BOYCOTT : NICOLE BORNSTEIN ÉCRIT AU MAIRE DE CLERMONT FERRAND

04 Janvier 2017 | 75 vue(s)
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Actualité

Depuis plusieurs années, le cinéma international ne cesse de plébisciter les cinéastes iraniens. Asghar Farhadi en est l’exemple même. Cependant, certains réalisateurs n’ont pas la chance d’être autant ovationnés.

Pour leur cinéma engagé, frontal et dénonciateur du pouvoir politique et du régime iranien, grand nombre de réalisateurs iraniens ont été, pour les plus chanceux, contraint à l’exil, tandis que d’autres en détention, subissent le triste sort réservé aux prisonniers iraniens.

Dimanche 13 janvier 2019, le Crif a organisé un voyage de mémoire à Auschwitz-Birkenau. Ensemble, au cours de cette journée, nous avons honoré le devoir de mémoire qui nous incombe et sommes devenus les témoins des témoins.

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Suite au vote le 16 décembre 2016 du conseil municipal de Clermont-Ferrand au vœu présenté par les groupes communistes, Front de gauche et Europe écologie, vœu relatif au boycott des produits israéliens fabriqués dans « les territoires palestiniens occupés », le Maire de Clermont-Ferrand a fait paraître dans le journal local la Montagne un communiqué. La présidente du CRIF Auvergne-Rhône- Alpes lui répond…

Monsieur le Maire,
 
N’étant pas disponible au moment où vous avez essayé de me contacter mercredi dernier, nous n’avons pu échanger après la décision du dernier conseil municipal de votre ville.
 
J’ai essayé sans succès de vous rappeler plusieurs fois sur votre portable, et à la mairie le lendemain mais sans doute aviez-vous un agenda trop chargé.
 
Je n’ai pas manqué de lire attentivement le communiqué que vous avez fait paraître dans le journal « La Montagne », communiqué dans lequel vous explicitez votre position en soulignant que vous désapprouvez ce vote.
 
Votre « boussole » est, dites-vous, celle du droit au regard des résolutions de l’ONU. Ce choix est parfaitement respectable, et à mon sens parfaitement licite dans la mesure où certaines précisions lui sont apportées.
 
En effet, lorsque le droit auquel on se réfère est défini dans un contexte démocratique avec droit de vote respecté et non truqué, esprit de tolérance, éducation libre et non empreinte de bourrage de crâne, information libre, vraie égalité entre hommes et femmes, justice équitable, alors effectivement le droit est bien la référence à laquelle il faut se soumettre pour que l’harmonie règne tant entre les individus d’un état qu’entre les peuples.
 
Mais, quand le droit international ne correspond qu’à un rapport de force entre une minorité de pays démocratiques et des dictatures ou des pays où les droits de l’homme sont quotidiennement bafoués, et où, de plus, les pays démocratiques, dont le nôtre, n’ont strictement aucun état d’âme à développer desrelations cordiales, dirons-nous commerciales, avec les pires de ces pays, alors la boussole du droit est franchement déréglée !
 
Ainsi, faire référence au droit international lorsqu’il s’agit d’Israël, et en faire fit lorsqu’il s’agit de tous les conflits alentours où des centaines de milliers de morts gisent dans les poubelles de ce même droit, je vous laisse juge d’apprécier ce que cela signifie…il y a matière à s’interroger…
 
Cette analyse s’applique parfaitement à ceux qui ont voté ce vœu de boycott dans votre municipalité, mais également aux instances internationales comme l’assemblée générale de l’ONU, le Conseil de Sécurité ou l’Unesco dont les dernières résolutions ont gommé sans vergogne les fondements historiques de l’histoire commune judéo-chrétienne…
 
Dans le même temps, tout récemment, après dix ans de mandat, Ban Ki Moon, Secrétaire Général des Nations Unies a trouvé le courage de déclarer que le nombre de résolutions prises, de rapports proposés ou de conférences décidées par l’ONU à l’encontre d’Israël était « disproportionné », ajoutant même que « cette posture avait pris le pas sur la capacité de l’ONU à remplir son rôle » … !
 
Monsieur le Maire, je serais ravie de partager de vive voix avec vous quelques arguments, notamment à l’occasion de notre prochain dîner annuel du CRIF Auvergne-Rhône- Alpes, qui se tiendra le jeudi 26 janvier 2017 en présence de Monsieur Urvoas, Garde des sceaux.
 
Dans cette attente, je vous prie de recevoir, Monsieur le Maire, l’assurance de mes sentiments très cordiaux et de vous adresser, par avance, tous mes vœux pour cette nouvelle année 2017.
 
Nicole Bonrstein
Présidente

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