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Publié le 23 Avril 2012

Réponse à Ofer Bronchtein à propos du Congrès des Amis d’Israël

À de nombreuses reprises, y compris sur des médias étrangers, nous sont revenues des protestations contre l’attitude du CRIF au cours du colloque des Amis d’Israël organisé à la Mutualité le 3 avril 2012. 

le Mouvement des Amis d’Israël ne pratique ni l’anathème, ni l’exclusion

Des membres de la LDJ avaient tenté d’interdire l’entrée des lieux à Monsieur Ofer Bronchtein, citoyen israélien, président du Forum international pour la Paix et titulaire d’un « passeport » palestinien. D’où les insinuations sur les liens du CRIF avec la LDJ. Ceux qui ont une connaissance même minime, de la communauté juive de France, savent que le CRIF n’a aucune affinité avec la LDJ et qu’il s’oppose à ses méthodes avec constance.

 

Dans notre éthique, le débat d’opinion démocratique est une obligation de la plus grande importance : c’est la tradition juive, c’est la tradition de l’État d’Israël, c’est l’honneur des civilisations d’ouverture et de progrès. Il est inconcevable d’empêcher un homme qui se dit ami d’Israël d’entrer dans une salle qui réunit par définition des amis d’Israël. Et Ofer Bronchtein y est d’ailleurs entré, grâce à l’intervention des responsables du CRIF appelés sur place.

 

J’ai demandé à Arié Bensemhoun, délégué général des Amis d’Israël, et comme tel organisateur de ce colloque, auquel le CRIF a simplement apporté son appui, d’intervenir pour clore cette polémique inutile. J’espère que son texte, qui montre que nous nous sommes tous déjà expliqués à de nombreuses reprises avec Ofer Bronchtein sera suffisant. S’il ne l’est pas, c’est que nous sommes les cibles d’un mauvais procès politique, et cela est une autre histoire.

 

Il y a quelques semaines, l’historien israélien d’extrême gauche,  Zeev Sternhell, auteur connu, mais discuté de thèses sur la préhistoire du fascisme, grand ignorant de la communauté juive de France, s’était permis de déclarer dans le très antiisraélien quotidien belge « le Soir » que le CRIF était bien plus à droite que le Front National! Est-ce cette absurdité-là qu’on tente d‘accréditer ? Le CRIF est pluriel, il le restera, mais il sait que les sectaires ne sont pas que d’un seul bord de l’éventail politique.

 

Richard Praquier,

Président du CRIF.

 

 

Dans un courrier mis en ligne sur son site internet, Ofer Bronchtein met gravement et injustement en cause les organisateurs du Congrès des Amis d’Israël, qui s’est tenu le 3 avril 2012 à la Maison de la Mutualité.

 

Sur un mode très « Hesselien » et sous la plume de Diane Binder et Cécile Sportis, Ofer Bronchtein nous invite à « l’indignation » face à « l’agression » dont il a été victime par des militants de la Ligue de défense Juive.

 

Face aux accusations graves qui sont portées dans ce texte, nous n’avions d’autre choix que de répondre publiquement pour couper court à certaines rumeurs, inexactitudes et contre vérités qu’Ofer Bronchtein fait circuler sur le Net et dans les médias.

 

Ofer Bronchtein dénonce « le silence des organisateurs » à l’origine de sa décision de rendre public son courrier. C’est faux ! Que ce soit Richard Prasquier, Nicole Guedj ou moi même, nous nous sommes longuement entretenus avec Ofer Bronchtein après la soirée. Je lui ai écrit à 3 reprises les 9, 11 et 13 avril en réponse à ses mails ou à des articles parus dans la presse.

 

Les propos que j’ai tenus sont sans ambiguïté :

 

Le 9 avril : « Comme tous les organisateurs du Congrès des amis d'Israël, je ne peux que déplorer et condamner avec la plus grande énergie le comportement inacceptable des militants de la LDJ qui t'ont agressé et ont essayé de t'interdire l'accès à la maison de la mutualité.

Dès que j'ai été informé de la situation, je suis venu à l'entrée pour tenter de désamorcer le problème. Je n'ai pas été témoin de la violence que tu dis avoir subie et personne ne m'en a fait part. À aucun moment nous n'avons accepté le dictat scandaleux de la LDJ qui n'a aucun droit à décider qui peut ou ne peut pas entrer dans une soirée que nous organisons.

Nous avons parlementé longuement et souvent à la limite de l'incident pour tenter de désamorcer la situation sans avoir besoin de faire intervenir la sécurité et la police ce qui aurait conduit à l'arrêt de la manifestation.

In fine et grâce à Meyer Habib, nous avons obtenu gain de cause, la LDJ est partie et tu as pu rejoindre la salle et le public. »

 

Le 11 avril : « … Il est absolument inacceptable que la LDJ ou quelque groupe que ce soit décide de faire la loi dans les manifestations organisées par la communauté juive ou les amis d'Israël, et nous ne l'avons pas accepté.

Il est absolument inadmissible que, qui que se soi soit inquiété ou menacé pour ses convictions ou engagements politiques dès lors que nous restons dans le débat démocratique et nous ne l'admettrons pas.

