Richard Prasquier

Ancien Président du CRIF

Le billet de Richard Prasquier - Les liaisons incongrues de l'antisionisme

15 September 2023 | 153 vue(s)
Catégorie(s) :
Israël

Alors que le Fatah et le Hamas tentent une énième poignée de main historique, la diplomatie israélienne y répond par un silence qui mérite une attention particulière.

 

 

"Le terrorisme et l'antisémitisme ont marqué cette année passée"

Pour #Jerusalem partagez & faites entendre l’Histoire !

Itinéraire de Paris à Jérusalem est un récit de voyage de François-René de Chateaubriand publié en 1811. Il relate un voyage effectué de juillet 1806 à juin 1807.
Il est divisé en sept parties : la 5eme est  consacrée à Jérusalem

Comme chaque année, l'association ASI/Keren Or que je préside, distribue des lunettes de vue en Israël aux plus démunis. Cette année l'opération s'est déroulée dans la ville de LOD.

Réflexion d’un professeur d’histoire-géographie sur l’abstention de la France au vote de la résolution adoptée par le comité du patrimoine mondial de l’Unesco niant tous liens entre les Juifs et les lieux saints de Jérusalem.

Vendredi 21 octobre j'étais l'invité témoin du journal de Radio J peu après le vote abérrant à l'Unesco d'une résolution sur Jérusalem

FOR JERUSALEM NO VOICE MUST MISS
FOR JERUSALEM NONE OF US CAN REMAIN SILENT

POUR JERUSALEM PAS UNE VOIX NE DOIT MANQUER
POUR JERUSALEM AUCUN D’ENTRE NOUS NE PEUT SE TAIRE
 

 

Le boycott des produits israéliens (nous) glace le sang.

Un ouvrage sympathique et émouvant à découvrir.

Une grande passion pour Israël et pour le peuple juif.

I was interviewed in English and French, on EJP , Tuesday, May 31, 2016.

J'ai été interviewé, en anglais et en français, sur EJP, mardi 31 mai 2016.

Pages

Opinion

À l’heure de la réconciliation Jérusalem-Ankara, retour sur l’histoire des Juifs de Turquie.

Pages

Je voudrais, en préambule à cette chronique, rendre hommage au militant exceptionnel que fut Sammy Ghozlan, qui vient de nous quitter et qui a fédéré autour de lui des hommes et des femmes qui sont un soutien inappréciable pour les victimes d’agressions antisémites. Lorsque j’étais Président du Crif, nous avons eu des désaccords, mais nous en avons toujours traité dans une ambiance de respect. Nos origines respectives, lui Constantine et moi la mer Baltique, nous imposaient de profiter de nos différences en amitié. En juillet, j’ai lu qu’un décérébré, chauffeur de foules connu au Likoud, avait hurlé que six millions d’ashkénazes tués, ce n’était pas assez et  j’avais pensé à la réaction de dégoût qu’avait probablement ressentie Sammy Ghozlan en l’apprenant. זיכרונו לברכה

 

Dans cette dernière chronique de l’année, c’est un dégoût de même type que je veux exprimer, et il est indirectement, très indirectement, lié à Roch Hachana. Benyamin Netanyahu a mis en garde sur les risques d’un pèlerinage ces jours-ci à Ouman sur la tombe de Rabbi Nahman de Bratslav et il a ajouté : « Dieu n’a pas toujours protégé les Juifs sur le sol européen et sur le sol ukrainien en particulier ». Ce qui est malheureusement historiquement indiscutable…

Que n’avait-il pas dit ! 

Il fut accusé d’idolâtrie du pouvoir (il y est habitué), d’ignorance (il l’est moins) et enfin de sacrilège et d’hérésie (ce qui doit être une première). La charge la plus dure est venue d’un député de Yahadout Hatora, le parti haredi. Pas n’importe quel député : il est vice-Président de la Knesset et Président de commission, il s’appelle Israël Eichler et s’était distingué dans le passé en traitant les Juifs non orthodoxes de retardés mentaux.

Mais le plus grave, c’est la suite de son discours. « Ce sont les sionistes qui sont responsables des souffrances des Juifs pendant la Shoah… » et, en s’adressant au Premier Ministre : « Taisez-vous au lieu de blâmer le Dieu d’Israël pour vos échecs et vos crimes ».

