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Publié le 1 Février 2022

Actualités des Régions - 27 janvier : Les commémorations dans vos régions

Le 27 janvier 2022, à l'occasion du 77ème anniversaire de la libération du camp d'Auschwitz-Birkenau, partout en France, ont eu lieu les cérémonies organisées par les Crif régionaux en mémoire de toutes les victimes de la Shoah. Pour en savoir plus sur la cérémonie organisée dans votre région, c'est par ici.

27 janvier : Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de la Shoah

À Grenoble 

"Dimanche 30 janvier 2022, la cérémonie a eu lieu au monument de la Déportation de Grenoble en présence de nombreuses personnes.

De M. le Préfet aux parlementaires, en passant par les élus de la Région, de la Metro et de la ville, les couleurs de l’échiquier politique étaient celles de l’unité républicaine. Les associations civiles étaient bien représentées pour marquer leur attachement à cette commémoration. La communauté juive enfin était là, rassemblée autour du Crif Dauphiné et de ses deux associations consistoriales BarYohai Grenoble et Rachi Syna.

Mélangés les un(e)s aux autres, le message était unique : la Shoah ne se compare heureusement à aucun autre drame, dans son ampleur, sa programmation et son industrialisation.

Le temps de la Shoah est ce temps où des enfants, des femmes et des hommes étaient marqués, arrêtés, internés et tués pour la seule raison de leur appartenance religieuse. Qui ose sérieusement prétendre qu’aujourd’hui, ici, d’autres subissent le même sort. Les amalgames auxquels parfois, sous couvert de culture et de liberté d’expression, il est vite fait de se livrer nous imposent une exigence: connaissance et éducation.

L’amalgame brouille la vision du monde et des drames de nos sociétés. Il divise plutôt qu’il ne rassemble. Or, la culture, notamment urbaine, est au fond ce qui peut encore rassembler les Hommes.

Elle peut être vecteur de magnifiques messages de paix. Ici dans notre territoire des Alpes, avec cette si belle ville compagnon de la libération, la culture urbaine sait être une grande ambassadrice. J’invite le Grenoble Street Art Festival à ne pas balayer les questions posées cette semaine par cette fresque sur laquelle il y a tant à dire, et à travailler avec toutes les communautés à un projet rassembleur, porteur d’un message qui peut être fort et limpide.

Le discours de M. Emmanuel Carroz, adjoint au Maire, dont je ne doute pas de la détermination à faire vivre et transmettre le devoir de mémoire, porte en lui les espoirs pour construire, malgré ou au delà des divergences, de nouveaux ponts.

Les mots ont été entendus. Les actes sont attendus.

Le Crif Grenoble-Dauphiné sera toujours, par ma voix, en écoute et constructif pour unir ce qui peut être épars et faire société".

Grenoble

Hervé Gerbi, Président du Crif Grenoble-Dauphiné

 

À Montpellier

La cérémonie organisée par le Crif Languedoc Roussillon à Montpellier a connu une affluence particulière. L’assistance en présentiel a été limitée aux officiels et présidents des associations juives, du fait des précautions sanitaires, mais la cérémonie a été suivie par plus de 830 personnes à distance et en live sur le Facebook du Crif, relayé par la mairie.

Le maire et Président de la Métropole, Michael Delafosse, a prononcé un discours engagé pour le devoir de mémoire et la prévention de l’antisémitisme. La cérémonie s'est déroulée en présence de Thierry Laurent, secrétaire Général de la Préfecture la présence des parlementaires, de toutes les collectivités, des autorités civiles, académiques, militaires et religieuses représentées par le rabbin, l’archevêque, le CRCM, les imams, la fédération protestante et les bouddhistes.

Les anciens combattants et consuls de Pologne, Allemagne, Suisse et Maroc ont complété cette assistance ainsi que Jean Claude Gayssot, ancien ministre et porteur de la loi Gayssot. Les discours ont évoqué le Devoir de Mémoire, l’hommage aux déportés et rescapés de la Shoah, mais aussi la vigilance et la nécessité de lutter contre l’antisémitisme suite aux récentes données publiées.

HUG-3592

Crif Languedoc-Roussillon

 

À Marseille

Comme chaque année, une cérémonie officielle a été organisée au Site-mémorial du Camp des Miles à l’invitation du Préfet de Région pour la Journée Internationale de commémoration en mémoire des victimes de la Shoah.

