Communiqués de presse
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Publié le 26 Avril 2012

Communiqué de Richard Prasquier, président du CRIF (article de Haaretz traduit en français)

A la suite de la polémique née de  la publication d’une tribune en anglais (voir ci-dessous) donnée au quotidien israélien Haaretz sur les conséquences pour Israël et la communauté juive du scrutin présidentiel, je tiens à apporter les précisions suivantes :

1° Nicolas Sarkozy et François Hollande sont deux  amis déclarés de la communauté juive, et engagés fortement dans la lutte contre l’antisémitisme. Chaque citoyen juif, comme n’importe quel citoyen, usera de son bulletin de vote en fonction de ses espoirs sur l’avenir de notre pays et il ne m’appartient évidemment pas de donner des conseils, et encore moins une consigne électorale.

 

2° S’agissant de la politique extérieure de la France vis à vis d’Israël, les deux candidats se sont toujours montrés attentifs à la sécurité d’Israël tout en souhaitant la création d’un Etat palestinien viable et démocratique par le biais d’accords négociés directement, position qui est également celle du CRIF.

 

3° J’ai attiré l’attention sur les positions  de certains partenaires traditionnels du PS qui se sont trouvés jusqu’à maintenant au premier rang des manifestations les plus hostiles envers Israël, jouant un rôle dans une stigmatisation unilatérale de ce pays dont le caractère systématique et injuste nous choque profondément. J’ai aussi indiqué que dans l’esprit des institutions de la République c’est le Président de la République qui joue le rôle prééminent en matière de politique étrangère.

 

4° En ce qui concerne le Front National, j’ai écrit qu’il n’est pas susceptible d’entrer dans une quelconque combinaison gouvernementale, quel que soit le résultat du vote. J’avais publiquement exprimé  le fait que l’histoire de ce parti et ses positions allaient à l’encontre des valeurs  de tolérance et de respect dans lesquels se sont épanouis les Juifs en France. Le vote du 22 avril, au cours duquel il a obtenu son plus haut score historique, n’a pas changé mon opinion sur le Front National.

 

L’article (en français, puis en anglais), publié dans Haaretz

 

L'article ci-dessous a été écrit par Richard Prasquier à la demande du journal Haaretz, pour expliquer la situation de la communauté juive à la veille du second tour de l'élection présidentielle. Des incompréhensions semblent avoir donné lieu à une polémique injustifiée suite à laquelle un communiqué, que vous trouverez dans cette newsletter, a été envoyé à l'AFP. Nous en publions, ci-après, une traduction en français ainsi que la version originale en anglais. On notera que le titre originale choisi par le journal Haaretz  "Jews to face new challenges in post-elections France" (les nouveaux défis qu'affronteront les juifs de France après l'élection), n'a rien à voir avec celui repris par la presse française "Le Président du CRIF s'inquiète d'une éléction de Hollande", afin d'alimenter une inutile polémique.

 

 

"La question du report des voix sera de la plus haute importance pour le résultat du second tour des élections présidentielles en France. Nicolas Sarkozy réussira-t-il à attirer sur sa candidature à la fois la grande majorité des votes des électeurs du parti centriste (le Modem) et de ceux du Front National, qui sont en désaccord sur quasiment tout sauf sur leur aversion à son style personnel de gouvernement ? Le défi est intimidant.

 

Pour la communauté juive de France, horrifiée par les meurtres commis dans l'école juive de Toulouse, l'empressement à combattre le nouvel antisémitisme qui s'est développé sous couvert d'antisionisme pèsera lourd sur sa décision finale. Sans l'ombre d'un doute, les deux candidats rejettent fortement toute manifestation d'antisémitisme. Nicolas Sarkozy a tissé des liens forts avec la communauté juive de France, il connait  bien Israël et éprouve une profonde sympathie pour ce pays, dont il use parfois pour réprimander le gouvernement israélien. La France est devenue le principal soutien d'Israël pour réclamer la fermeté à l'encontre de l'Iran. Les sentiments de François Hollande vis-à-vis d'Israël ont clairement toujours été amicaux, sans qu'ils aient été mis en avant, et sa position vis-à-vis de la menace iranienne reste à être prouvée. Sur les principales questions liées au conflit israélo-palestinien, les deux hommes partagent des opinions semblables.

 

Comment l'entourage ou les prochains cercles gouvernementaux affecteront-ils leurs positions, et quel sera le possible changement de perspective dû aux résultats du premier tour ? Dans le cas improbable de la réélection du président sortant, il n'y a pas de raison de penser qu'il pourrait changer de politique. Il pourrait se montrer plus sceptique sur le Printemps arabe et moins optimiste sur le processus en cours de radicalisation du monde musulman et des dangers qu'il représente pour la société française. En ce qui concerne le score élevé obtenu par Marine Le Pen, représentant le Front National, un parti d'extrême droite fondé par un antisémite, Jean-Marie Le Pen, on ne s'attend pas à ce qu'il exerce une influence quelconque sur la politique à l'égard des juifs de France. L'islam et l'immigration étaient les sujets mis en avant par son programme et Marine Le Pen a tenté de complaire à la communauté juive comme si le passé du Front National et/ou les positions de certains de ses dirigeants toujours influents n'étaient pas connus. Le Front National a de vieux comptes à régler avec le parti de Nicolas Sarkozy et un accord  politique entre eux n'est pas possible. Il est toutefois clair que quels que soient les résultats de l'élection, l'important sujet de la laïcité débouchera sur de difficiles ajustements juridiques pour des pratiques religieuses telles que la shechita.