… à aucun moment, les organisateurs que nous sommes du congrès des amis d'Israël n'ont cédé aux pressions et menaces de la LDJ. Nous nous y sommes opposés farouchement.

Contrairement à ce que tu ne cesses de répéter, tu n'as pas été expulsé de la Maison de la Mutualité. Nous ne l'aurions pas permis. Nous avons choisi de parlementer avec la LDJ pour leur faire entendre raison sans avoir besoin de faire donner les forces de l'ordre ce qui aurait eu pour conséquence d'interrompre voir de faire annuler la manifestation. C'eut été trop d'honneur fait à quelques agitateurs dont nous ne partageons ni les motivations, ni les méthodes. »

 

Le 13 avril : « … j'ai "déplorer et condamner avec la plus grande énergie le comportement inacceptable des militants de la LDJ".

Mais je ne peux pas te laisser dire partout des contre-vérités.

- Nous n'avons à aucun moment été complices des agissements de la LDJ, nous nous y sommes en permanence opposés.

- Nous ne t'avons jamais demandé de quitter la réunion, au contraire nous avons agi jusqu'à ce que tu puisses rentrer.

- Tu n'as jamais été expulsé puisqu'au contraire nous avons imposé ta présence et c'est la LDJ qui est partie.

- Tu prétends avoir été frappé. Je n'ai pas été témoin de ces faits. Ils ne m'ont pas été rapportés sur place. Les témoignages recueillis après ne permettent pas de l'établir clairement.

- Tu es libre de mener toutes les actions que tu juges nécessaires pour assurer ta sécurité et celle de ta famille si tu te trouves menacé. Il a certainement beaucoup à dire sur les manières de la LDJ mais de là à demander sa dissolution je pense qu'il faut raison garder… Ce n'est pas sérieux. Nous ne nous y associerons pas.

Au lendemain de la fête de Pessah, je forme des vœux pour toi et ta famille. Je veux prier pour l'unité du peuple juif et l'amour que nous devons nous manifester les uns les autres. Depuis un mois et depuis Toulouse, je vois les choses avec une autre perspective. Il faut relativiser nos querelles et redéfinir les priorités de notre action. »

 

Alors, chère Cécile, chère Diane, cher Ofer, je vous le demande peut on être plus clair ?

 

À votre indignation je voudrais opposer la force de notre action et de nos convictions.

 

En résumé et pour conclure, l’incident qui a opposé Ofer Bronchtein à la LDJ lors de la soirée des Amis d'Israël à la Maison de la Mutualité, est absolument inacceptable. Nous nous y sommes opposés avec force et détermination. Nous l'avons dénoncé et condamné avec la plus grande fermeté et, à moins d'être de mauvaise foi, cela n'est pas contestable.

 

Ofer ne peut nier sans mentir, que nous l'avons défendu en nous opposant aux militants de la LDJ. Contrairement à ce qu'il ne cesse de répéter partout, il n'a pas été expulsé et les organisateurs ne lui ont jamais demandé de partir. Au contraire il devait rentrer et il est rentré et c'est la LDJ qui est partie.

Nous n'avons aucunement l'intention de laisser la LDJ ou qui que ce soit, dicter sa loi dans les manifestations que nous organisons et nous prendrons les mesures qui s'imposent pour que pareil incident ne se reproduise pas.

 

Ofer cherche aujourd'hui à exploiter cette situation sur le terrain de l'émotion et des médias en se faisant passer pour la victime qu’il n’est pas. Nous ne souhaitons pas le suivre dans cette voie.

 

La situation est suffisamment complexe pour ne pas rajouter la confusion à la confusion par des procès d'intention qui ne contribueront qu'à renforcer l'extrémisme que nous ne cessons de combattre. Dénoncer comme vous le faites « la communautarisation et la radicalisation croissante d’une partie des juifs de France, qui est le reflet de la droitisation croissante du gouvernement israélien » au seul prétexte qu’ils ne pensent pas comme vous est une honteuse imposture.

 

Au sein de la communauté juive, toutes les voix se font entendre. Dénoncer les « dérives ultrareligieuses et droitières » mériterait pour le coup que l'on « s'indignât » si ce n'était pas aussi grossier et caricatural.

 

Je crains que la polémique que vous entretenez n'aille à l'encontre des objectifs que vous prétendez servir… à moins qu’elle participe de cette insidieuse campagne contre les institutions juives en général et le CRIF en particulier qui refuse toute forme de sectarisme et de radicalisme.

 

Croyez bien que nous savons prendre nos responsabilités et que nous ne nous laisserons ni intimider par la LDJ (nous l’avons démontré), ni manipuler ou instrumentaliser par ceux qui pensent avoir le monopole de la tolérance et qui croient pouvoir décerner des certificats de pacifisme.

 

Contrairement à ce que vous pouvez penser, le Mouvement des Amis d’Israël ne pratique ni l’anathème, ni l’exclusion. Nous ne sommes ni partisans, ni politiquement orientés. Je comprends que notre démarche vous pose problème, car elle ne s’inscrit pas dans votre stratégie d’instrumentaliser le processus de paix et d’importer le conflit en France pour servir les intérêts qui ne sauraient être ceux de l’amitié entre la France et Israël qui reste notre seul objectif.

 

Arié Bensemhoun,

Délégué général des Amis d'Israël.

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