Actualités
|
Publié le 3 Janvier 2020

Ça s'est passé aujourd'hui - 3 janvier 2005 : Décès de Will Eisner, le dessinateur juif à l'origine du roman graphique

Il y a peut-être 1, 5, 10 ans ou encore un siècle tout juste, se produisait un événement marquant. Dans cette nouvelle rubrique intitulée « Ça s’est passé aujourd’hui », à l'image d'un éphéméride, le Crif revient sur quelques événements majeurs de l’Histoire date par date.

Fils d’un peintre juif autrichien et d’une mère d’origine polonaise, William Erwin Eisner naît le 6 mars 1917 à Williamsburg, New York. Le jeune Will est profondément marqué par l’antisémitisme régnant dans la métropole.

Dessinateur doué, il a seize ans quand il publie son premier travail, l’illustration d’un article sur la pauvreté dans le Bronx intitulé « Le Ghetto oublié ». 

Eisner est l'un des premiers à produire des bandes dessinées en série. En 1936, il fonde avec Samuel « Jerry » Iger le premier studio américain de production de bandes dessinées, le Eisner & Iger Studio. Les plus grands noms ​de l'âge d'or du comic book, comme Bob Kane, Jack Kirby ou Lou Fine, y seront employés. De 1940 à 1952, Will Eisner développe la très populaire série du Spirit, où émerge un anti-héros avant la lettre, parodie des justiciers triomphants des comics books. 

Mon image

Will Eisner, The Spirit. Watercolour on cardboard © Ann Eisner 

En 1978, Will Eisner joue un rôle pionnier dans l’éclosion du roman graphique avec la parution de A Contract with God (Un pacte avec Dieu), réminiscence mi-autobiographique et mifictionnelle de la vie des immigrés juifs d’avant-guerre. Suivront A Life Force (Jacob le cafard, 1982-1983), The Dreamer (1986) et To the Heart of the Storm (Au Cœur de la tempête, 1990).

Mon image

©Kitchen Sink Press 1985 Eisner, Will

Aujourd’hui, la plus haute distinction accordée à un auteur de bande dessinée aux États-Unis est intitulée l’« Eisner Award ».

Actuellement au Musée juif de Belgique, à Bruxelles, se tient une exposition justement consacrée à l'histoire de la bande dessinée et l'influence juive derrière l'apparition des figures de super-héros. Une partie de l’exposition est consacrée à Will Eisner, créateur du Spirit mais aussi auteur de ce qu’on considère aujourd’hui comme le premier roman graphique : « A contract with God »

Dans une grande liberté, Will Eisner entremêle textes et images, sortant du canevas de la bande dessinée classique : il n’est plus question de super-héros, mais bien de la vie quotidienne des Juifs à New York. 

 

***

Pour en savoir plus : Le Musée juif de Belgique présente : «Les super-héros ne meurent jamais. Bandes dessinées et souvenirs juifs» (Superheroes never die. Comics and Jewish memories)

Peu de gens le savent, mais de nombreux créateurs de super-héros nés au XXème siècle sont juifs. The Avengers, Superman, Captain America ou encore Spiderman ont été imaginés par des auteurs et dessinateurs dont les familles avaient récemment immigré aux États-Unis. À travers plus de 200 œuvres, le public découvre comment la bande dessinée américaine s’entremêle, depuis ses débuts jusqu’à aujourd’hui, aux tumultes de l’Histoire.

Fuyant l’oppression et les pogroms, à la poursuite du rêve américain, une première génération d’immigrés juifs débarquent à New York au début du XXème siècle, et expriment le choc des cultures et leurs difficultés à s’intégrer dans des cartoons publiés dans la presse. Après la grande dépression de 1929 et face à la montée du fascisme en Europe, une seconde génération d’immigrés juifs, si soucieux de s’intégrer qu’ils dissimulent souvent leurs patronymes aux consonances étrangères, se fascine pour l’univers naissant des comic books. C’est à ce moment qu’apparaissent les premiers super-héros. En 1938, sous la plume de Jerry Siegel et Joe Shuster, Superman fait sa première apparition dans Action Comics.

Superheroes never die. Comics and Jewish memories se termine sur la place toujours grandissante des super-héros dans nos cultures contemporaines. Les causes qu’ils défendent ont changé, pour s’ouvrir aujourd’hui aux inégalités de genre, d’ethnie ou d’orientation sexuelle. Mais les questions d’identité et d’émancipation, déjà abordées dans les années 1930, y restent bien présentes. Le constat demeure implacable : une société en crise a besoin de super-héros. 

Organisée en partenariat avec le Musée d’art et d’histoire du Judaïsme à Paris et le Joods Historisch Museum d’Amsterdam, cette exposition a été actualisée pour l’occasion par Bruno Benvindo et Karim Tall. 

 

 

Source : Musée Juif de Belgique 

 

Votre demande a bien été prise en compte.
Nous vous remercions de votre intérêt.