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Publié le 12 Décembre 2018

Actu - Un antisémitisme persistant au sein de l'Union européenne (FRA)

Discours de haine antisémite, harcèlement et crainte d’être reconnu en tant que juif : voici quelques-unes des réalités affrontées par les personnes juives de l’UE aujourd’hui. L'Agence des droits fondamentaux de l'Union européenne (FRA) a réalisé la plus vaste enquête de ce type jamais proposée dans le monde sur ce sujet.
Aujourd'hui, à l'occasion de la Journée des Droits de l'Homme, la Commission européenne présente une nouvelle enquête de l'Agence des droits fondamentaux de l'Union européenne qui révèle que 9 Juifs européens sur 10 estiment que l'antisémitisme a augmenté au cours des cinq dernières années.
 
La Commission européenne a chargé l'Agence des droits fondamentaux de l'Union européenne (FRA) de mener une enquête sur les expériences de la communauté juive avec l'antisémitisme. Avec plus de 16 300 personnes interrogées dans les 12 pays (Autriche, Belgique, Danemark, France, Allemagne, Hongrie, Italie, Pays-Bas, Pologne, Espagne, Suède et Royaume-Uni), qui abrite 96% des Juifs européens, il s'agit de la plus grande enquête jamais réalisée. de son type.
 
Les résultats de la dernière enquête de l’Agence européenne des droits fondamentaux sur l’antisémitisme sont particulièrement inquiétants :  85% des Juifs européens considèrent que l’antisémitisme est le plus gros problème social ou politique dans leur pays d’origine. 
 
D'autres chiffres, parmi d'autres, montrent que l'antisémitisme est omniprésent et a un impact sur la vie quotidienne des juifs européens dans l'ensemble de l'UE :
89% des Juifs pensent que l'antisémitisme est le plus problématique sur Internet et sur les médias sociaux ;
28% des répondants ont été harcelés au moins une fois au cours de la dernière année ;
79% des Juifs qui ont subi un harcèlement antisémite au cours des cinq dernières années ne l'ont pas signalé à la police ou à une autre organisation ;
34% évitent de se rendre à des événements ou des sites juifs parce qu'ils ne se sentent pas en sécurité ;
38% ont envisagé d'émigrer parce qu'ils ne se sentaient pas en sécurité en tant que Juifs en Europe ;
70% considèrent que les efforts des États membres pour lutter contre l'antisémitisme ne sont pas efficaces.

« Plusieurs décennies après la Shoah, l’UE reste rongée par des niveaux choquants et croissants d’antisémitisme », déclare Michael O’Flaherty, directeur de la FRA. « Les États membres doivent en prendre note et intensifier leurs efforts pour prévenir et combattre l’antisémitisme. Les personnes juives ont le droit de vivre librement, sans haine et sans crainte pour leur sécurité. »

Ces résultats attirent l’attention sur l’augmentation du niveau d’antisémitisme. Environ 90 % des sondés estiment que l’antisémitisme est en expansion dans leur pays. Environ 90 % également pensent que ceci est particulièrement problématique en ligne, tandis que 70 % environ citent les espaces publics, les médias et la politique comme sources les plus courantes d’antisémitisme.

Près de 30 % d’entre eux ont été harcelés, ceux qui sont visiblement juifs étant les plus touchés.

L’antisémitisme semble être si profondément enraciné dans la société que le harcèlement régulier fait désormais partie intégrante de leur vie quotidienne. Près de 80 % des des sondés ne signalent pas les incidents graves à la police ni à un autre organisme, parce qu’ils pensent souvent que cela ne changerait rien.

Plus d’un tiers d’entre eux évitent de prendre part à des manifestations juives ou de visiter des sites juifs parce qu’ils craignent pour leur sécurité. Une proportion identique a même envisagé d’émigrer.

Ces résultats soulignent la nécessité pour les États membres de prendre des mesures urgentes et immédiates. Ce faisant, ils doivent œuvrer conjointement et étroitement avec un large éventail de parties prenantes, en particulier les communautés juives et les organisations de la société civile, afin de déployer des mesures plus efficaces pour prévenir et lutter contre l’antisémitisme.

Ces mesures consistent notamment à renforcer les activités d’éducation et de sensibilisation au sujet de la Shoah, à assurer la sécurité des communautés et des sites juifs, et à surveiller régulièrement les crimes de haine à l’égard des juifs. Des enquêtes régulières sur la victimisation contribueraient à évaluer l’efficacité des lois et des politiques.

De plus, tous les États membres devraient transposer intégralement et correctement la législation de l’UE pour protéger les victimes et lutter contre le racisme dans leur droit national. Cela permettrait de faire en sorte que les victimes obtiennent le soutien qu’elles devraient recevoir et que les auteurs des faits soient condamnés à des sanctions pénales effectives, proportionnées et dissuasives. De telles mesures inciteraient à leur tour les victimes et les témoins à s’exprimer et encourageraient le signalement des incidents et le dépôt de plainte.

Les résultats couvrent 12 États membres dans lesquels vivent plus de 96 % de la population juive estimée de l’UE. Plus de 16 000 personnes juives âgés de 16 ans ou plus ont participé à l’enquête en ligne de mai à juin 2018. Cette dernière s’appuie sur les résultats et les avis de la première enquête publiée en 2013.

Note aux éditeurs : ce rapport intervient après que CNN a publié son propre sondage(link is external), soulignant que « les stéréotypes antisémites sont bien vivants en Europe, alors que le souvenir de l’Holocauste commence à s’estomper ».

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