Jean Pierre Allali

Membre du Bureau Exécutif du CRIF, Jean-Pierre Allali préside la Commission des Relations avec les Syndicats, les ONG et le Monde Associatif.

Lectures de Jean Pierre Allali - Réflexions sur la honte, par Michaël de Saint-Cheron

07 Février 2018 | 139 vue(s)
Catégorie(s) :
France

La première djihadiste française capturée à Mossoul par les forces irakiennes en juillet 2017, Mélina Boughedir, a été condamnée, lundi 19 février, à sept mois de prison pour l’entrée illégale en Irak. La cour pénale de Bagdad a ordonné la remise en liberté et l’expulsion en France de la jeune femme de 27 ans, sa peine étant couverte par sa détention préventive, rapporte Le Monde du 19 février. Qui sont ces femmes désintégrées, déstructurées et aveuglées par la propagande développée par les djihadistes et qui ont été des proies faciles. C'est ainsi qu'elles se sont déshumanisées et ont participé à cette orgie barbare et moyenâgeuse qu’est le djihadisme.

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Le 4 février 2018, le Crif et les Amis du Crif ont organisé un voyage de mémoire dans les camps d’Auschwitz-Birkenau. Près de 200 personnes ont participé à cette journée exceptionnelle, qui a marqué les mémoires de chacun. Une délégation d’élus et de personnalités publiques m'a également accompagné. Nous avons aussi eu l'honneur d'être accompagnés par Ginette Kolinka, réscapée d'Auschwitz.

En fin de journée, nous avons tenu une courte cérémonie d'hommages ponctuée de plusieurs discours et de prières animées par le Rabbin Moché Lewin. En conclusion de cette intense journée, le Shofar a resonné au milieu du silence etourdissant de l'immense complexe de Birkenau.

Depuis quelques semaines, le texte épistolaire de Sholem Aleichem a investi la petite – mais non moins prestigieuse – scène du Théâtre de la Huchette, à Paris.

Hier, je me suis exprimé sur la récente vague d'antisémitisme qui secoue la France. J'ai demandé à l'ensemble de la communauté nationale de faire front contre la haine antisémite. J'ai également rappelé l'importance pour la justice française d'appliquer des peines suffisamment lourdes pour être dissuasives.

De ce 9 janvier 2015, nous voulons retenir une autre image, cette belle image. Celle de Lassana Bathily.

Pages

Réflexions sur la honte, de Rousseau à Levinas, par Michaël de Saint-Cheron*
 
C’est un petit livre particulièrement percutant et érudit que nous propose l’auteur. Avec un thème central, la honte, ce qui ne l’empêche pas d’aborder, à l’occasion, d’autres sujets. On peut dire de la honte que c’est un sentiment universel partagé par tout un chacun en diverses l’occasions. Boris Cyrulnik ne manque pas de rappeler que « seuls les pervers ne ressentent jamais de honte, car ils n’accèdent pas à la représentation mentale du monde de l’autre ».
 
Pourtant, « la philosophie a trop peu parlé de la honte comme saisie d’impuissance, parce qu’il ne s’agit pas d’une catégorie comme les autres ». Néanmoins, dans son étude magistrale, Michaël de Saint-Chéron ne manque pas de faire appel à de grands philosophes pour nous éclairer : de Levinas et son « Hontologie » à Walter Benjamin en passant par Georges Steiner et sa « théorie agonique », Kafka,  Heidegger, Rousseau, Descartes, Spinoza, Kant, Maurice Blanchot, Celan, Paul Ricoeur , Malraux, Geneviève De Gaulle Anthonioz d’ATD Quart- Monde, Élie Wiesel, Rabbi Nahman de Bratzlav, Gandhi et bien d’autres encore. L’auteur
s’attarde d’ailleurs tout particulièrement sur Kafka pour lequel il semble avoir une profonde sympathie.
 
Un détour par Primo Levi permet d’aborder la tragédie infinie de la Shoah et d’Auschwitz. Vaste sujet donc, que cette honte qui voit l’auteur remonter au procès de Judas à travers l’œuvre de Steiner et d’Amos Oz pour aboutir à la tragédie des Khmers rouges du Cambodge, qui permet d’aborder la question de la « honte des victimes ».
Certains chapitres sont tirés de conférences données par l’auteur, telle celle donnée, en mai 2014, à Taïwan. Le grand Nietzsche, celui de Zarathoustra, n’hésitait pas à crier «  Honte, honte, honte - c’est là l’histoire de l’homme ! »
 
Grâce à cette étude, Michaël de Saint-Chéron redonne sa place à la honte dans l’histoire desidées qui l’avait un peu délaissée.
Très intéressant.
 
Jean-Pierre Allali
(*) Éditions Hermann. 2017. 192 pages.

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