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Publié le 20 Décembre 2018

Mémoire/Crif - Francis Kalifat commente le sondage Ifop "L'Europe et les génocides : le cas français"

Contacté par FranceInfo, Francis Kalifat, Président du Crif, commente l'enquête Ifop "L'Europe et les génocides : le cas français". "Il faut repenser la transmission de la mémoire de la Shoah. Les témoins disparaissent et c'est un défi de continuer ce travail sans eux et la force du témoignage." commente t-il.

Publié le 20 décembre sur le site de FranceInfo sous le titre Un Français sur dix dit n'avoir jamais entendu parler de la Shoah, selon un sondage

Plus de deux personnes sondées sur dix ne connaissent pas la période durant laquelle a été perpétré le génocide des juifs, selon un sondage de l'Ifop que franceinfo dévoile.

Dix pour cent des Français n'ont jamais entendu parler de la Shoah. Et cette proportion grimpe à 19% chez les sondés âgés de 18 à 34 ans. Voici l'un des principaux enseignements d'une enquête réalisée par l'Ifop* pour la Fondation Jean-Jaurès, et que franceinfo révèle jeudi 20 décembre.

Selon ce sondage réalisé en partenariat avec la délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah), la Fondation européenne d’études progressistes (Feps) et l'AJC Paris, l'antenne française de l'American Jewish Committee, les Français sont en outre 21% à ne pas connaître la période durant laquelle le génocide des juifs a été perpétré. Ainsi, alors que 79% des sondés savent que la Shoah a eu lieu durant la Seconde Guerre mondiale, 9% la situe pendant l'entre-deux-guerres, 6% lors de la Première Guerre mondiale, 4% au tout début du XXe siècle et 2% pendant la guerre froide. Chez les sondés âgés de moins de 35 ans, la part de Français ignorant la période à laquelle a eu lieu la Shoah atteint 30%.

"Les élèves n'impriment pas"

"La question posée est celle de ce qu'il se passe à l'école", analyse pour franceinfo Iannis Roder, directeur de l'observatoire de l'éducation de la Fondation Jean-Jaurès. "Au cours de sa scolarité, un élève est censé rencontrer trois fois l'histoire du génocide des juifs : en CM2, en troisième et en première. Passer à côté en milieu scolaire est quasi-impossible", pointe l'expert.

"Y a-t-il un aspect provocateur à une telle réponse ? C'est possible", estime le spécialiste. Mais "cela pose la question de ce qu'il reste de l'enseignement, de ce que les jeunes retiennent ou veulent en retenir".

"Il faut repenser la transmission"

"C'est préoccupant", juge Francis Kalifat, président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif), contacté par franceinfo. "Il faut repenser la transmission de la mémoire de la Shoah. Les témoins vivants disparaissent et c'est un défi de continuer ce travail sans les témoins et la force du témoignage."

"L'école doit y avoir un rôle beaucoup plus important", estime le président du Crif, qui compte sur le ministère de l'Education nationale et le gouvernement pour agir.

"On sait la difficulté dans certaines écoles à appliquer le programme sur l'histoire de la Shoah dans certaines classes où les élèves refusent d'en entendre parler" Francis Kalifat, Président du Crif

Alors que le Premier ministre, Edouard Philippe, a annoncé en novembre une augmentation de 69% des actes antisémites sur les neuf premiers mois de l'année, le sondage de l'Ifop révèle également que 53% des Français pensent que les juifs se sentent en insécurité en France et 58% comprennent ce ressenti. "Les gens prennent conscience qu'en 2018, on peut être tué uniquement parce qu'on est juif", observe Francis Kalifat, qui rappelle les attentats contre l'école juive Ozar Hatorah de Toulouse en 2012 et contre le supermarché Hyper Cacher de la porte de Vincennes à Paris en 2015.

*Sondage réalisé les 12 et 13 décembre 2018 auprès d'un échantillon de 1 014 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.

Télécharger l'enquête complète en bas de cet article

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