Lu dans la presse
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Publié le 23 Janvier 2020

France/Antisémitisme - "Au-delà des discours", l’éditorial de Yves Thréard

Soixante-quinze ans après la libération du camp d’Auschwitz, l’heure est au recueillement. les discours officiels tentent de dire l’indicible, d’entretenir la mémoire. Mais, si elles sont à la hauteur de l’horreur du passé, sont-elles à la mesure de la réalité présente?

Publié le 22 janvier dans Le Figaro

Soixante-quinze ans après la libération du camp d’Auschwitz, l’heure est au recueillement. Les rescapés sont de moins en moins nombreux à pouvoir raconter la tragédie de la Shoah. Bien sûr, il reste les discours officiels, comme ceux qui seront entendus ce jeudi. Ils tentent de dire l’indicible, d’entretenir la mémoire, de mettre en garde contre les hoquets de l’histoire. Les paroles sont toujours fortes. Mais, si elles sont à la hauteur de l’horreur du passé, sont-elles à la mesure de la réalité présente?

«L’ombre noire de l’antisémitisme renaît», a lancé Emmanuel Macron depuis Jérusalem. Certes, cet antisémitisme-là n’a pas le visage d’avant-guerre, mais il n’a rien de nouveau en France. Cela fait vingt ans que la haine antijuive se répand dangereusement parmi de jeunes ignorants à l’esprit pollué par l’islamisme galopant.

En 1999, 82 faits antisémites avaient donné lieu à des dépôts de plainte. Leur nombre a explosé depuis, jusqu’à être multiplié par dix. Cette barbarie serait-elle devenue une délinquance ordinaire? Les assassinats du jeune Ilan Halimi, torturé et tué en 2006, des élèves de l’école Ozar Hatorah de Toulouse en 2012, des clients de l’Hyper Cacher en 2015, de Sarah Halimi et Mireille Knoll en 2017 et 2018 ont suscité l’indignation. Mais après?

Où sont les actes quand on refuse de condamner pour antisémitisme un meurtrier hurlant «Allah akbar», sous prétexte qu’il était sous l’empire de la drogue? Quand on tolère la tenue de manifestations antisionistes, au cri de «Mort aux Juifs», comme à Paris et dans sa banlieue, en 2006, 2010 et 2014? Quand on renonce à enseigner l’histoire de la Shoah dans nos écoles? Quand on accepte le port de l’étoile jaune par des femmes revendiquant la liberté d’être voilées?

La confusion est totale. Entretenue et manipulée par l’islamo-gauchisme, au nom de la défense de la diversité et de celle des «opprimés», victimes de la culture judéo-chrétienne. Face à l’antisémitisme, qui menace chaque année un peu plus l’ordre républicain, il est urgent de regarder la réalité, et de réagir.

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