Lu dans la presse
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Publié le 3 Décembre 2019

Europe/Antisémitisme - Accusé d’antisémitisme, le carnaval belge d’Alost pourrait disparaître du patrimoine de l’Unesco

En mars dernier, le maire de cette ville flamande avait défendu la présence d’un char de carnaval représentant des Juifs orthodoxes au nez crochu, entourés de rats et juchés sur des sacs d’argent.

Publié le 2 décembre dans Le Parisien

Le maire de la ville belge d'Alost, cité flamande située entre Gand et Bruxelles, a annoncé dimanche le retrait par ses soins de la liste du patrimoine de l'humanité de l'Unesco de son carnaval annuel, accusé d'antisémitisme. Une manœuvre pour sortir du dispositif avant d'y être contraint dans quelques jours. En réalité, seul l'Etat membre qui a fait inscrire le bien, en l'occurrence la Belgique, peut informer le Comité de son souhait de retirer un événement ou élément de la liste. «Cela ne change rien au fait que la discussion aura lieu de toutes façons lors de la réunion du Comité, qui se réunira à Bogota, et à qui la décision finale appartient », indique l'UNESCO au Parisien.

La polémique avait surgi en mars lorsque le maire d'Alost (Aalst en flamand), Christoph D'Haese, avait défendu un char de carnaval représentant des Juifs orthodoxes au nez crochu, entourés de rats et juchés sur des sacs d'argent. La scène avait suscité un tollé de l'UE et d'organisations juives, les autorités locales défendant pour leur part « un rituel de transgression » permettant de rire de tout.

Le carnaval attire à Alost des dizaines de milliers de personnes pendant les trois jours précédant le mercredi des Cendres, une célébration catholique. Christoph D'Haese a expliqué sur des médias locaux avoir décidé le retrait du carnaval de la liste de l'Unesco, en apprenant que l'organisation avait prévu de le faire mi-décembre, après l'échec de discussions pour trouver un accord. « C'est à notre initiative que le Bureau du Comité intergouvernemental a examiné ce point en mars dernier et a condamné les actes puis l'a mis à l'ordre du jour à Bogota », indique de son côté l'UNESCO.

« Sauter avant d'être poussés »


« Les citoyens d'Alost ont souffert d'accusations grotesques, a dénoncé le maire dans un communiqué cité par l'agence Belga. Nous ne sommes ni antisémites ni racistes. Tous ceux qui soutiennent cela le font de mauvaise foi. Alost restera toujours la capitale de la moquerie et de la satire », a-t-il ajouté.

Le carnaval d'Alost était inscrit depuis 2010 sur la liste du patrimoine immatériel de l'Unesco. Les dirigeants d'Alost ont préféré « sauter avant d'être poussés », a commenté dans un communiqué le responsable de l'Association des Juifs d'Europe, basée à Bruxelles.

« Malgré des critiques générales, des représentations clairement grotesques et antisémites […], le maire d'Alost a persisté dans une attitude de défi et de moquerie », a dénoncé le président de l'association, le rabbin Menachem Margolin.


 

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