Actualités
|
Publié le 22 Juin 2018

#Crif #Asso - Rencontre avec Jean-François Guthmann et Patricia Sitruk, Président et Directrice générale de l’OSE

Depuis sa création en 1944, près de 80 associations, institutions et organisations sont devenues membres du Crif. Nous avons rencontré Jean François Guthmann et Patricia Sitruk, Président et Directrice générale de l’OSE afin qu'ils nous parlent de leur association.
Présentez-nous l'OSE, ses missions et ses objectifs.

Patricia Sitruk - Aujourd’hui, l’OSE est une association de solidarité ancrée dans la tradition et la communauté juive qui intervient auprès des personnes fragiles, à tous les âges de la vie. Notre objectif est d’apporter des réponses sociales concrètes, innovantes et professionnelles à tous ceux qui sont dans le besoin.

Pour préciser en quelques mots, nous agissons pour la protection de l’enfance et le soutien à la parentalité avec des maisons d’enfants et des services d’action éducative, pour les soins aux personnes âgées dépendantes avec des centres d’accueil de jour, dans le domaine du handicap depuis l’aide par le travail jusqu’aux polyhandicaps rares, ainsi que pour les soins de premiers recours avec un centre de santé. Nous réalisons des activités d’histoire, de mémoire, avec et pour les survivants de la Shoah, notamment en lien avec la propre histoire de l’OSE qui durant la 2nde guerre mondiale a sauvé 2500 enfants juifs de l’extermination nazie.

Enfin, nous sommes très fiers d’avoir été choisis conjointement par les gouvernements français et israéliens pour piloter le volontariat civique des jeunes français en Israël.

L'OSE est une association créée en 1912 et reconnue d'utilité publique depuis 1951. Comment décririez-vous son évolution ?

Patricia Sitruk - L’histoire de l’OSE croise celle des grands bouleversements et tragédies du 20ème siècle : la révolution russe en 1923 conduit les médecins fondateurs à se déplacer de la Russie vers l’Allemagne, la montée du nazisme oblige l’association à l’exil en France en 1934, pendant la Shoah l’OSE entre en clandestinité pour organiser le sauvetage des enfants, puis avec la décolonisation au Maghreb, elle accueille en France les familles juives. Au fil de ces évènements l’OSE s’est adaptée, a évolué et ses professionnels ont approfondi leurs savoirs et leurs savoir-faire dans les métiers de l’enfance et de la médecine sociale.

Et, depuis 20 ans, c’est aux questions du vieillissement de la population et de la prise en charge des personnes handicapées que l’OSE a dû répondre. On peut ainsi dire que l’évolution de l’OSE se caractérise par la diversification et le développement de ses réponses aux besoins sociaux, sa contribution toujours plus active aux politiques publiques, le renforcement de la vie juive au sein de ses structures -tradition, histoire, culture, liens avec Israël- et ceci en restant profondément attachée aux principes de laïcité républicaine et d’ouverture à tous.

Comment l’OSE fait-elle face aux défis qui attendent la communauté juive en 2018 ?

Jean-François Guthmann - La situation est paradoxale. Jamais la communauté juive de France n’a été aussi florissante depuis 2000 ans de présence par le nombre de synagogues, de lieux communautaires, de cercles d’études, d’écoles, de restaurants casher etc. Pour autant, elle vit de plus en plus dans une angoisse sourde née de la montée toujours plus affichée d’actes antisémites.

Dans ce paysage l’OSE cherche à conserver la tradition de solidarité propre aux valeurs du judaïsme en s’inscrivant du mieux possible dans les politiques publiques et les procédures de financement qui en découlent. Dans chacun de ces métiers, l’OSE vise l’excellence afin d’apporter à la communauté mais aussi en dehors de la communauté des prestations de hauts niveaux à partir d’une grande tradition de professionnalisme. Plus que jamais nous sommes à l’écoute des besoins sociaux insuffisamment pris en charge : C’est ainsi que nous avons été les premiers à nous lancer dans la prise en charge de la maladie d’Alzheimer ou hélas depuis les attentats de Charlie Hebdo de janvier 2015, dans le soutien psychologique aux victimes des attentats.

La reconnaissance de notre excellence professionnelle nous vaut la confiance des pouvoirs publics et des tribunaux pour enfants s’agissant de l’action en faveur de la protection des mineurs en risque.

Quel est le lien entre l'OSE et le Crif, dont l'association est membre ?

Jean-François Guthmann -  D’abord le lien est historique car l’OSE pendant la période de guerre en 1943 a été parmi les organisations juives fondatrices du Crif. Ensuite, il y a eu une longue période au cours de laquelle le FSJU représentait l’ensemble des acteurs sociaux de la communauté. Plus tard, l'OSE a demandé à redevenir un adhérent direct du Crif.

Aujourd’hui elle est représentée par 4 membres à l’Assemblée générale : Arié Flack Vice-président de l’OSE, Hélène Trink administratrice, Patricia Sitruk et moi-même. D’autres membres du Conseil d’administration de l’OSE siègent également au Crif à travers des mandats qu’ils détiennent d’autres associations notamment Yonathan Arfi, vice-président du Crif, Charles Sulman membre du Comité directeur, Aline Schapira pour le Mouvement Massorti France, et Bernard Weill pour la communauté Adath Shalom.

J'ai moi-même été élu il y a 2 ans membre du Comité directeur puis membre du Bureau exécutif.

L’OSE, dans son ancrage aux valeurs du judaïsme et aux valeurs de la République, dans son souci prioritaire des besoins sociaux de la communauté mais également par son ouverture aux souffrances de ceux qui font appel à nous, se reconnait pleinement dans l’institution représentative qu’est le Crif.

Votre demande a bien été prise en compte.
Nous vous remercions de votre intérêt.