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Tribune
Publié le 5 Juin 2013

La vitrine de Terezin

Par Renaud Machart

                    

L'histoire du camp de Terezin, de son nom tchèque - Theresienstadt, tel que renommé par les nazis - est assez connue. Mais chaque évocation de cette citadelle fortifiée, transformée en camp d'internement juif en 1941, laisse un sentiment glacial que ravivait 39-45 : amour, haine et propagande, un documentaire diffusé vendredi 31 mai 2013, à 22 h 35, par RMC Découverte.

Contrairement aux camps d'extermination (tels Auschwitz-Birkenau et Treblinka), Terezin n'était pas équipé de chambres à gaz : il servait de camp de transit et de ghetto modèle, si l'on ose dire. Les nazis, usant de la propagande la plus cynique, parvinrent, un temps, à le faire passer pour une sorte de havre de paix pour intellectuels et artistes juifs, notamment les musiciens : le compositeur Hans Krasa y fit représenter, avec les moyens du bord, Brundibar, un opéra pour enfants qui connut un vif succès.

 

Mais, ainsi que l'écrit Bruno Giner dans "Survivre et mourir en musique dans les camps nazis" (Berg International, 2011) : "Les enfants qui participaient à la production n'étaient pas épargnés par les convois qui se dirigeaient vers Auschwitz-Birkenau et, de ce fait, de nouveaux enfants devaient apprendre l'oeuvre à leur tour. Il en fut ainsi pendant toute une année jusqu'au convoi du 16 octobre 1944, date fatidique pour Hans Krasa et les derniers enfants de Brundibar."

 

Le camp de Terezin fut l'objet d'un film de propagande, Le Führer donne une ville aux juifs (février 1944), que Kurt Gerron, acteur et metteur en scène qui y était interné, fut contraint de réaliser. Les nazis parvinrent à faire jouer, par ses occupants les plus "présentables", une incroyable parodie de jardin d'Éden - on y voit les "pensionnaires" jardiner gaiement dans un vaste et fertile potager, alors que des milliers de prisonniers moururent de faim à Terezin. Les hommes jouent au football, de jolies jeunes femmes devisent aux fenêtres tandis que les enfants jouent dans un square où on leur sert un goûter.

 

La Croix-Rouge voulut y regarder de plus près, mais ne trouva rien à redire à ce que les nazis voulurent bien montrer. Les inspecteurs repartis, les "acteurs" et leur metteur en scène furent convoyés puis gazés à Auschwitz.

 

Terezin n'était qu'un des sujets abordés par le documentaire de RMC Découverte - d'où le sentiment d'un trop rapide survol du sujet.

 

On peut compléter l'information sur cette histoire terrible en regardant, sur YouTube, divers documentaires (anglophones), ou en attendant la sortie du film de Claude Lanzmann, Le Dernier des injustes, en octobre, qui revient sur le cas controversé de Benjamin Murmelstein, dernier président du Conseil juif du ghetto de Terezin, qui avait contribué à l'"embellissement" de celui-ci lors de la visite de la Croix-Rouge.

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