 

Au cas où François Hollande serait élu président de la France, pour la communauté juive, la question centrale porterait sur l'influence que pourraient exercer ces dirigeants socialistes qui ont une vision négative de la politique d'Israël et, au-delà d'eux, les partis gauchistes et les Verts qui manifestent une profonde hostilité à Israël et qui sont au premier rang de tout mouvement, déclaration ou pétition anti israélienne. Le fait que Jean-Luc Mélenchon, leader charismatique du renouveau du parti communiste, a réalisé un score plutôt décevant de 11 % pourrait réduire son impact sur la politique étrangère de la France, mais on devrait s'attendre à une remontée interne des manifestations antisionistes. La communauté juive de France, quelles que soient ses opinions politiques, est très proche d'Israël et elle fera face à ces nouveaux défis."

 

Richard Prasquier

Président du CRIF

 

"The issue of transfer of votes will be of the utmost importance for the results of the second round of French Presidential elections. Will Nicolas Sarkozy be able to attract to his candidacy the vast majority of the voters of both the Center Party (Modem) and of the National Front, who have different views on about everything except a common dislike for his personal style of government? The challenge is daunting.

 

For the French Jewish community, appalled by the murders in the Jewish school in Toulouse, the issue of willingness to fight the new anti- Semitism that has developed under the mask of antisionism will be an important one in the final decision. There is no question that both contenders strongly reject any manifestation of anti-Semitism. Nicolas Sarkozy has developed strong links with French Jewish community; he has a deep knowledge of Israël and a deep sympathy for this country, which he uses sometimes for chiding the Israeli government. France has become the major supporter of Israël in advocating firmness against Iran.  The feelings of François Hollande towards Israel have always been clearly friendly, although they have not been spotlighted as much, and his stance towards the Iranian threat remains to be teste . Regarding the major issues related to the Israelo-palestinian conflict, the two men share similar views.

 

The question arises how the entourage or the future governing circles might affect their positions, and how the results of the first round might change the outlook. In the rather unlikely case of reelection of the incumbent president, there is no reason to think that he might change his policies. He might be more skeptical about the Arab spring and less optimist about the ongoing process of radicalization in the Muslim world and its dangers for French society. As for the high results obtained by Marine Le Pen, representing the National Front, a far-right party, with an anti-Semitic founder, Jean Marie Le Pen, they are not expected to exert any influence on the policy toward Jews in France.  The Muslim and the immigration issues were at the forefront of their program and Marine Le Pen tried to cater to Jewish community as if the past of the National Front and/or the view of some of its still influent leaders had not been known. The National Front has old scores to settle with the party of the Nicolas Sarkozy and there is no possibility of political agreement between them. It is clear however that, whatever the results of the election, the important issue of secularity will lead to difficulties in the legal adjustments to religious practices such as shehita.

 

The main question that arises in the Jewish community, in the case François Hollande becomes the President of France, is the influence that might be exerted by those socialist leaders who have negative views towards the policy of Israel, and beyond them, by the leftist parties and the greens which express a deep hostility  towards Israel , being at the forefront of every anti Israel showing, declarations or petitions. The fact that Jean Luc Melenchon, the charismatic leader of the renewed communist party, has realized a somehow disappointing 11% result might well reduce its impact on French foreign policy, but an internal surge in the antisionist manifestations is to be expected. The French Jewish community, which is, regardless of its political leanings, very close to Israel, will face these new challenges."

 

Richard Prasquier

President of the CRIF (the Crif is the representative Council of French Jewish Institutions, the umbrella organization representing the French Jewish community in the political field).

April 25th, 2012

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St Michel avec Europalestine

#MemoireJ - "La ville sans juifs", diamant noir du cinéma, cherche ses sauveurs

La cité d'Utopia est en crise, la révolte populaire gronde, son maire imagine une solution: expulser les juifs.

Cette troublante anticipation politique, sortie en 1924, est le film muet "le plus important" du cinéma autrichien mais il y a urgence pour le sauver.

"La ville sans juifs", tourné à Vienne en pleine flambée de l'antisémitisme et du péril nationaliste, a longtemps frustré les cinéphiles.

Amputée de nombreuses scènes, la version du film en noir et blanc connue des archives autrichiennes n'était à l'évidence pas celle qui avait défrayé la chronique lors de sa sortie.

Jusqu'à la découverte fortuite d'une nouvelle version par un collectionneur anonyme il y a un an en France.

Le visionnage de la pellicule jaunie a fait bondir le cœur des équipes de la Filmarchiv Austria, la cinémathèque autrichienne: de nombreuses scènes manquantes, qui restituent à cette satire sa force politique et documentaire, se sont révélées à l'écran. Mais le film d'époque, en nitrate de cellulose, est en très mauvais état.

