Blog du Crif - Le jour où Serge Gainsbourg a porté l'étoile jaune

08 Juin 2020 | 913 vue(s)
Catégorie(s) :
France

Bienvenue sur le blog La Chronique (pas tès casher) de Raphaela ! Sur ce blog, Raphaela vous propose ses billets d'humeur sur tout ce qui l'entoure, l'émeut, la touche, la fait rire et la révolte. Et elle a des choses à vous dire...

Le 34ème Dîner du Crif a eu lieu mercredi 20 février 2019

Pages

Antisémitisme

J'ai été interviewé, en anglais et en français, sur EJP, mardi 31 mai 2016.

Suite à mon élection à la Présidence du Crif, j'ai répondu aux questions de Paul Amar, sur tous les sujets de préoccupations des Juifs de France.

J'ai été interviewé par Marc-Olivier Fogiel et Eléanor Douet, sur RTL, lundi 30 mai 2016, à la suite de mon élection à la Présidence du Crif.

Prix Nobel de littérature en 2002, l'écrivain hongrois Imre Kertèsz est mort à Budapest le 31 mars 2016. Son dernier livre, "L'ultime auberge" a reçu, le 22 mai 2016, le Prix Spécial du Jury 2016 du Salon du Livre de la Licra-Paris

A l'occasion de l'assemblée générale du Crif réunie le 29 mai 2016, j'ai prononcé mon discours de candidature.

Portrait de Jean Pierre Allali
LECTURES
|
24 Mai 2016
Catégorie : France, Antisémitisme

Malka Marcovich et Jean-Marie Dubois publient un ouvrage original sur un thème peu exploré jusqu'ici:la contribution de la société des transports parisiens à l'organisation de la déportation des Juifs de France aux heures sombres de l'Occupation nazie

Lors du 9ème Salon du Livre de la Licra, deux écrivains ont reçu un prix

Là-bas, la crainte d'une menace russe est la principale raison qui exacerbe les passions identitaires.

 
Lors d’une allocution devant le Conseil de sécurité, Rafael Ramirez, représentant du Venezuela auprès des Nations-Unies, a lancé… « Qu’est-ce qu’Israël a l’intention de faire avec les Palestiniens ? Vont-ils disparaître ? Est-ce qu’Israël cherche à imposer une Solution finale sur les Palestiniens ? » 
 

Décryptage.

 

Deux historiens français l’ont fait et publient ce mois d’avril en collection Que Sais-je Les 100 mots de la Shoah.

"La Place de la République ne vous appartient pas".

Dimanche dernier, des militants du Collectif Anti Boycott se sont rendu face à une manifestation BDS.

Quel est donc ce mouvement qui s'est vu offrir une tribune hier au journal télévisé de France 2 ?

Lundi 11 janvier, à Marseille, un jeune turc de 15 ans attaquait à la machette un enseignant juif portant une kippa. Une affaire qui devait provoquer une grande émotion, et qui a inspiré à Jérôme Fenoglio, le directeur du journal « Le Monde », un éditorial remarquable. En voici un extrait : « Ce mal, il faut le considérer pour ce qu’il est : le produit des noces mortelles entre djihadisme et antisémitisme. Le terrorisme fondamentaliste (…) reprend tous les stéréotypes du vieil antisémitisme européen, accommodé à la sauce de l’heure, mélange de théories du complot importées du Moyen-Orient et transportées par Internet ».

A force de tenir des raisonnements primaires, ami de Gôôôôche, tu es devenu primaire

Pages

Il y a 78 ans, le 7 juin 1942, la législation instaurant l'étoile jaune était mise en place. Cette semaine, à cette occasion, nous vous proposons 4 articles sur la façon dont Serge Gainsbourg, Jean Ferrat, Sacha Distel et Marcel Gotlib ont vécu le port de l'étoile jaune.

