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Publié le 6 Février 2018

#Crif #Auschwitz - Récits du voyage de mémoire du Crif : "Le voyage"

Le 4 février 2018, les Amis du Crif ont organisé un voyage de mémoire dans les camps d’Auschwitz-Birkenau. Près de 200 personnes ont participé à cette journée exceptionnelle, qui a marqué les mémoires de chacun. Une délégation d’élus et de personnalités publiques a également accompagné le président du Crif, Francis Kalifat. Nous avons également eu l'honneur d'être accompagne de Ginette Kolinka, rescapée d’Auschwitz. Tout au long de la semaine, le Crif vous propose de vivre ou revivre ce voyage mémoriel pour que nous devenions tous "les témoins des témoins".

Dimanche 4 février, 5h. Aéroport Paris Charles de Gaulle.

Devant le comptoir d’enregistrement d’Air France, un petit groupe se forme peu à peu. Des adolescents, des jeunes, et des moins jeunes se pressent devant les écrans qui indiquent notre destination : Cracovie. Aujourd’hui, tout ce petit groupe part en Pologne, visiter les camps de concentration et d’extermination d’Auschwitz-Birkenau.

Dans la foule se dégagent des visages particulièrement jeunes. Ce sont les élèves du collège de Goussainville. Encadrés par leurs accompagnateurs, ils attendent patiemment leur tour.

Les commentaires sur les chaussures, les pique-niques et le nombre de pulls que chacun porte vont bon train. « J’ai prévu plusieurs couches pour en ajouter au cours de la journée » entend-on sur la droite.

Deux heures plus tard, l’avion décolle et nous laissons derrière nous les Hommes que nous sommes. Ce soir, quelque chose aura changé pour chacun d’entre nous.

11h, Cracovie, Pologne. Nous rejoignons les bus affrétés pour notre transport vers Oświęcim, à une heure de route de l’aéroport. Chaque bus est composé d’un guide du Mémorial de la Shoah et d’un référent Crif. Dans notre bus, une guide de la ville de Cracovie nous donne quelques informations sur l’histoire des Juifs polonais, puis sur l’invasion allemande du pays. 

Nous apprenons le nom d’Oświęcim, le nom polonais de la ville à proximité de laquelle sont construits les camps d’Auschwitz. Oświęcim, nous connaissons ton nom.

Le bus file à travers les villes et villages polonais de Silésie, se frayant un chemin sur les routes enneigées de l’hiver glacial. Les forêts bordent la route et les témoignages des interminables marches au milieu des arbres glacés se rappellent à nos esprits sommeilleux.

Le guide nous demande de laisser nos bagages dans le bus pendant la première visite de ce matin.

Plus tard, nous découvrirons d’autres bagages. Des milliers de bagages sans voyageurs. D’eux, il ne reste que le nom, parfois inscrit sur les valises d’un autre temps.

Nous découvrirons aussi des jouets, des casseroles et des jambes de bois. Pourtant, les enfants, les ménagères et les infirmes ont disparu depuis longtemps.

Notre départ s’est déroulé dans le calme et la bienveillance. Chacun a pu compter sur le soutien de son voisin et sur les regards attentifs des guides et des accompagnateurs. Il n’y a pas eu de cri, il n’y a pas eu d’effroi.

Toute la journée, de nos yeux embrumés parfois teintés de larmes, nous lirons la peur et nous lirons la terreur dans les regards hagards des enfants débarqués des wagons, s’accrochant sans relâche aux bras de leurs mères, forcées de laisser leurs dernières possessions au milieu des corps sans vie des passagers qui n’auront connu de la déportation que les secousses des trains de l’enfer.

Marie-Sarah Seeberger

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