"Ce document se décompose, il faut le sauver et le rendre accessible, non seulement pour son caractère historique mais pour son message actuel, contre l'exclusion et les murs que l'on construit", explique Nikolaus Wostry, directeur des collections de la Filmarchiv.

Dans des scènes douloureusement prophétiques, des colonnes de juifs quittent la cité, baluchon à la main, sur des routes enneigées. L'exil ou la mort seront le sort, à partir des années 1930, de plusieurs acteurs juifs du film de Breslauer.

Mais la fiction, elle, se termine sur un "happy end": le déclin économique qui frappe Utopia après le départ des juifs est tel que le décret d'expulsion est aboli, permettant le retour des exilés. Une fin qui avait disparu de la copie tronquée du film, mais redécouverte dans la nouvelle version.

Lire l'article Courrier picard: bit.ly/2fSJihX

La grand-messe annuelle de la cybersécurité s'est tenue courant novembre 2016 Tel-Aviv. Plus de 80 pays y étaient invités et 160 entreprises israéliennes présentées. L’Usine digitale a sélectionné cinq start-ups innovantes et d...

C'est dimanche et on vous attend nombreux !
https://www.facebook.com/events/301669970226907/
#ConvCrif

"J'avais des larmes aux yeux quand j'ai entendu ce qu'il se passait" a raconté le rabbin - arabes israéliens, Incendies

#Actu - Russie : Deux patineurs se déguisent en déportés juifs, le Crif réagit

Le Président du Crif, Francis Kalifat a écrit à l’ambassadeur de Russie en France pour exprimer sa protestation après la scandaleuse séquence diffusée dans les médias russes mettant en scène deux patineurs vêtus d’une tenue rayée et de l'étoile jaune des prisonniers des camps de concentration et d'extermination nazis.

L'acteur russe Andrei Burkovsky et la médaillée d'or de danse sur glace aux JO de 2006, Tatiana Navka, épouse du porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov se sont fendus d'une chorégraphie légère et joyeuse lors de l'émission russe de télé réalité « Ice Age » ce samedi 26 novembre.

De nombreuses personnes ont exprimé leur indignation et le Crif a également tenu à partager sa consternation face à cette séquence.

« Il est inacceptable de banaliser le drame vécu par 6 000 000 d’hommes, femmes et enfants lâchement assassinés au seul motif qu'ils étaient juifs et dont la seule sépulture réside dans le souvenir respectueux de leur calvaire », écrit Francis Kalifat.

Le Président du Crif a donc demandé au nom de toutes les victimes et de l’ensemble de la communauté juive, des regrets et des excuses de la part de Mme. Tatiana Navka et son partenaire ainsi qu’une sanction ferme du porte-parole du Kremlin Mr. Dmitri Peskov, son époux.

Coca-Cola a officiellement ouvert mercredi sa première usine dans la bande de Gaza, qui pourrait offrir du travail à des centaines de personnes dans l'en…

#MemoireJ – Commémorations de l’exode des juifs des pays arabes

Depuis 2014, le 30 novembre marque la journée de Commémoration de « l’exil et l’expulsion des Juifs des Etats arabes et de l’Iran », une loi signée par l’ancien Président Shimon Peres.

Une date à la signification particulière, le 29 novembre 1947, l’Assemblée générale de Nations Unies approuve le plan de partition des territoires de la Judée-Samarie et la création d’un État juif (rejeté par les nations arabes).

Le 30 novembre 1947, les attaques contre des juifs dans les pays Arabes sévissent, la situation s’aggravant de jour en jour, des milliers d’entre eux se retrouvant assaillis et expulsés.
850 000 juifs des pays arabes et musulmans (Libye, Maroc, Algérie, Tunisie, Iran, Syrie, Irak, Liban Yémen, Égypte...) ont alors émigré contraints ou par choix au lendemain de la création de l’État d’Israël.

Plusieurs facteurs expliquent cet exode : montée du nationalisme arabe qui mène, lors de la décolonisation, à l’exclusion sociale de certaines populations minoritaires, les difficultés économiques qui poussent les Juifs à chercher un meilleur avenir à l’étranger, les persécutions dans le contexte du conflit israélo-arabe, l’envie de s’installer en Israël par idéal politique et/ou religieux.

Ce rejet de la population juive aura pris différentes formes selon les pays et les époques. De la discrimination juridique en Syrie, à la dénationalisation en Égypte en passant par la spoliation économique et sociale en Libye et au Yémen... Tous les pays arabes sont concernés, dont la Tunisie et le Maroc.

Cet exode marquera la fin d’une présence juive plurimillénaire dans certains de ces pays.

Les descendants de ces réfugiés réclament aujourd’hui justice auprès de l’ONU afin de rétablir la vérité et de reconnaitre le statut de « réfugiés » à leurs familles.

Les chercheurs de l'Université de Tel Aviv ont découvert comment diagnostiquer Alzheimer par un simple test sanguin. Du fait de...

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