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Publié le 24 Janvier 2020

75 ans - Les nations du monde honorent la mémoire des victimes de la Shoah

Jeudi 23 janvier 2020, 47 chef d'Etats et de gouvernements étaient rassemblés à Jérusalem pour commémorer le 75ème anniversaire de la libération du camp d'Auschwitz-Birkenau. Un événement historique. Le Président du Crif Francis Kalifat a accompagné le voyage en Israël du Président français. Il revient sur les temps forts du déplacement d'Emmanuel Macron.

Ils étaient 47 chef d'Etats et de gouvernements hier, à Jérusalem, à se souvenir des 6 millions de Juifs exterminés par la barbarie nazie. Au cours de la cérémonie internationale du souvenir organisait à Yad Vashem, le temps semblait s'être suspendu, laissant la place au recueillement et à la mémoire.

Cette commémoration a ouvert le 5ème Forum international sur la Shoah qui met à l'honneur la préservation de la mémoire de la Shoah et la lutte contre l'antisémitisme actuel.

Le Président israélien Reuven Rivlin a pris la parole le premier et a livré, ému aux larmes, un discours vibrant de sincérité. Les discours du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, du Président du Congrès juif européen Moshé Kantor, puis les dirigeants et représentants des pays alliés Vladimir Poutine, Emmanuel Macron, Mike Pence et le prince Charles ont ensuite rythmé la cérémonie. Le Président allemand Frank-Walter Steinmeier a également pris la parole et a rappelé aux Allemands la responsabilité qui leur incombe d'agir contre l'antisémitisme. 

Faire front commun contre l'antisémitisme, tel était l'objectif de cette cérémonie historique. Devant un public nombreux - dont une centaine d'anciens déportés, les dirigeants et représentants étatiques ont affirmé une volonté commune de lutte contre l'antisémitisme, le racisme et toutes formes de discriminations, et ont rétitéré leur engagement total dans le combat pour la mémoire de la Shoah.

Revivez la cérémonie officielle en intégralité

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Le Crif - Vous revenez d'Israël où vous avez accompagné le déplacement du Président Emmanuel Macron. Quels ont été les temps fort de ce voyage ?

Francis Kalifat - Il s'agit du premier voyage du Président en Israël depuis le début de son mandat. Le voyage d'Emmanuel Macron était centré autour du 75ème anniversaire de la libération d'Auschwitz-Birkenau. Évidemment, la cérémonie internationale de commémoration qui a eu lieu hier à Yad Vashem a été le moment clé de la visite du Président. 

Il s'est également rendu au mémorial de Roglit, près de Jérusalem, pour rendre hommage aux déportés de France. C'est la première fois qu'un Président français s'y recueille.

Toujours dans le registre des premières fois, il faut noter la visite historique d'Emmanuel Macron au Mur des Lamentations. Aucun Président français en cours de mandat ne s'y était jusqu'alors rendu. C'est un acte très fort.

Le Président a également rencontré la communauté française établie en Israël. Au-delà le discours bienveillant qu'il a prononcé, il a aussi échangé avec les Français qui habitent en Israël.

La visite du Ministre de l'Intérieur Christophe Castaner au cimetière de Givat Shaul pour honorer les mémoires des victimes françaises de l'antisémitisme fut aussi un moment important du voyage. J'ai accompagné le Ministre pour cette visite et je peux vous assurer que l'émotion était à son comble. Aux côtés des familles des victimes, nous nous sommes recueillis sur les tombes des victimes de l'attentat de Toulouse, de l'attentat de l'HyperCacher, d'Ilan Halimi, et de Sarah Halimi.

 

Le Crif - Vous parlez de la rencontre du Président avec la communauté française établie en Israël. Que retenez-vous du discours qu'il y a prononcé ?

Francis Kalifat - C'était un discours fort et sincère. Le Président a notamment rappelé que l'antisionisme, quand il exprime la délégitimation ou la négation d'Israël, est une forme d'antisémitisme. 

Il a aussi confié son émotion devant la quantité de lettres qu'il a reçues au sujet de l'affaire Sarah Halimi et de la décision de déclarer le suspect irresponsable pénalement. "La question de la responsabilité pénale est l'affaire des juges, la question de l'antisémitisme est celle de la République." a t-il déclaré en soulignant bien que le caractère antisémite du meurtre n'était pas à discuter. À la suite de son discours, il a pu discuter avec les Français établis en Israël ainsi qu'avec le frère de Sarah Halimi.

Il a également assuré la communauté française en Israël de la tenue d'un prochain voyage officiel bilatéral.

 

Le Crif - Vous l'avez dit, la cérémonie internationale de commémoration qui s'est tenue hier à Yad Vashem a été le point d'orgue du voyage présidentiel.

Francis Kalifat - Ce qui s'est passé à Yad Vashem hier est historique. Quarante-sept dirigeants et représentants étatiques - des rois, des Présidents, des Premiers Ministres - étaient réunis pour montrer un front uni contre l'antisémitisme; pour rendre hommage aux victimes de la Shoah et pour dire "plus jamais ça". C'est un symbole remarquable.

Les discours prononcés ont été forts et engagés, en particulier celui du Président français. Tous n'ont pas pu s'exprimer mais chaque État représenté a prouvé que la lutte contre l'antisémitisme et le racisme était un objectif commun aux nations du monde.

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