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Publié le 29 Novembre 2018

Crif/Souvenir - Annette Wieviorka invitée de la Commission du Souvenir du Crif

Le 27 novembre dernier, la Commission du Souvenir du Crif a reçu l’historienne Annette Wieviorka à l’occasion de la réédition de son livre « Ils étaient Juifs, résistants et communistes ».
Cet ouvrage publié une première fois en 1986 arrive dans le sillon du documentaire de Mosco Levi Boucault « Des terroristes à la retraite » contribuant notamment à donner la part belle aux FTP MOI qui n’avaient reçu comme hommage-mais ce n’est pas rien-que quelques « Strophes pour se souvenir » signées du poète Louis Aragon.
Sauf que ni Mosco Boucault, et encore moins Annette Wieviorka n’ont tressé les lauriers du Parti Communiste. Or nous sommes dans les années 80 :  le parti est vivant, souvent soutenu par une importante partie de l’Université et son journal l’Humanité est sa force de frappe.
 
Le livre d’Annette Wieviorka qui ne cède rien à la vérité des faits est d’emblée critiqué, rejeté, l’historienne est vilipendée par ses confrères universitaires : son livre est transgressif car il heurte de front la mythologie entretenue par les fidèles de Moscou. Elle peut prouver et elle le démontre que le PC a instrumentalisé l’antisémitisme, que les jeunes membres des FTP MOI ont été mis en danger par le Parti et Joseph Davidovitch, le traître de l’Affiche Rouge n’a rien livré à la Police qu’elle ne savait déjà. Aucun de ses membres n’a appliqué les règles imposées par la clandestinité : ils étaient filés par la police de Vichy, rien d’étonnant puisqu’ils faisaient tout au grand jour.
Mais, le Parti est infaillible et tout échec provient à l’évidence d’un sabotage ou d’une trahison… c’est comme cela que l’URSS a construit une extraordinaire fabrique de coupables.
 
Annette Wieviorka s’est intéressée à ces jeunes gens juifs membres des FTP MOI d’abord grâce à sa proximité familiale avec l’un de ses membres, Etienne Raczymow. C’est lui qui va lui permettre de rencontrer et d’interviewer ses camarades. Elle livre une description précise de la vie quotidienne de cette « bande de copains » âgés de 16 à 21 ans qui sont devenus de véritables héros de la Résistance. Il a fallu attendre plusieurs décennies avant que leur histoire soit enfin révélée. La plupart de ces FTP MOI ont rompu avec le Parti Communiste après la guerre, et sont comme le souligne la chercheuse pour la plupart « retournés à la machine ».  L’édition de 2018 est considérablement enrichie notamment grâce à la déclassification de toutes les archives de l’après-guerre y compris celles de l’épuration mais aussi par les travaux des historiens spécialistes de la Résistance.
On croise dans le livre de l’historienne des hommes et des femmes qui semblent sortis de l’imagination d’un scénariste.
 
En se penchant sur leurs destins, sur leur jeunesse, sur leurs identités mêlées de judaïsme et de communisme, Annette Wieviorka livre une étude historique solide et passionnante de cette histoire peu connue des FTP MOI mais qu’elle entoure, on le perçoit, d’un léger voile de tendresse. 
 
Un livre à lire absolument.

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