Je rappelle que son parti appartient à une coalition si sioniste que certains de ses membres voudraient imposer une déclaration de loyauté à l’État d’Israël pour autoriser le vote et que Yahadout Hatora demande une exemption de service militaire pour tous  les étudiants de yechivot, exemption logique si on pense que ces étudiants sont les vrais et seuls défenseurs de la sécurité du pays, exemption scandaleuse pour ceux qui ne le pensent pas.

La présentation du sionisme comme responsable de la Shoah évoque de curieux parallèles. C’est celle des antisionistes les plus virulents, comme Ken Livingstone, l’ancien Maire de Londres. Et c’est aussi le discours d’un multirécidiviste, le Président Mahmoud Abbas. 

Après avoir déclaré l’an dernier, devant un chancelier allemand stupéfait mais passif, que les Israéliens réalisaient en Palestine 50 holocaustes, il vient d’étoffer son discours : les nazis ont bien tué des Juifs en Europe, mais parce que ceux-ci se conduisaient mal, et pas par antisémitisme, puisque ces Juifs n’étaient pas des sémites. Un clin d’œil ici à Shlomo Sand, qui a ressuscité une théorie des Khazars sources des populations juives d’Europe centrale dont les spécialistes de génétique des populations s’accordent aujourd’hui à dire qu’elle repose sur du vent.

Mais au-delà, dans sa thèse de 1982, Mahmoud Abbas reprenait exactement les mêmes accusations que Israël Eichler aujourd’hui : non seulement les sionistes n’ont pas aidé les Juifs d’Europe mais ils en ont même favorisé la suppression (dont à l’époque il minimisait considérablement les chiffres). Leur idéologie était analogue à celle des nazis ; ils voulaient commercer avec eux, se débarrasser de ceux qu’ils considéraient comme des bouches inutiles à la construction de leur état, et pouvoir ensuite se poser en victimes…

N’en jetez plus…

L’Université qui a accordé le titre de Docteur à Mahmoud Abbas pour son brillant travail était l’Institut des Études Orientales de l’URSS, une émanation du KGB, dont il était alors un agent stipendié. Après la déculottée des alliés arabes de l’URSS pendant la guerre des Six Jours, le KGB avait été chargé d’expliquer scientifiquement la nature maléfique du sionisme. Il fit son travail dans la lignée des Protocoles des Sages de Sion et produisit des textes consacrés aux similitudes entre sionisme et nazisme. C’était aussi peut-être un moyen de faire oublier l’alliance germano-soviétique du début de la guerre. Cette propagande archi grossière a été malheureusement archi-efficace.

Dans un assemblage de citations pseudo-scientifiques, trafiquées et décontextualisées, Mahmoud Abbas n’avait plus qu’à se servir. Aujourd’hui, il n’est finalement sorti de sa thèse que pour en aggraver les mensonges. Sa prétendue hostilité à l’antisémitisme est à mettre au regard de sa définition personnelle du sémitisme. Elle est aussi crédible que celle du rappeur Médine et des autres islamistes.

Tous se retrouvent dans la même diffamation du sionisme que l’ultra-gauche et les haredim dans un attelage baroque et déprimant.

Dans le mouvement haredi on croyait que des déclarations antisionistes aussi violentes étaient le fait de marginaux du Netourei Karta ou de certaines branches du Satmar, tels ceux qui sont allés à Téhéran vomir sur Israël auprès de Ahmadinejad. Mais là, il s’agit d’un député israélien, provenant de la hassidout de Belz, un mouvement hassidique en expansion et réputé être parmi   les plus progressistes.

 

En Israël aujourd’hui, un clivage en cache d’autres, à l’intérieur de la coalition actuelle comme dans la coalition précédente, bien que ces clivages ne soient pas les mêmes. 

Raison de plus de ne pas faire dépendre les bases de la société sur des majorités de rencontre disparates sans qu’existe un vrai socle constitutionnel largement accepté.

Ce socle ne peut pas, ne doit pas être théocratique, ce qui ne signifie pas qu’il doive expurger les valeurs du judaïsme.

Un espoir pour la nouvelle année…

Chana tova

 

Richard Prasquier, Président d’honneur du Crif

 

- Les opinions exprimées dans les billets de blog n'engagent que leurs auteurs -