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Publié le 17 Mai 2013

"Alias Caracalla", la Résistance à dimension humaine

 

Par François-Guillaume Lorrain

                                                   

Le téléfilm réalisé d'après le livre de Daniel Cordier, diffusé les 25 et 26 mai sur France 3, échappe à tous les écueils de la fiction historique. Le Point publie des extraits en exclusivité.

 

Avant de découvrir l'adaptation de son texte, Alias Caracalla, Daniel Cordier voulait enlever son nom du générique. Puis il a vu le téléfilm réalisé par Alain Tasma et il a pleuré. Parce qu'il est émotif. Parce qu'aussi ce téléfilm sonne juste. Ces entreprises du petit écran qui s'attaquent à la grande histoire se fracassent souvent contre l'écueil suivant : les acteurs sont écrasés par leurs personnages, le costume est trop large, ils se regardent en train d'écrire l'histoire. À ce défaut rédhibitoire, Alias Caracalla échappe pour plusieurs raisons. 

 

Mythe dégonflé

 

D'abord parce qu'on entre dans la grande histoire par un de ses sympathiques quidams. Dans le premier épisode, on voit ce jeune maurassien antisémite se jeter le 17 juin 1940 à corps perdu dans l'aventure d'une France libre restituée sans tambour ni trompette : il est encore un nobody de Londres, et on a le temps de s'attacher à cet anonyme qu'on voit grandir, muer, puis il est parachuté à Lyon, où Jean Moulin, sans prévenir, le choisit pour secrétaire.

 

Ensuite, et ça, c'est l'avantage avec Cordier, parce que le mythe de la Résistance est dégonflé. Cela vaut surtout pour le second épisode (42-43) : place à l'ordinaire, au boulot, au train-train. À chaque jour sa peine et ses tracas. Pas le temps de faire de grandes phrases. Des faits, des frictions - Moulin contre les chefs de Combat, de Libération et de Franc-Tireur - et des détails. À filmer ainsi in medias res, Tasma finit par restituer la dimension très humaine de Moulin et de cette aventure.

 

Casting épatant

 

Tout cela serait resté lettre morte sans les acteurs, tous épatants : Éric Caravaca (Jean Moulin), Nicolas Marié (Georges Bidault), Jean-Michel Fête (Henri Frenay), Louis-Do de Lencquesaing (Emmanuel d'Astier de la Vigerie), Laurent Stocker (Pierre Brossolette), Grégory Gadebois (Yvon Morandat). Mention particulière à Jules Sadoughi (Cordier), élève de 17 ans de l'École du cirque, qui porte le film sur ses épaules. Si les petits cochons ne le mangent pas, il deviendra un grand.

 

La jeunesse aurait donc tout intérêt à regarder ce diptyque. Elle apprendra beaucoup. En face, samedi, il y aura la finale de la Ligue des champions entre les deux clubs allemands. Moulin ou Dortmund-Munich. La télé aussi est une question de choix.

 

Diffusion les 25 et 26 mai à 20 h 45 sur France 3. Plus d'informations sur la genèse du téléfilm sur le site dédié.

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