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Publié le 29 Février 2008

Hélène Waysbord-Loing : Un travail pédagogique dans le cadre collectif d’une classe

Le 13 février 2008 au dîner du CRIF, le président de la République, Nicolas Sarkozy, a proposé de confier la mémoire de chacun des 11 400 enfants juifs déportés de France et morts dans les camps nazis à un élève de CM2. Suite aux nombreuses réactions suscitées par cette initiative présidentielle, le ministre de l’Education nationale, Xavier Darcos, a mis en place un groupe de travail sur la mémoire de la Shoah et nommé comme présidente, Hélène Waysbord-Loing, qui a bien voulu répondre à nos questions.


« Cette mission, confiée par le ministre de l’Education nationale, est de présider un groupe de réflexion, pour la mise en œuvre dans les classes de l’initiative présidentielle dans le cadre du programme de CM2. Le thème des enfants permet, de façon adaptée à l’âge et au niveau des élèves, de susciter leur intérêt, leur questionnement et de construire avec eux le contexte de la période. On peut aborder ainsi la question des lois et des pratiques de Vichy en matière d’arrestation des enfants de tous âges – des dispositions qui ont anticipé sur les demandes nazies – les itinéraires des enfants venus d’Europe pour trouver un refuge, les lieux d’hébergement, les chances de salut…La matière d’un savoir historique est ainsi accessible, par une approche à la fois concrète et rigoureuse », explique Hélène Waysbord-Loing.
Mercredi 27 février a eu lieu la première rencontre des principales personnalités impliquées dans le travail de réflexion et de mémoire. « Cette réunion a été concluante, a-t-elle déclaré. Un accord sur la nécessité de transmettre la mémoire des 11400 enfants disparus dans le cadre collectif d’une classe s’est dégagé d’emblée. En continuité avec les pratiques déjà expérimentées, il faut trouver les moyens d’une généralisation souple, donner aux enseignants des outils de travail. Un inventaire des lieux ressources, des documents édités ou à disposition sur Internet, sera à disposition. » Le plus important pour Hélène Waysbord-Loing est « de faire connaître cette part de la communauté nationale, les 11400 enfants nés sur le sol français ou accueillis dans la patrie des Droits de l’Homme, de leur donner un visage, comme il a été fait avec succès pour les Justes de France ». « L’école n’est pas un lieu de commémoration, de rituel. A partir de l’émotion suscitée, on cherche à comprendre, on interroge, on enquête. Ce sont les orientations mêmes des programmes », confie t-elle.
Composé de personnalités mais aussi d’enseignants et d’historiens, le groupe de travail doit rendre son rapport dans deux mois. Ce travail permettra d’élargir le débat à la notion de crime contre l’humanité et de transmettre des valeurs de tolérance universelle.
Propos recueillis par Stéphanie Lebaz

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