ces derniers, majoritairement traditionalistes, sont plus soucieux de s’installer et de s’enraciner dans leur ville d’adoption que de s’organiser. Il est vrai aussi que le contexte de l’époque, à Lyon, était peu propice aux violences antisémites. Aussi, le nouveau paysage de la Communauté juive lyonnaise n’éprouvait nul besoin d’une coordination et d’une représentation régionale.
 
Les juifs lyonnais rompent avec leur retenue séculaire
 
En 1967, nombreux furent ceux - juifs ou pas - qui redoutaient la possible disparition du jeune Etat d’Israël qui risquait à nouveau d’être détruit par ses voisins arabes. C’est pendant ces heures d’angoisse qui ont précédé la Guerre des Six Jours qu’une poignée de responsables communautaires de Lyon ont éprouvé la nécessité d’unir leurs efforts pour défendre l’existence de l’Etat d’Israël et pour sauvegarder la dignité de la Communauté juive de Lyon. De ce rassemblement militant dont Janine et Gérard Mayer furent des acteurs de la première heure, est né le Comité de Coordination des Organisations Juives de Lyon.
 
Marc Aron, figure emblématique de cette nouvelle Institution lyonnaise qu’il présida pendant près de 15 ans, offrit au CRIF Rhône-Alpes son empreinte humaniste. Il fut de tous les combats en faveur des Tziganes réfugiés à Lyon, pour la reconnaissance du génocide contre les arméniens ou en première ligne du dialogue judéo-chrétien.
 
Rapidement, le Comité de Coordination des Organisations Juives devint l’interlocuteur privilégié auprès des pouvoirs publics et le porte-parole du judaïsme lyonnais auprès des médias. Les juifs lyonnais rompaient ainsi avec leur retenue séculaire. La ville fut le théâtre des premiers défilés refuzniks et des premières manifestations qui proclamaient la solidarité avec les juifs captifs en URSS. Le Comité de Coordination organisa également de nombreuses manifestations contre le terrorisme dans lesquelles hommes politiques et simples citoyens protestaient contre l’assassinat des athlètes israéliens à Munich (1972), contre l’attentat de la rue Copernic (1980), ou contre la profanation du Cimetière juif de Carpentras (1990).
 
Ce n’est qu’au début des années 80 que le Comité de Coordination devint antenne régionale du CRIF sous le nom de CRIF Rhône-Alpes. Pendant le procès Barbie en 1987, ses militants érigèrent sur la place des Terreaux, un Mémorial en hommage aux victimes. Des milliers de Lyonnais s’inclinèrent devant ce témoignage bouleversant de la barbarie nazie.
 
Jean Lévy a été Président du CRIF Rhône-Alpes de février 1990 à janvier 1996.
L’infatigable militant des fils et filles des déportés Juifs de France s’attacha, entre autres missions, à entretenir et perpétuer la mémoire des victimes du nazisme (cérémonies commémoratives, poses de plaques commémoratives…), à transmettre l’histoire de la shoah aux jeunes générations (expositions, voyages sur les lieux de mémoire) et à lutter contre le négationnisme très pregnant à cette époque dans certaines universités Lyonnaises.
 
Alain Jakubowicz, Président du CRIF Rhône-Alpes de 1996 à 2004, marqua son engagement en tant qu’avocat des parties civiles lors des procès Barbie (1987) puis Papon (1997 -1998).
Il initia en 1999 le premier dîner du CRIF en région, dîner devenu un évènement annuel incontournable dans la cité, fut à l’origine du recrutement d’un permanent régional du SPCJ et légua au CRIF Rhône-Alpes une place d’interlocuteur entendu et écouté des partenaires politiques et institutionnels de la région. Durant sa mandature, il eut à affronter les manifestations du nouvel antisémitisme issu des banlieues.
 
Marcel Amsallem lui succéda de 2004 à 2012.Son expérience préalable comme président d’une communauté de la région lui permit durant son mandat d’établir un équilibre harmonieux entre les différentes composantes cultuelles et culturelles de la communauté juive régionale. Dans un contexte de montée significative de l’antisémitisme, il dut refondre les structures existantes en matière de protection de la communauté et en renforcer les liens avec les pouvoirs publics.
 
Le CRIF Rhône-Alpes, est actuellement présidé par Nicole Bornstein, première femme présidente du CRIF Rhône-Alpes. Ses expériences préalables de présidente d’une loge Bnai-Brith et de secrétaire générale du CRIF Rhône-Alpes aux côtés de Marcel Amsallem de 2004 à 2012 lui ont permis d’entrer plus facilement dans cette fonction.
Elle assume cette lourde responsabilité en poursuivant le travail de ses prédécesseurs en matière de lutte contre le racisme et l’antisémitisme, de permanence de la mémoire de la shoah et de soutien à Israël, notamment dans la lutte contre le boycott  et la diffamation en général.
Dans une société en pleine mutation, au milieu des crises identitaires, du danger des extrémismes et de la montée du racisme et de l’antisémitisme, elle essaye de renforcer les liens avec les autres communautés, notamment chrétienne et musulmane.
Le CRIF Rhône-Alpes a organisé avec succès, en septembre 2014,  à l’hôtel de région  la célébration de la naissance du CRIF en région Rhône-Alpes, 70 après.
 

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