Actualités
|
Publié le 13 Janvier 2020

Crif - De nouveaux rassemblements pour Sarah Halimi ont eu lieu à Lyon et à Bordeaux

Dimanche 12 janvier, de nouvelles marches et manifestations ont eu lieu en France pour demander "Justice pour Sarah Halimi". De nombreuses personnes se sont mobilisées à Lyon et à Bordeaux à l'initiative du Crif.

« Justice pour Sarah Halimi »

Lyon, place Bellecour

À l’initiative du Crif Auvergne Rhône- Alpes, du Consistoire régional et plusieurs autres associations, une marche silencieuse s’est déroulée ce dimanche 12 janvier 2020 à Lyon, pour réclamer une « Justice pour Sarah Halimi ».

Suite à la décision du 19 décembre dernier à la cour d’appel de Paris de déclarer le meurtrier de pénalement irresponsable, étant sous l’emprises de substances illégales et en proie « à une bouffée délirante », le Crif Auvergne Rhône-Alpes a organisé une marche silencieuse pour Sarah Halimi.

Cette marche a également permis de rendre hommage aux victimes des attentats de janvier 2015, il y a tout juste 5 ans. 

Parties de la Place Bellecour, ce sont plus de 1000 personnes dont de nombreux élus locaux, qui se sont mobilisées et ont marché dans la dignité jusqu’au Palais de Justice.

Après la lecture de tous les slogans inscrits sur les pancartes, une minute de silence a été observée. La Marseillaise a ensuite été entonnée par tous les participants. 

Mon image

Crif Auvergne-Rhône Alpes

 

Bordeaux,

Le dimanche 12 janvier 2020, à 12h, a eu lieu une cérémonie en hommage à Sarah Halimi en association avec l’UEJF.

Plus de 350 personnes se sont déplacées pour assister à cette manifestation dont de nombreux élus. Fabienne Buccio, Préfète de la Gironde et de la région Nouvelle-Aquitaine, Nicolas Florian, Maire de Bordeaux, Patrick Bobet, Président de Bordeaux Métropole, Jean-Luc Gleyze, Président du Conseil Departemental, Érick Aouizerate, Président du consistoire, le rabbin Régional et le rabbin Claude Maman étaient présents.

Découvrez le discours du Président du Crif Bordeaux Sud-Ouest, Albert Roche :

"Mesdames, messieurs,

Nous sommes nombreux à avoir ressenti un profond malaise ce 19 décembre 2019. La justice est au service de tous les citoyens et se doit de porter un regard critique, non seulement à postériori sur ses décisions, mais surtout une analyse lucide des conséquences de ses décisions, avant de les proclamer.

Le 4 avril 2017, une vieille dame retraitée, sans histoire, était assassinée brutalement dans son appartement et défenestrée du haut du 3eme étage. Cette jeune femme avait voué sa vie en tant que médecin selon les engagements de son serment d’Hippocrate,  à venir en aide à tous ceux qui en auraient besoin, malades, personnes dans la précarité, indigents, étrangers en situation plus ou moins régulière. Elle avait à plusieurs reprises aidée et reçu dans son appartement celui qui allait commettre l’irréparable, celui qui allait l’assassiner.

L’enquête diligentée par le parquet de Paris mettra en accusation Kabili Traoré ressortissant franco malien de religion musulmane, au casier judiciaire bien rempli !

Malgré le témoignage de plusieurs personnes attestant de l’avoir entendu hurler « Allah Akbar », malgré les évidences, il faudra plusieurs mois pour retenir le caractère antisémite de cet assassinat. Nous étions là devant une première reculade de la justice française.

Que craignait donc Procureurs et juges ? Jamais la communauté juive de France n’a cédée au désir de vengeance ou de confrontation physique ou même verbale.

Après une très longue instruction, l’assassin de Sarah Halimi, Kabili Traoré, semble devoir échapper au jugement populaire d’une cour d’assises.

Trois expertises psychiatriques différentes ont conclu à la survenue d’une bouffée délirante, pathologie psychiatrique aigue qui semble avoir été provoqué par une consommation excessive de Cannabis.

