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Publié le 17 Juillet 2020

Crif/Vel d'Hiv - Justes de France : Histoires françaises d'exception

A l'occasion de la cérémonie nationale en hommage à la Rafle du Vel d'Hiv et aux Justes de France, nous vous proposons de découvrir des histoires françaises d'exception ! En effet, tout au long de la semaine le Crif a rendu hommage aux Justes de France à travers une série de publication sur nos réseaux sociaux. Pour ne jamais oublier le courage et l'humanité dont ils ont fait preuve. Découvrez leurs histoires !

En France, on compte 4 122 Justes parmi les Nations. Ces hommes et femmes ont ouvert leur porte et leur coeur à ceux qui en avaient besoin dans une situation d'extrême danger.

Partout en France, des milliers de Justes ont risqué leur vie pour en sauver d'autres. Découvrez ces incroyables récits d'humanité.

Mais qui sont les Justes de France ? 

Janine Gille (Caen)

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Janine Gille-Boitard, grande figure de la Résistance du Calvados est originaire de Caen.

En octobre 1943, Madame Tresser et ses deux petites filles, Guina 6 ans et Jeannette 4 ans, sont emmenées lors la rafle des Juifs de Caen.

Janine sauva les deux fillettes de la déportation en les mettant à l’abri dans un couvent puis chez une famille de fermiers, où elles furent hébergées jusqu’à la Libération.

C’est Janine qui accueillit Madame Tresser à la gare, à son retour de Bergen-Belsen.

Le 7 mai 2001, Yad Vashem a décerné à Janine Gille le titre de Juste parmi les Nations.

La famille Jouy (Ribérac)

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La famille Jouy, Louis, sa femme, et leur fille Muguette, tenait l'Hôtel de France, à Ribérac, en Dordogne.

Lazare Gonigberg vivait à Bordeaux (Gironde). Arrêté le 17 juillet 1942, il fut déporté vers les camps de l'est où il périt. Sa femme, Ida, avait été épargnée en vertu d'une circulaire épargnant la déportation aux mères d'enfants de moins de deux ans. Elle n'en fut pas moins internée avec ses deux fillettes, Monique, cinq ans, et Annie, un an, dans un hôpital de Mont de Marsan (Landes).

A sa libération, Ida prit contact avec un passeur du nom de Baboulet qui habitait Ribérac. De nuit, il conduisit la jeune femme, son bébé et la petite Monique à travers champs et lui fit franchir la ligne de démarcation. Arrivés à Ribérac, il les emmena à l'Hôtel de France, qui appartenait aux Jouy. Ces derniers, tous des résistants, hébergeaient déjà plusieurs familles juives ainsi que des maquisards recherchés par les autorités. Ils accueillirent chaleureusement Ida et ses fillettes, leur assurèrent le gîte et le couvert sans rien leur demander, et fournirent à Ida de faux papiers, au nom de Brunet, que leur avaient procurés les gendarmes.  Le 10 novembre 1942, les soldats allemands firent leur entrée à Ribérac. Grâce à ses faux papiers, Ida Gonigberg passa l'inspection sans encombre. Quant à ses filles, Louis Jouy et sa femme prétendirent qu'elles étaient les leurs. 

Le 13 juillet 1991, l'Institut Yad Vashem de Jérusalem a décerné à Louis Jouy, sa femme, et leur fille Muguette le titre de Juste parmi les Nations.

Odette Blanchet-Bergoffen (Tours)

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En 1942, Odette Blanchet-Bergoffen a 18 ans et vit à Vernoil (Maine et Loire).

Le 16 juillet 1942, des gendarmes français vinrent arrêter une partie de la famille Moscovici, dans le cadre d'une grande rafle. Ce matin là, 824 Juifs furent arrêtés dans la région et envoyés à Angers, puis déportés à Auschwitz. Six semaines plus tard, les gendarmes revinrent chez les Moscovici. Au dernier moment, Madame Moscovici réussit à mettre ses deux enfants, Liliane et Jean-Claude, âgés de deux et six ans, en sûreté chez des voisins ; elle-même parvint à prendre la fuite en trompant la vigilance des gendarmes. Le lendemain, Odette Bergoffen vint à son secours et, après plusieurs péripéties, parvint à la mettre en sécrité en zone sud. 

Deux mois plus tard, les petits Moscovici, qui vivaient toujours chez les voisins, furent arrêtés, internés dans une prison d'Angers puis envoyés au camp de Drancy. Par miracle, des parents apprirent ce qui s'était passé. Ils réussirent à faire remettre les enfants en liberté et à les transférer dans une maison tenue par l'Union Générale des Juifs de France. L'établissement était connu des autorités, et donc peu sûr. Odette Bergoffen vint à leur rescousse. Elle "kidnappa" les petits et les conduisit en lieu sûr à Tours. Elle resta avec eux dans leur cachette jusqu'en janvier 1943.Pendant les derniers mois de l'Occupation, Odette vécut avec les trois Moscovici chez son oncle et sa tante au village de Morannes.   

Le 10 mai 1994, Yad Vashem a décerné à Odette Bergoffen le titre de Juste des Nations.

Maurice et Rose Chassagnot (Boulogne-Billancourt)

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En 1942, Maurice et Rose Chassagnot habitent à Boulogne-Billancourt. Ils sont amis avec Michel et Chana Wittenberg depuis plusieurs années. Les deux couples ont une résidence secondaire à St-Germain-les-Arpajons.

Michel et Chana Wittenberg ont trois enfants : Maurice, Hélène et Marc. En mai 1941, Michel Wittenberg est arrêté et interné à Beaune-la-Rolande, puis déporté à Auschwitz, d’où il ne reviendra pas. Depuis cette arrestation, Chana fait ce qu'elle peut pour subvenir aux besoins de sa famille.

Le 15 juillet 1942, à la veille de la Rafle du Vel d’Hiv, Chana Wittenberg est prévenue par une relation de l’imminence d’une grande rafle. Elle prévient immédiatement son amie Rose Chassagnot qui vient chercher Chana et ses trois enfants puis les cache à son domicile de Boulogne. Mais une des locataires de la maison les dénonça à la police. Chana et les enfants sont alors allés se réfugier dans la maison de St Germain-les-Arpajon. Le lendemain de leur départ, la police est venue questionner Rose, sans succès. D’excellentes relations ont été conservées après la guerre.

Le 13 janvier 2010, l’Institut Yad Vashem Jérusalem a décerné le titre de Juste parmi les Nations à Maurice et Rose Chassagnot.

 

Rendons leur hommage !

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