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Publié le 11 Septembre 2012

Inauguration du site-mémorial du Camp des Milles (Aix-en-Provence): « La volonté de la République française…»

Communiqué de presse du Camp des Milles, 10 septembre 2012

 

Lundi 10 septembre 2012, date du 70ème anniversaire du dernier convoi de déportation du Camp des Milles vers Auschwitz, le Site Mémorial du Camp des Milles a été inauguré par Monsieur Jean-Marc Ayrault et Monsieur Alain Chouraqui, président de la Fondation du Camp des Milles-mémoire et Education. 

Placée sous le haut patronage du Président de la République, cette cérémonie s’est déroulée en présence d’une importante délégation ministérielle composée de :

 

M. Vincent Peillon, ministre de l’Education Nationale,

Mme. Aurélie Filippetti, ministre de la Culture et de la Communication,

Mme. Geneviève Fioraso, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche,

Mme. Marie Arlette Carlotti, ministre déléguée auprès de la ministre des Affaires sociales et de la Santé chargée des personnes handicapées et de la lutte contre l’exclusion

M. Kader Arif, ministre délégué auprès du ministre de la Défense, chargé des Anciens Combattants.

 

Après trois décennies de combat contre l’oubli et pour une mémoire vivante, c’était  un jour à la fois symbolique et historique pour notre pays puisqu’il s’agit à la fois du seul grand camp d’internement et de déportation français encore intact et bientôt accessible au public, et d’un projet pédagogique innovant d’éducation citoyenne à la fraternité et au respect de l’autre.

 

Les principales institutions publiques et privées qui soutiennent le Site-Mémorial (voir liste infra) étaient représentées par MM. Michel Vauzelle, Jean-Noël Guerini, Mme Maryse Joissains-Masini, M. Eugène Caselli, Mme Beate Klarsfeld, MM. Richard Prasquier, David de Rothschild, Bruno Lafont, Alain Lacroix.

 

Près de 2 000 personnalités nationales ou locales étaient présentes, représentant les autorités civiles, militaires et religieuses, les associations et institutions culturelles, éducatives, universitaires, humanitaires, du monde économique et social, de la presse, des communautés juives, arméniennes, tsiganes et musulmanes.

 

Plusieurs ambassadeurs étaient eux aussi présents, conscients de l’histoire européenne du lieu et de la dimension universaliste du projet.

 

Mr Jean-Marc Ayrault  a d’abord salué les initiateurs du projet, très émus de la reconnaissance par l’Etat de l’importance historique et éducative du lieu, puis déposé une gerbe au pied de la stèle en hommage  aux déportés des Milles.  Il s’est  ensuite dirigé vers le bâtiment d’internement. Lors de la visite des lieux restés intacts, il a rencontré quelques internés du Camp des Milles et leurs familles, ainsi que des familles de Justes des Nations.

 

L’un d’entre eux a pu lui décrire les conditions effroyables dans lesquelles il a vécu dans ce lieu de souffrance. Puis un échange a eu lieu avec des jeunes qui ont souligné combien il était important pour eux de découvrir cette histoire.

 

La visite s’est achevée avec la présentation par Beate Klarsfeld de la grande exposition nationale sur les 11000 enfants juifs déportés de France.

 

Après avoir entendu le chant des déportés et le nom de la centaine d’enfants et adolescents déportés du camp des Milles ainsi que ceux des Justes ayant aidé des internés et déportés des Milles, Alain Chouraqui puis Jean-Marc Ayrault prirent la parole.

 

C’est avec force et gravité qu’Alain Chouraqui remercia l’ensemble des partenaires de cette « aventure humaine autant qu’institutionnelle qui aboutit aujourd’hui… Sans vous, ne serait pas accompli aujourd’hui aux Milles le pas historique que constitue pour la France la reconnaissance apaisée d’un Vel d’Hiv du Sud, d’un Vel d’Hiv sans occupation allemande ; la reconnaissance, au-delà de notre propre responsabilité nationale, que c’est bien en l’homme que peut se cacher le mal, quelle que soit sa nationalité ou ses origines. »

 

Jean-Marc Ayrault rappela ensuite l’histoire du lieu et la volonté du gouvernement « …Ma présence parmi vous, ainsi que celle de nombreux membres du gouvernement, témoigne de la volonté de la République française de veiller sur la mémoire des martyrs du camp des Milles. De ces femmes, ces hommes, ces enfants, qui ne sont jamais revenus. C’est pour nous un devoir sacré… Ce Site-Mémorial est d’abord tourné vers la jeunesse. Il sera un lieu d’histoire, de pédagogie et de transmission, comme l’ont voulu les hautes personnalités qui ont accompagné le projet depuis ses débuts. Je voudrais saluer l’engagement en ce sens de Simone Veil, présidente d’honneur de la Fondation pour la mémoire de la Shoah, d’Elie Wiesel, de Serge Klarsfeld – infatigable combattant de la mémoire, de Robert Badinter, de Jorge Semprun…Cette approche, fondée sur la compréhension de mécanismes universels, permet de faire converger les mémoires, celle de la Shoah, dont la singularité est indiscutable et celle des autres génocides du siècle passé. Elle permet de faire comprendre aux jeunes générations que le passé est porteur de leçons pour l’avenir. Faire obstacle à la résurgence de l’intolérance et de la haine, développer l’enseignement de la fraternité et du respect de l’autre, telle doit être l’ambition de la Fondation du camp des Milles. Et au-delà, telle doit être notre ambition de Français et d’Européens… La lutte contre le racisme et l’antisémitisme est une priorité de mon gouvernement. Je réunirai un comité interministériel sur ce sujet dans les prochaines semaines, pour adopter un plan d’action. Il sera d’abord fondé sur l’éducation, la volonté de combattre les préjugés sur l’étranger, sur l’autre, qui restent ancrés dans bien des mentalités et que des vents mauvais ont à nouveau attisés au cours des années passées », a conclu le Premier ministre.