La Chronique (pas très casher) de Raphaëla - Laissez-nous sortir (d'Egypte) !"

25 Mars 2021 | 329 vue(s)
Catégorie(s) :
France

Le 4 février 2018, le Crif et les Amis du Crif ont organisé un voyage de mémoire dans les camps d’Auschwitz-Birkenau. Près de 200 personnes ont participé à cette journée exceptionnelle, qui a marqué les mémoires de chacun. Une délégation d’élus et de personnalités publiques m'a également accompagné. Nous avons aussi eu l'honneur d'être accompagnés par Ginette Kolinka, réscapée d'Auschwitz.

En fin de journée, nous avons tenu une courte cérémonie d'hommages ponctuée de plusieurs discours et de prières animées par le Rabbin Moché Lewin. En conclusion de cette intense journée, le Shofar a resonné au milieu du silence etourdissant de l'immense complexe de Birkenau.

Depuis quelques semaines, le texte épistolaire de Sholem Aleichem a investi la petite – mais non moins prestigieuse – scène du Théâtre de la Huchette, à Paris.

Hier, je me suis exprimé sur la récente vague d'antisémitisme qui secoue la France. J'ai demandé à l'ensemble de la communauté nationale de faire front contre la haine antisémite. J'ai également rappelé l'importance pour la justice française d'appliquer des peines suffisamment lourdes pour être dissuasives.

De ce 9 janvier 2015, nous voulons retenir une autre image, cette belle image. Celle de Lassana Bathily.

Lundi 20 novembre, j'ai rencontré le Président français Emmanuel Macron à Paris, accompagné d'une délégation du Congrès Juif Européen (EJC).

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Actualité

Depuis plusieurs années, le cinéma international ne cesse de plébisciter les cinéastes iraniens. Asghar Farhadi en est l’exemple même. Cependant, certains réalisateurs n’ont pas la chance d’être autant ovationnés.

Pour leur cinéma engagé, frontal et dénonciateur du pouvoir politique et du régime iranien, grand nombre de réalisateurs iraniens ont été, pour les plus chanceux, contraint à l’exil, tandis que d’autres en détention, subissent le triste sort réservé aux prisonniers iraniens.

Dimanche 13 janvier 2019, le Crif a organisé un voyage de mémoire à Auschwitz-Birkenau. Ensemble, au cours de cette journée, nous avons honoré le devoir de mémoire qui nous incombe et sommes devenus les témoins des témoins.

L'historien Laurent Joly publie un nouvel éclairage sur la collaboration de la France occupée à la déportation des juifs. Une œuvre magistrale.

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Opinion

Découvrez ma lecture du livre de Ginette Kolinka, "Retour à Birkenau".

Bienvenue sur le blog La Chronique (pas tès casher) de Raphaela ! Sur ce blog, Raphaela vous propose ses billets d'humeur sur tout ce qui l'entoure, l'émeut, la touche, la fait rire et la révolte. Et elle a des choses à vous dire...

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Bienvenue sur le blog La Chronique (pas tès casher) de Raphaëla ! Sur ce blog, Raphaëla vous propose ses billets d'humeur sur tout ce qui l'entoure, l'émeut, la touche, la fait rire et la révolte. Et elle a des choses à vous dire...

Laissez-nous sortir (d'Egypte) !"

C’est reparti.

Un an après la sortie du désert la plus mobile de nos vies, la fête préférée des constipés est de retour. Au programme, pain azyme et herbes amères… Avouez que c’est vendeur ! Comme si cette année n’avait pas déjà été assez fade...

De toute façon, vous n’avez toujours pas récupéré ni le goût ni l’odorat, et c’est tant mieux parce que le premier seder aura lieu chez Tatie Michelle qui cuisine aussi bien que je parle Ivrit - c’est-à-dire très mal. Enfin ça, c’est si vous parvenez à vous rendre chez Tatie Michelle ! Car avant de pouvoir sortir d’Égypte, il va déjà falloir sortir de chez soi sans se prendre une amende. Cette année encore, rejoindre sa terre promise pourrait s’avérer beaucoup plus compliqué que prévu, surtout si on me confirme que « manger des boulettes » ne constitue pas un motif de déplacement impérieux.

En tout cas, streimel au gouvernement en ce qui concerne les règles du jeu ! Rien à dire, nos érudits n’ont pas fait mieux en rédigeant les règles de casherout. Jusqu’à présent on était déjà entre le Jumanji et Fort Boyard mais là, je dois avouer que la carte « tu ne sortiras pas de chez toi le week-end » à quelques jours de Pessah, je ne l’avais pas vu venir. On frôle l’antisémitisme…

Mais ,c’est bien connu, nous les juifs, nous adorons les bonnes blagues et on va s’adapter. De toute manière, il est hors de question pour moi de repasser par la folie du seder en Zoom - qui d’ailleurs constitue sûrement la plaie la plus redoutable que nous avons eu à affronter cette année.

En attendant de trouver une bonne excuse pour le jour J, je me replonge dans Le Judaïsme pour les nuls histoire de me rafraîchir la mémoire.

 

"Je ne prends plus l’avion, je ne vais plus en boîte de nuit ou au musée et je me prends une amende quand je sors de chez moi à 19h12. Pour la liberté retrouvée, on repassera."

 

Première étape de préparation à cette semaine sans miettes, se débarrasser du hamets. J’en profite pour glisser un message d’avertissement à nos ami.e.s non-juifs. Si votre voisin Schlomo (allons-y les clichés) essaye de vous vendre un paquet de Pepito entamé qu’il jure de vous racheter la semaine prochaine, pas de panique, tout est normal ! En poussant les recherches un peu plus loin, je découvre également une liste fort intéressante des produits non autorisés pendant la fête. Parmi eux, la nourriture pour animaux ! Je me demande si cette liste s’adresse aux Loubavitch qui mangent du Whiskas, ou au chat du rabbin...

Je reprends ensuite ma lecture avec le déroulé du Seder et j’arrive très vite au moment crucial des questions posées par les quatre enfants. D’ailleurs, vous noterez qu’il s’agit de quatre garçons. Pas très 2021, mais passons. Moi, je choisis d’ores et déjà de me mettre dans la peau de l’enfant relou. Vous savez, celui qui pourrait être le gosse de Jean Castex. Et je m’imagine les questions que je pourrais poser samedi soir. Par exemple, as-t-on vraiment le droit d’être quatorze autour de la table de Tatie Michelle ? Ou encore… Papa, à partir de quel âge peut-on considérer que tu es une personne vulnérable ?

Je me rappelle ensuite du gros point positif de la soirée de Pessah : les quatre coupes de vin pour, je cite, « la liberté retrouvée » ... Je ne prends plus l’avion, je ne vais plus en boîte de nuit ou au musée et je me prends une amende quand je sors de chez moi à 19h12. Pour la liberté retrouvée, on repassera.

En finissant ce rapide aperçu de la Haggadah, je me dis que finalement, Pessah, qu’est-ce que c’est si ce n’est un Pharaon qui se prend pour Jupiter et force des gens beaucoup plus nombreux que lui - mais qui ne se rebellent pas des masses - à bosser du matin au soir, sans jamais avoir le droit de se détendre..? Alors, loin de moi l’envie de jouer les Moïse mais, s’il-te-plaît Manu, laisse sortir notre peuple !

La question que je me pose c’est, même si nous arrivons un jour à sortir de cet Égypte qu’est le Corona, retiendrons-nous les erreurs du passé ? Et nous les juifs, prendrons-nous cette fois le temps de faire cuire notre pain ?