Ces articles sont proposés par Bruno Halioua, dans le cadre de la publication  de son livre «Leur Seconde Guerre Mondiale», (à paraître édition Buchet Chastel en octobre 2020). Dans ce livre, il s'intéresse à la façon dont certaines personnes célèbres ont vécu les événements marquants de la Seconde Guerre Mondiale. 

Le jour où Serge Gainsbourg a porté l'étoile jaune : "J'avais une étoile de shérif sur le coeur"

 

Le 7 juin 1942, en zone occupée, comme tous les Juifs de plus de six ans, le jeune Lucien Ginzburg qui sera connu sous le nom de Serge Gainsbourg alors âgé de 13 ans est obligé de porter l’étoile jaune à six pointes ayant les dimensions de la paume d'une main avec l’inscription "juif' bien visiblement sur le côté gauche de l’étoile. Il relatera laconiquement ce souvenir douloureux le 3 septembre 1975 : "J'avais une étoile de shérif sur le cœur".

Les Juifs sont désormais reconnaissables en zone occupée. Le petit Lucien Ginzburg subit avec beaucoup d’amertume cette mesure : "C’est quand même dur pour un p’tit gars de porter l’étoile jaune". Sa mère Olga s’est procuré les étoiles jaunes pour sa famille dans le commissariat de police de son quartier jaune en échange d’un point de ravitaillement textile.

Pourquoi ne pas obéir ? Le père de Serge, Joseph Ginzburg naturalisé français par décision du président de la République française, Albert Lebrun, le 9 juin 1932 s’était  fait déclarer comme Juif l’ensemble de sa famille malgré les réticences de sa femme Olga en donnant comme prétexte imparable à ses yeux : "Quand on est immigré, il faut bien se tenir". Olga décide toutefois de faire une petite entorse à la loi en confectionnant des étoiles doublées d’épingles dissimulées dans les pointes des six branches afin que ses enfants puissent l’enlever facilement pour se rendre au concert ou au cinéma.

Ce marquage infâme restera à jamais un souvenir douloureux pour le chanteur qui se remémorera de cette situation douloureuse de devoir porté l’étoile jaune dans son album Rock Around the Bunker sorti en 1975, " The Yellow star " :

" J'ai gagné la yellow star,

Et sur cette yellow star,
Inscrit sur fond jaune vif,
Y'a un curieux hieroglyphe
Sur cette yellow star, yellow star,
J'ai gagné la yellow star,

Et sur cette yellow star,
Y'a peut être marqué sheriff ou marshall ou big chief
Sur cette yellow star, yellow star,
J'ai gagné la yellow star,
Je porte la yellow star

Difficile pour un juif,

La loi du struggle for life,

Quand il y a la yellow star, yellow star ".

Par la suite , les  Ginzburg vont prendre le faux nom de Guimbard pendant qu’ils se cacheront à Limoges. Serge Gainsbourg a-t-il pensé à cette fausse identité quand il s’est donné par la suite le nom de Gainsbarre ? Gainsbourg restera marqué par la période de la Shoah et en particulier par le premier jour où il a été obligé de porter une étoile jaune. Son statut de star de la chanson dans les années quatre-vingt sera pour lui une sorte de revanche pour les souffrances qu’il a enduré au cours de cette période : "Je suis fragile et désabusé. J’ai tout eu et je n’ai rien. L’idée du bonheur m’est étrangère. Je ne cherche qu’une seule chose, la pureté de mon enfance".

 

Dr Bruno Halioua, Président de la Commission Souvenirs du Crif

Cet article est extrait de « Leur Seconde Guerre Mondiale », le prochain livre de Bruno Halioua. (A paraître édition Buchet Chastel en octobre 2020). Dans ce livre, Bruno Halioua s'intéresse à la façon dont certaines personnes célèbres ont vécu les événements marquants de la Seconde Guerre Mondiale. 

 

Votre demande a bien été prise en compte.
Nous vous remercions de votre intérêt.