A l’heure où les représentants de la République, de droite comme de gauche, s’interrogent sur la pertinence de la consommation de cannabis, on peut légitimement craindre et même redouter que cette consommation légalisée, puisse conduire à des accès délirants, et à des actes irréparables contre tout citoyen de notre pays.

En l’occurrence, la divergence entre les experts porte sur la question de l’altération du discernement de l’assassin sous l’emprise du cannabis.

En décidant ce 19 décembre 2019 de ne pas traduire Traoré devant la cour d’Assises, la Justice française a opéré une deuxième reculade.

L’indignation provoquée dans les milieux juridiques, dans les milieux médicaux, dans la communauté juive mais aussi chez de nombreux concitoyens, n’arrive pas à expliquer le silence assourdissant des autorités gouvernementales, mais également des organes de presse habituellement si zélés pour dénoncer des injustices en tout genre.

Corriger une injustice, c’est toujours s’assurer d’une grandeur à venir. En reconnaissant ses erreurs durant l’affaire Dreyfus, certes après plusieurs années de lutte qui ont presque conduit à une fracture de la société française, après le « j’accuse » d’Emile Zola, un intellectuel épris de liberté et de justice sans aucun lien communautariste, après cette reconnaissance de ses responsabilités dans un jugement erroné, la France du début du 20 ème siècle s’était grandie.

La France s’est aussi grandi lorsque la justice française a traduit Maurice Papon, ici même à Bordeaux, devant une cour d’exception, plus de 40nans après les faits qui lui étaient reprochés, la Rafle du Vel d’Hiv et la déportation de centaines  de juifs de Bordeaux alors qu’il était Préfet aux ordres de la France de Vichy, appliquant avec zèle les lois antijuives du gouvernement de collaboration avec l’occupant nazi.

Ne pas traduire Traoré devant une cour d’assises, c’est ouvrir la porte à une jurisprudence dangereuse, pas seulement pour la communauté juive, mais également pour tous nos concitoyens.

N’importe quel meurtrier pourrait alors plaider son irresponsabilité pour peu qu’il ait consommé des substances illicites, arguant de l’altération de son jugement.

Quelle ironie d’imaginer des assassins plaider leur totale innocence en citant la jurisprudence de Traoré pour s’exonérer de leur responsabilité.

Néanmoins, ne nous trompons pas dans notre analyse : Sarah Halimi est morte sauvagement assassinée simplement parce qu’elle était juive.

Sous l’emprise du cannabis, et en proie à une bouffée délirante, son assassin n’a pas agi au hasard dans cet immeuble. Il ne s’est pas trompé d’étage. Il avait assez de discernement pour pénétrer chez les Diarra, ses voisins maliens, sans leur faire aucun mal. Avec Traoré, la bouffée délirante prend la forme de la propagande islamiste dont il s’imprègne continûment. Le crime qu’il commet est un marqueur social, c’est en cela qu’il est paradoxalement, et en même temps, structuré par la raison. Dès lors qu’un épisode épouse les codes culturels en usage, refuser le procès, c’est s’interdire de questionner cet environnement pathogène.

Ce déni de justice a un prix : le sang d’une femme battue à mort et défenestrée au vu des voisins et des policiers qui n’interviennent pas faute d’ordres adéquats.

Elle était juive, sans défense et son assassin criait « Allah Akbar », non pas de manière automatique comme un appel à la miséricorde d’un Dieu tout puissant, mais comme un cri de guerre à l’encontre d’une femme juive. Oui, redisons le. Sarah Halimi est morte parce qu’elle était juive, et son assassin a instrumentalisé un islamisme antisémite que nous aurions aimé voir condamné lors d’un procès d’assisses.

Un débat national des responsabilités sous l’effet de drogues licites ou illicites est à ouvrir impérativement.

En ce jour, la justice française a surpris nombre de nos concitoyens Nous espérons que la Cour de Cassation reviendra sur cet arrêt, et que Kobili Traoré rende compte de ses actes, pour que Sarah Halimi puisse enfin reposer dignement en paix". Albert Roche

Mon image

Crif Bordeaux Sud-Ouest

Votre demande a bien été prise en compte.
Nous vous remercions de votre intérêt.