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Publié le 14 Février 2014

Éthique et imagerie médicale, par Francis Weill (*)

Le docteur Francis Weill représente depuis de longues années le CRIF à Besançon. Nous avons déjà dit, ici même, notre admiration devant l'intensité de la production livresque de cet auteur dont les ouvrages sont aussi divers qu'intéressants. Le dernier en date, tout en étant centré sur l'expérience professionnelle de l'auteur, ne manque pas d'aborder la vision juive du sujet. Quoi de plus normal pour quelqu'un qui, en 2006, a offert au public une anthologie sur « L'éthique juive » (1).

Ancien interne et assistant des hôpitaux de Strasbourg, Francis Weill, a été professeur d'imagerie médicale et chef de service à la faculté de médecine de Besançon. Pionnier de l'échographie abdominale, il a présidé la fédération mondiale des sociétés appliquant les ultrasons à la médecine et à la biologie. Ayant exercé pendant une période relativement longue, Francis Weill a eu le privilège de voir la médecine passer de la radiologie balbutiante du célèbre professeur Roentgen à l'imagerie médicale moderne avec l'échographie, la scanographie ou encore la résonance magnétique nucléaire. Et c'est loin d'être fini. Les étudiants d'aujourd'hui, futurs médecins, auront à leur disposition, le moment venu, des outils dont on ne peut encore pas imaginer la supériorité par rapport à ceux, magnifiques pourtant, dont nous disposons.

Si l'on parle d'éthique en médecine en général et en imagerie médicale en particulier, c'est que, pour le praticien, l'homme, le patient, est au centre de sa démarche.

L'ouvrage, au demeurant assez technique est rendu plus accessible à un lectorat non spécialiste grâce aux nombreuses anecdotes qui émaillent agréablement le récit. Des développements  et des réflexions intéressants sont consacrés à la question du port de signes religieux comme le voile à l'hôpital ou encore à celle de l'implication des religieuses chrétiennes dans le monde hospitalier, du danger qu'a longtemps représenté l'irradiation ou de l'incidence sur le fonctionnement des hôpitaux de l'introduction des trente-cinq heures. Sans oublier l'expérimentation animale, nécessaire, certes, mais qui conduit parfois à certains abus que l'auteur dénonce, le plagiat pour ce qui est des communications médicales, la questions des honoraires avec en corollaire celle des dépassements et celle de la dichotomie et, last but not least, le délicat problème posé par la corruption et les relations, parfois troubles, avec les fournisseurs.

Enfin, le docteur Weill prend régulièrement à témoin les textes sacrés du judaïsme appelant à la rescousse, dans ses démonstrations, Rabbi Hiya bar Aba, Rabbi Yohanan, Hillel l'Ancien, le prophète Isaïe voire l'Ecclésisaste.

Un aphorisme cher à Francis Weill peut résumer sa pensée : « Le malade a toujours raison ». Entendez le malade raisonnable, pas l'hypocondriaque, bien entendu.

Un ouvrage intéressant et original.

 

Jean-Pierre Allali

 

Notes:

(*) Éditions L'Harmattan. Décembre 2013. 156 pages. 16 euros.

(1) « L'éthique juive en dix paroles. Une anthologie. Un choulran arouk de l'éthique ». Éditions MJR, Genève.Notes:

CRIF

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