Jean Pierre Allali

Membre du Bureau Exécutif du CRIF, Jean-Pierre Allali préside la Commission des Relations avec les Syndicats, les ONG et le Monde Associatif.

Lectures de Jean-Pierre Allali - Jésus, médiateur d’une nouvelle alliance, par Monique Lise Cohen

01 Avril 2020 | 175 vue(s)
Catégorie(s) :
Religion

Bienvenue sur le blog La Chronique (pas tès casher) de Raphaela ! Sur ce blog, Raphaela vous propose ses billets d'humeur sur tout ce qui l'entoure, l'émeut, la touche, la fait rire et la révolte. Et elle a des choses à vous dire...

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Jésus, médiateur d’une nouvelle alliance, par Monique Lise Cohen (*)

 

La remarque liminaire que je faisais dans ma recension du précédent ouvrage de cette auteure, s’applique tout à fait à ce nouveau livre, à savoir l’intérêt incontestable du sujet traité, mais aussi la lecture ardue, habituelle dans les ouvrages d’exégèse biblique.

Il s’agit ici d’évoquer la figure de Jésus de Nazareth.

« Ce livre, dit l’auteur en préambule, « est une réflexion sur ce que nous avons à faire, en commun, Juifs et Chrétiens, puisque Jésus est présenté dans l’Épitre aux Hébreux, comme « médiateur d’une alliance nouvelle » dans les termes même de l’alliance annoncée par le prophète Jérémie ». Et, par ailleurs, « Nous souhaitons lire ces textes du Nouveau Testament en dehors des connotations antijuives et antisémites auxquelles ils ont pu donner lieu ». Un projet louable et nécessaire, donc.

Jésus, le prêtre médiateur, le « cohen », Jésus le nazir qui, pendant un certain temps s’abstient de boire du vin, de se couper les cheveux et de s’approcher d’un mort, Jésus qui s’est donné pour mission d’apporter l’amour dans le monde.

La vie et l’action de Jésus sont étudiées par le menu jusqu’au sacrifice suprême sur la croix. Et ces mots de la fin qui résonnent toujours dans le mental des Chrétiens : « Eli, Eli, lama sabakhtani ! » (Matthieu 27, 46-Psaume 22). « Mon Dieu, mon Dieu, à quoi m’as-tu abandonné ! ». « Lamà/ à quoi » et non « Làma/ pourquoi », fait remarquer Monique Lise Cohen.

Le sang occupe une place privilégiée dans cette étude. Le sang du Qorban, le sacrifice, le sang de la guerre, le sang de Jésus. Un sang qu’il faut absolument dissocier de toute idée de malédiction jetée sur le peuple juif. « Quelles que soient les différences entre christianisme et judaïsme, différences à protéger, car c’est du sein de la différence que des paroles nouvelles peuvent venir dans le monde, il reste évident que le rédacteur juif de l’Évangile ne pouvait concevoir que le peuple juif, par qui la bénédiction vient dans le monde depuis Abraham, ait appelé à une malédiction sur lui-même ». Et encore : « Saint Paul ne dit-il pas : « Dieu a-t-il rejeté son peuple ? Certes non ! Car moi aussi je suis israélite, de la descendance d’Abraham, de la tribu de Benjamin. Dieu n’a pas rejeté son peuple qu’il a connu d’avance ». Bref, « pour le rédacteur de l’Évangile, lui-même juif, le peuple juif n’est absolument pas un peuple déicide. Accusation terrible portée pendant deux millénaires sur les Juifs qui subirent la vindicte antijuive et antisémite ».

Dès lors, « comment lire maintenant ces textes en dehors d’une théologie de la substitution, théologie qui a longtemps défiguré les relations fécondes entre judaïsme et christianisme ? »

Et, d'ailleurs, qu’est-ce que le sang ? «  Le texte biblique de la Genèse nous rappelle étrangement que sang signifie l’image de Dieu ».

Le sang, c’est aussi la circoncision. L’auteur nous rappelle, fort à propos, qu’il y a quatre circoncisions dans la Bible : le sexe masculin, le cœur les lèvres et les oreilles. Rappelons, à ce propos, que les Grecs avaient, du temps de leur domination sur la terre d’Israël, interdit trois choses : la célébration de Rosh Hodech, le mois lunaire, le shabbat et…la circoncision !

La circoncision, acte rituel et sacrificiel qui a pour fonction de modifier l’ordre naturel des choses au point que, pour le judaïsme, la filiation paternelle ne devient licite qu’à partir de la circoncision du fils. « La circoncision, élément incarné de la résurrection ».

Dans l’Épitre aux Romains, Saint-Paul écrit : « Le Juif, ce n’est pas celui qui en a les apparences ; et la circoncision, ce n’est pas celle qui est apparente dans la chair. Mais le Juif, c’est celui qui l’est intérieurement ; et la circoncision, c’est celle du cœur, selon l’esprit et non selon la lettre. La louange de ce Juif ne vient pas des hommes, mais de Dieu ».

L’enjeu est donc la circoncision du cœur, qui, d’une certaine manière, permet à tous les hommes d’être juifs sans passer par la circoncision du sexe. Hypothèse audacieuse mais très intéressante.

En fin d’ouvrage, les peines de mort dont parle la Bible hébraïque, sont analysées. Elles sont au nombre de quatre : la strangulation, la lapidation, l’épée et le feu.

Un travail vraiment remarquable. À découvrir !

Jean-Pierre Allali

 

(*) Éditions Orizons. Octobre 2019.  168 pages. 18 €.

 

 

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