Tribune
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Publié le 24 Janvier 2013

Pourquoi il faut remplacer Abbas

 

Par Efraim Inbar pour l’édition du Jérusalem Post du 23 janvier 2013.

 

En refusant de venir en aide aux réfugiés palestiniens de Syrie, Abbas prouve une fois de plus son refus de parvenir à la paix.

 

Selon un article peu remarqué, publié par l’agence de presse Reuters le 10 janvier, Mahmoud Abbas aurait rejeté une belle offre de la part d’Israël : laisser les réfugiés palestiniens d’une Syrie déchirée par la guerre se réinstaller en Judée-Samarie et à Gaza. Ce qui, selon le leader de l’Autorité palestinienne, reviendrait à compromettre leur « droit au retour » dans les maisons perdues en Israël, pendant la guerre de 1948.

 

D’après la publication, Israël aurait autorisé les descendants des réfugiés à se réinstaller dans la bande de Gaza et en Judée-Samarie, mais à une condition : qu’ils signent une déclaration renonçant à un droit au retour en Israël.

 

Condition rejetée par qui a décrété : « Qu’ils meurent en Syrie plutôt que de renoncer à leur droit au retour ».

 

Ce n’est pas nouveau. Par le passé, les Palestiniens ont rejeté d’autres tentatives d’alléger les conditions de vie de leurs réfugiés. Car ils préfèrent les garder, eux, et des millions de leurs descendants, comme atout politique. Par ailleurs, les réfugiés constituent une composante importante de leur sempiternelle image, forgée par leurs soins, de victimes et de martyrs.

 

Ainsi, au lieu d’aider son peuple en détresse, Abbas, dans la meilleure tradition palestinienne, préfère se cramponner au droit au retour – une requête qu’aucun gouvernement israélien n’acceptera jamais. Même la majorité de la communauté internationale rejette cette demande palestinienne, comprenant bien le large consensus de la société israélienne, opposée à un afflux massif de Palestiniens susceptibles de détruire son caractère juif.

 

Les Palestiniens ont donc manqué une autre occasion de démontrer qu’ils étaient capables d’adopter un comportement constructif en faveur de leur peuple. Évitant comme à l’accoutumée une politique pragmatique, ils choisissent une fois de plus des positions radicales, qui ne font que perdurer leur souffrance sur une voie jalonnée d’obstacles à la paix.

 

On ne plaisante pas avec le droit au retour

 

Abbas, le « modéré», a récemment fourni une autre démonstration d’un tel choix typique palestinien, lorsqu’il s’est adressé à ses compatriotes le 4 janvier dernier, évitant de mentionner la formule « terre contre paix », ou encore la création d’un État palestinien aux côtés d’Israël, qui pourrait mettre un terme au conflit et aux souffrances de son peuple.

 

Il ne semble pas préparer les siens à la nécessité de faire des concessions au nom de la paix. Au lieu de cela, il insiste sur la nécessité pérenne d’emprunter la voie de la lutte, pour réaliser « le rêve du retour » des réfugiés palestiniens et de leurs descendants.

 

Une seule explication à ce comportement : le mouvement national palestinien ne plaisante pas avec le droit au retour.

 

Ignorer le comportement et la rhétorique des Palestiniens, ou dénigrer leur importance n’est qu’une politique de l’autruche. Malheureusement, dans l’ADN du mouvement national palestinien est inscrite la demande irréelle de ce droit au retour. Il faudrait des générations pour recodifier ce comportement génétique et y introduire un peu de pragmatisme.

 

Car personne ne renonce facilement à ses rêves.

 

C’est pourquoi Abbas a rencontré Khaled Mashaal, le chef du Hamas, au Caire, le 10 janvier. En dépit de leurs différences idéologiques fondamentales, ils partagent le même idéal – la destruction de l’État juif. Les deux leaders, malgré leurs nombreux différends, seraient ainsi prêts trouver un moyen de coopérer pour parvenir à leur objectif suprême, même si cela devait signer la fin de leur espoir de créer leur propre État. Une des raisons pour lesquelles Abbas persiste à ne pas reconnaître Israël comme un État juif et à nier tout lien des Juifs avec leur patrie ancestrale.

 

Il encourage au contraire, par ses actes, la lutte armée contre Israël, même si celle-ci sape les efforts de l’Autorité palestinienne pour établir un État. Pour preuve : les défilés qu’il a tolérés, fin décembre 2012, de membres armés des Brigades des martyrs d’al-Aqsa, la milice du Fatah, en l’honneur de l’anniversaire de la fondation du mouvement.

 

En fermant les yeux devant la résurgence des groupes armés dans la société palestinienne, Abbas érode la principale réalisation de l’AP ces dernières années – la restauration de la loi et de l’ordre public suite au démantèlement des milices.

 

Car ces groupes armés palestiniens pourraient être tentés de se livrer à de violents affrontements avec Israël, qui s’avéreront alors désastreux pour l’autodétermination de leur peuple et ses chances de vivre en paix. Grand promoteur de non-violence sur la scène internationale, Abbas incite à la lutte, dans l’espoir évident qu’une troisième Intifada apporte de meilleurs résultats que la seconde.

 

Certes, il avait bien sûr promis négociations et modération après l’obtention pour l’AP du statut de pays observateur par l’Assemblée générale des Nations unies en novembre 2012. Mais au lieu de cela, nous assistons à une rhétorique provocatrice et irresponsable, et à une politique autodestructrice.

 

Les Palestiniens, comme la plupart des pays arabes, ont un besoin urgent de leadership politique, qui seul saura les sauver d’un comportement pathologique et irresponsable.

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