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Publié le 7 Octobre 2019

Ça s'est passé aujourd'hui - 6 octobre 1973 : la guerre de Kippour

Il y a peut-être 1, 5, 10 ans ou encore un siècle tout juste, se produisait un événement marquant. Dans cette nouvelle rubrique intitulée « Ça s’est passé aujourd’hui », à l'image d'un éphéméride, le Crif revient sur quelques événements majeurs de l’Histoire date par date.

6 octobre 1973 : l'Égypte et la Syrie attaquent Israël par surprise, c'est le début de la guerre de Kippour

Il y a 46 ans, la quatrième guerre israélo-arabe débutait sur deux fronts : le canal de Suez et le plateau du Golan, alors sous domination israélienne. La coalition arabe espérait reconquérir les territoires perdus lors de la guerre des Six Jours de 1967.

Cette guerre fut un véritable traumatisme pour Israël. Un nombre considérable de soldats israéliens y ont perdu la vie, plus de 2 500.

Après de nombreuses pertes humaines et matérielles, Israël mène une contre-attaque décisive et parvient à faire basculer la situation à son avantage. 

Ainsi, la guerre de Kippour, s’acheva le 25 octobre 1973 par une victoire israélienne. Une victoire qui laisse un goût amère aux Israéliens, insuffisamment préparés et attaqués par surprise. 

“Les leçons de cette guerre sont ancrées en nous et nous sommes en alerte en permanence face aux dangers qui nous menacent”, a déclaré l’année dernière le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou lors d’une cérémonie commémorative de l'an dernier.

Il a fallu attendre le 26 mars 1979 pour qu'Israël et l’Egypte signent enfin la paix, suite aux accords de Camp David.

 

Publié le 5 octobre 2018 dans Le Figaro, "Guerre du Kippour: l'Égypte et la Syrie attaquent par surprise Israël le 6 octobre 1973"

Il y a 45 ans la quatrième guerre israélo-arabe débutait. La coalition arabe espérait reconquérir les territoires perdus lors de la guerre des Six Jours de 1967. [...]

Cette attaque est une surprise pour Israël. Elle a lieu le jour de la fête juive, Yom Kippour et pendant le Ramadan. Malgré l'observation de manœuvres et mouvements de troupes syriennes et égyptiennes dans le Golan et dans la zone du canal, les dirigeants israéliens (Golda Meir, premier ministre et Moshé Dayan, ministre de la Défense) n'anticipent pas cette opération et de nombreux soldats israéliens des territoires occupés ont été envoyés en permission à l'occasion de la fête. Mais surtout ils ne croient pas que les pays arabes ont la capacité militaire de reconquérir les territoires occupés. C'est une erreur politique.

Ainsi, les forces armées israéliennes essuient de lourdes pertes humaines et matérielles les premiers jours du conflit et perdent du terrain. Les succès rencontrés sur le terrain par les forces égyptiennes et syriennes font douter Israël pour la première fois sur «la survie du pays et de sa population». Les pays arabes espèrent quant à eux être cette fois-ci victorieux -il s'agit en effet d'une coalition arabe: des unités marocaines et koweïtiennes viennent appuyer les Syriens (des renforts irakiens, saoudiens et jordaniens suivront un peu plus tard). Le dirigeant égyptien compte obtenir un cessez-le-feu et le commencement des négociations pour la paix, sous la pression internationale, après avoir repris des territoires. 

La contre-attaque d'Israël

Et de fait, Tsahal (l'armée israélienne) mène une contre-offensive d'abord sur le front syrien puis égyptien et parvient en quelques jours à faire basculer la situation à son avantage. L'État hébreu est soutenu militairement par les Américains tandis que les Soviétiques aident leurs alliés égyptiens et syriens. Mais le 17 octobre un évènement sans précèdent a lieu: les producteurs de pétrole -l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP)-, réunis au Koweït, décident d'une baisse de la production et un embargo contre les pays occidentaux qui soutiennent Israël. C'est le premier choc pétrolier.

À la fin du conflit, les forces armées de l'État hébreu se trouvent à une trentaine de kilomètres de Damas. Elles réussissent à prendre à revers les troupes égyptiennes et isoler la 3ème armée le long du canal, tandis qu'au Nord l'armée israélienne est à soixante-dix kilomètres du Caire. Mais des efforts diplomatiques, sous la pression des États-Unis et de l'Union soviétique, permettent de stopper l'avancée israélienne et d'aboutir à un cessez-le-feu le 25 octobre. Par «l'accord au kilomètre 101» signé le 11 novembre 1973 entre l'Égypte et Israël, c'est le retour aux positions du 22 octobre. Et le 26 mars 1979 les deux pays signent enfin la paix, à la suite des accords de Camp David (septembre 1978).

Si cette guerre est un succès en définitive pour Israël, elle laisse un profond traumatisme dans la population, qui demande des comptes à ses dirigeants: Golda Meir démissionne l'année suivante.

 

Article paru dans Le Figaro du 8 octobre 1973.

La «guerre du Kippour»

La quatrième guerre d'Israël a commencé à 13h40, hier 6 octobre, six ans quatre mois et un jour après la guerre de 1967. On l'appelle déjà ici la guerre du Kippour, Kippour étant le nom hébreu du jour du Grand Pardon, le plus important de la religion juive, jour où, selon la foi mosaïque, le sort de chaque nation est fixé: la paix ou la destruction. Plus de vingt-quatre heures après le début des combats, on est convaincu en Israël qu'aussi bien la nation juive que la nation arabe jouent leur avenir.

C'est une drôle de guerre, ici. Rien de la tension, de l'attente, de l'élan héroïque de la guerre des Six Jours. La mobilisation n'est pas encore générale, même si les unités continuent à être appelées par radio. La raison est double: les Arabes n'ont pas donné, cette fois, aux Israéliens la possibilité de se préparer et le gouvernement ne veut pas disloquer la production du pays comme ce fut le cas en 1967, car on doit mener une guerre défensive qui peut durer plus que prévu. Il y a de la circulation dans les rues d'où, toutefois, les jeunes ont disparu.

Le gouvernement a tenu, hier soir, une deuxième réunion extraordinaire et il se réunit aujourd'hui encore. Les ministres ont reçu tous les pouvoirs de l'état d'urgence. La campagne électorale a été arrêtée. M. Dayan, dans une interview télévisée et dans une conférence de presse hier soir, s'est dit confiant en la victoire, mais -et ceci est un point capital- il n'a pas fait de prévision sur la possible durée de la crise. Car c'est du temps, plus que des années, que dépend ce qui pourrait être une tragédie historique pour l'une ou l'autre partie du Moyen-Orient.

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