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Publié le 8 Juillet 2019

Antisémitisme - L'importance d'utiliser les bons mots

La façon dont nous utilisons le langage pour parler d'antisémitisme est importante. En anglais, l'IHRA recommande d'utiliser le terme "antisemitism" pour décrire les préjugés à l'égard des juifs. Voici pourquoi.
L’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA) a récemment souhaité aborder l’épellation du terme "antisémitisme" en anglais, souvent écrit "anti-Semitism". La préoccupation de l'IHRA réside dans le fait que l'orthographe avec un trait d'union autorise l'idée de "Sémite" qui, non seulement légitime une forme de classification raciale pseudo-scientifique assiciée à l'idéologie nazie, mais divise également le terme en en retirant un partie de son sens. 
 
Le terme philologique "Sémite" désigne une famille de langages originaires du Moyen-Orient, dont les langues descendantes sont aujourd'hui parlées par des millions de personnes, principalement en Asie occidentale et en Afrique du Nord. Suivant cette logique sémantique, la conjonction du préfixe "anti" avec "Sémite" indique que l’anti-sémitisme s'adresse à toutes les personnes qui parlent des langues sémites. 
 
Au milieu du XIXe siècle, "Sémite" désignait une catégorie utilisée dans le classement des humains sur la base de la pseudo-science raciste. Au même moment, l’antisémitisme néologiste, inventé par le journaliste allemand Wilhelm Marr en 1879 pour désigner des campagnes antijuives, se répandit par le biais de son utilisation par les mouvements politiques antijuifs et le grand public.
Le terme moderne a gagné en popularité en Allemagne et en Europe en incorporant l'anti-judaïsme chrétien traditionnel, les manifestations anti-juives politiques, sociales et économiques apparues pendant les Lumières en Europe et une théorie raciale pseudo-scientifique qui a culminé dans l'idéologie nazie au XXe siècle. Bien que le mot historiquement nouveau ne soit entré dans l'usage courant qu'au XIXe siècle, le terme antisémitisme est aujourd'hui utilisé pour décrire et analyser les formes passées et présentes d'opposition ou de haine envers les Juifs. En allemand, en français, en espagnol et dans de nombreuses autres langues, le terme n'a jamais été coupé.
 
De nombreux chercheurs et institutions privilégient l’orthographe sans trait d'union ("antisemitism" donc) pour dissiper l’idée qu’il existe une entité appelée "Sémite". L’antisémitisme doit être lu comme un terme unifié, de sorte que la signification du terme générique désignant la haine des Juifs soit claire.
 
À une époque de violence accrue et de rhétorique dirigée contre les Juifs, il est urgent de s'assurer qu'aucune place n'est laissée à la confusion.
 

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