Jean Pierre Allali

Membre du Bureau Exécutif du CRIF, Jean-Pierre Allali préside la Commission des Relations avec les Syndicats, les ONG et le Monde Associatif.

Lectures de Jean-Pierre Allali - Les aventures de l'infortuné marrane Juan de Figueras, de Jean-Pierre Gattégno

02 Mai 2018 | 165 vue(s)
Catégorie(s) :
France

Dimanche 13 janvier 2019, le Crif a organisé un voyage de mémoire à Auschwitz-Birkenau. Ensemble, au cours de cette journée, nous avons honoré le devoir de mémoire qui nous incombe et sommes devenus les témoins des témoins.

Pages

Opinion

Depuis plusieurs années, le cinéma international ne cesse de plébisciter les cinéastes iraniens. Asghar Farhadi en est l’exemple même. Cependant, certains réalisateurs n’ont pas la chance d’être autant ovationnés.

Pour leur cinéma engagé, frontal et dénonciateur du pouvoir politique et du régime iranien, grand nombre de réalisateurs iraniens ont été, pour les plus chanceux, contraint à l’exil, tandis que d’autres en détention, subissent le triste sort réservé aux prisonniers iraniens.

Pages

Les aventures de l'infortuné marrane Juan de Figueras, de Jean-Pierre Gattégno*

En fait d’aventures, ce sont plutôt les mésaventures du héros, que nous conte, avec truculence, Jean-Pierre Gattégno.

Juan de Figueras est né à Séville, au temps du règne de Philippe III. Fils d’Alvaro de Figueras, honorable négociant et de dona Elvira, il a deux frères, Rafael et Ignacio et deux sœurs, Carmen et Rosita. Sans oublier l’oncle Leonardo. Juan est un Marrane depuis de nombreuses générations, mais il ne le sait pas. Comme il ne sait pas ce qui se passe dans la chambre secrète dont l’accès lui est interdit.

Juan se sent tellement chrétien qu’il se sent une vocation à devenir prêtre. Qu’à cela ne tienne. Sans lui demander son avis, Alvaro l’inscrit au Collège du Saint-Sacrifice de la Rédemption de Valence. Il a treize ans et le voilà obligé de quitter sa famille pour un destin inconnu à dos de mule en compagnie du fidèle serviteur de la famille, Filogeno. Avant son départ, sa mère lui passe autour du cou un médaillon en forme d’étoile de David. Pour Juan, les ennuis commencent. Le voyage est éprouvant et, à l’arrivée, le Collège ressemble plutôt à un bouge qu’à un établissement d’enseignement religieux. Quant au père supérieur, Sebastian de la Moraleja, il se révélera être un fieffé coquin. Spolié, violenté, obligé à des pratiques homosexuelles, Juan choisit la fuite. Dès lors, il va aller de rencontres interlopes en amitiés douteuses : Hermano le fourbe qui le forcera à mendier, Leoncio, l’expert en judaïsme, Don Salluste, l’énigmatique, Julian del Campesino, l’impuissant et sa femme, Conception, qui fera de Juanito son esclave sexuel, Don Gormas qui en fera son coursier, Pepe, l’acrobate du jeu de bonneteau et bien d’autres.

Juan finira un jour par retrouver sa ville natale, hélas dévastée par l’Inquisition. Ses parents ont disparu. Sont-ils morts, ont-ils rejoint Salonique, la nouvelle Jérusalem ?

Des développements intéressants sont consacrés aux Musulmans, qui, à l’instar des Juifs furent obligés d’embrasser le christianisme, les Mudéjares et aux Marranes inversés, de vrais Chrétiens, simulant, par intérêt, un judaïsme de façade.

Un roman vivant et captivant

Jean-Pierre Allali

(*)Éditions de l’Antilope. Janvier 2018. 448 pages. 22 €

 

 

Nos réseaux sociaux en direct

Votre demande a bien été prise en compte.
Nous vous remercions de votre intérêt.