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Publié le 26 Décembre 2014

Philosophie de la Shoah, par Didier Durmarque (*)

Une recension de Jean-Pierre Allali

Les ouvrages à caractère philosophique sont en général d'une lecture délicate et souvent accessible aux seuls spécialistes. Le livre de Didier Durmarque n'échappe pas à cette spécificité et, pour ne pas être trop volumineux, il n'en est pas moins ardu.

Comme le dit l'auteur, en préambule, « il semble incongru de solliciter le concept pour penser l'impensable génocide ». Pourtant, malgré cette hésitation, et bien, comme il le reconnaît dans sa préface, « on pourra également s'étonner, voire s'indigner du titre Philosophie de la Shoah qui constitue ipso facto une contradiction dans les termes », Didier Durmarque se lance dans son entreprise et, considérant que « la Shoah, pensée comme problème, constitue à la fois une castration et un fondement, le point pivot, à la fois résistance et mouvement, d'une métaphysique moderne », il annonce l'objet de son propos : « Montrer pourquoi la Shoah comme problème impose de repenser l'être de l'homme, l'idée même d'un sens de l'existence, la relation de l'homme à la transcendance, ainsi que son immanence première qu'est le langage ». Le ton est donné. Appelant tour à tour à la barre Primo Levi et Imre Kertész, Raul Hilberg et Claude Lanzmann, Adorno et Agamben, Levinas et Améry et bien d'autres encore, Didier Durmarque traite successivement de « La Shoah comme problème », de « La Shoah comme castration et fondement, de « La Shoah comme anthropologie et philosophie de l'existence », de la « Métaphysique de la Shoah », de l' « Esthétique de la Shoah » et de la « Déconstruction des stéréotypes ». Le dernier chapitre s'intitule : « La Shoah comme désintégration du logos et réinvestissement de la question juive ».

L'ouvrage est parsemé, semé même, de citations dont l'auteur reconnaît qu'elles sont parfois aussi longues que nécessaires. Quant aux notes, très nombreuses elles aussi, Didier Durmarque estime que « le lecteur pressé et avisé pourra sauter les notes de bas de page qui permettront un approfondissement et un développement de ce qui est évoqué ici ».

Tout compte fait fait, estime l'auteur au bout de sa réflexion, Philosophie et Shoah ne sont pas en contradiction dans les termes, mais constituent même un pléonasme.

Une lecture ardue, donc, mais très intéressante.

Note :

(*) Éditions L'Âge d'Homme. Septembre 2014. 168 pages. 12 euros.

CRIF

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