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Publié le 7 Décembre 2015

Etude du CRIF n° 39 - FN : une duperie politique

 
La nouvelle étude du CRIF par Valérie Igounet et Stephane Wanich vient de paraître

Etude à télécharger ci contre ou à consulter ici

Les 19-20 septembre 1987 : 200 000 personnes assistent à la septième fête des Bleu-Blanc-Rouge du Front National. Bruno Mégret proclame que la Seconde Guerre mondiale n’a pas à être un « thème de campagne ». Jean-Marie Le Pen, lui, considère la polémique consécutive au « détail » comme un « succès ». « Chaque attaque nous renforce. Notre marche est invincible », conclut-il. Un peu moins de trois décennies plus tard, l’ancien président du FN (alors exclu de son parti) revient, une nouvelle fois, sur deux aspects inhérents à l’histoire du mouvement : « l’attitude à l’égard de la Seconde Guerre mondiale » et la « dédiabolisation […], un leurre ». Jusqu’à ces derniers mois, deux stratégies opposées ont nourri l’histoire du Front National : dédiabolisation contre diabolisation. Bruno Mégret est l’initiateur de la première.
Dès sa prise de fonction à la fin des années 1980, le délégué général du FN affiche son objectif : se normaliser, se crédibiliser et passer par l’opposition avant de prendre le pouvoir. Depuis le début des années 2000, et plus encore depuis son accession à la présidence du FN début 2011, Marine Le Pen use de la stratégie mégrétiste ; c’est l’une des raisons qui explique qu’elle ait rompu officiellement avec le lepénisme sur certains points, notamment l’antisémitisme. Car la dédiabolisation du FN ne pouvait être mise en œuvre que si certaines thématiques, comme l’antisémitisme et le négationnisme, étaient reniées et/ou abandonnées.

Aujourd’hui, le FN poursuit sa stratégie de dédiabolisation tout en revendiquant sa normalité dans l’espace public et politique français. Il s’affiche comme un nouveau parti. Cependant, et même si Marine Le  Pen le nie formellement, des thématiques, des marqueurs, des points programmatiques et certains de ses actes et paroles trouvent une résonance indéniable dans l’histoire paternelle. Pour preuve, depuis quelques semaines, et encore davantage avec la crise des réfugiés, elle radicalise son discours, inscrivant ses propos dans la tradition sémantique de l’extrême droite traditionnelle. Le duel actuel entre le père et la fille ne montre-t-il pas la volonté de Marine Le Pen de mettre à mal quatre décennies d’histoire frontiste  ? Le FN mariniste est-il un simple ripolinage tactique et communicationnel ou sommes-nous en présence d’un trait définitif tiré sur le lepénisme ? En d’autres termes, le FN des années 2010 a-t-il réellement changé ou s’inscrit-il dans la continuité du FN présidé par Jean-Marie Le  Pen ? Son histoire, l’étude de son discours et de ses données électorales donnent une réponse sans appel.

 

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