Cette commémoration débuta par le « Chant des Marais », chant des déportés, interprété par les élèves du Lycée Militaire d’Aix-en-Provence. C’est ensuite dans une grande émotion que les invités entendirent la lecture des noms et prénoms de tous les enfants et adolescents juifs déportés vers Auschwitz-Birkenau où ils furent assassinés.

Les interventions d’Herbert Traube évadé du dernier convoi parti des Milles vers Auschwitz, Alain Chouraqui, Président de la Fondation du Camp des Milles - Mémoire et Éducation, Bruno Benjamin, Président du Crif Marseille Provence et Bruno Cassette sous-préfet de l’arrondissement d’Aix en Provence vinrent conclure cette cérémonie annuelle avant le dépôt solennel des gerbes en mémoire des disparus.

Bruno Benjamin, Président du Crif Marseille Provence rappella ce que fut la Shoah, une « catastrophe unique par son ampleur, 6 millions d’hommes, de femmes et d’enfants exterminés parce que juifs », « un crime organisé, conçu à grande échelle, unique par sa méthode, bureaucratique et industrielle ». Il souligne que le « racisme a été l’élément majeur de tous les génocides ». Il rappelle que cette barbarie, « perpétrée au cœur de l’Europe par un régime abominable, trouva des complices en France, sous le gouvernement de Pétain » Et s’adressant aux jeunes gens présents à la cérémonie : « Jeunesse éprise de paix, donnez-vous la main, formez une grande chaine pour vaincre l’intolérance et le fanatisme ! ». Une interpellation qui résonne avec la lecture des noms des Justes ayant œuvré au Camp des Milles, montrant qu’il est possible d'agir au nom du vivre ensemble et des valeurs de justice, de tolérance et d’humanité.

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Bruno Benjamin, Président du Crif Marseille Provence

Pour en savoir plus : 27 JANVIER - LA CÉRÉMONIE RÉGIONALE OFFICIELLE AU CAMP DES MILLES

Crif Marseille Provence

 

À Strasbourg

77 ans après la libération d’Auschwitz, l’impérieux devoir de mémoire

En l’absence de cérémonie officielle en présentiel à Strasbourg, les Dernières Nouvelles d’Alsace ont publié le 27 janvier une tribune du Délégué du Crif en Alsace.

"Le 27 janvier 1945, dans le froid hivernal de Silésie, l’armée rouge entre dans le système concentrationnaire d’Auschwitz-Birkenau, au cœur de l’Europe. Le plus grand cimetière juif du monde et le plus efficace camp d’extermination imaginé par l’homme vient d’être libéré de ses bourreaux avant que ceux-ci ne parviennent à l’anéantir pour en effacer toute trace.

C’est un jeune résistant français juif, Raphaël Feigelson, qui amènera l’Armée Rouge dans le camp. Déporté de Drancy le 31 juillet 1944, il réussit à s’évader du camp, à échapper aux marches de la mort le 21 janvier 1945 pour fuir vers les Russes. Arrêté, il manque de se faire fusiller en tombant par chance sur un officier russe juif comprenant le Yiddish et qu’il persuade de marcher sur le camp.
Le 27 janvier a depuis été déclaré Jour de la mémoire des victimes du nazisme et du fascisme en Italie en 2000, puis journée de la mémoire de l’Holocauste par le Royaume Uni en 2001. C’est également la journée de commémoration des victimes du nazisme en Allemagne et en Pologne. Le 18 octobre 2002, les Ministres de l’Education des Etats membres du Conseil de l’Europe décident d’en faire la journée de la mémoire de l’Holocauste et de prévention des crimes contre l’Humanité.
Enfin la résolution 60/7 du 1er novembre 2005 de l’Assemblée des Nations-Unies la proclame Journée internationale à la mémoire des victimes de l’Holocauste.
Auschwitz est devenu le symbole du mal absolu érigé en système sociétal où l’homme détruit son humanité au service d’une idéologie radicale qui devient meurtrière. Au cœur de l’Europe, dans une des civilisations des plus brillantes de l’époque - l’Allemagne-, et au sein d’un peuple des plus évolués et éduqués, l’une de ces idéologies a pu imposer ses délires raciaux, eugéniques, païens, mortifères et totalitaristes.
Auschwitz démontre la fragilité de la démocratie et des valeurs humanistes des Droits de l’Homme face aux conspirations haineuses que génèrent ces idéologies radicales.
C’est pour cela qu’il ne faut pas oublier cette date symbolique et maintenir cette obligation de mémoire."

Pour lire la tribune en intégralité, cliquez ici

Crif Alsace