Stéphanie Dassa

Directrice de projets

Documentaire Sauver Auschwitz

23 Janvier 2017 | 215 vue(s)
Catégorie(s) :
Opinion

Depuis des années, l’historien Marc Knobel a de salutaires obsessions et une puissante détermination. L’une de ses salutaires obsessions, sur laquelle il a beaucoup travaillé et mené de profondes recherches, est cette diffusion sans frontières, sans retenues et sans toujours grandes oppositions, des haines multi-formes qui s’entretiennent.

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Eté 2014. Pendant 1 mois et 18 jours, Israël a vécu au rythme des alertes et d’une guerre qui ne dit pas son nom. Un an plus tard. Juillet 2015 : Que reste-t-il de ces jours d’angoisse ?

Le 23 juin dernier, l’Union des étudiants juifs de France a célébré son 70e anniversaire à l’Hôtel de Ville de Paris. Magie des réseaux sociaux, j’ai vécu à distance cette soirée avec enthousiasme et frustration. L’occasion pour moi de replonger dans mes années Uejf.

Comme chaque été, de nombreux juifs ont décidé de quitter la France pour s’installer en Israël. On parle de 8000 à 10 000 pour l’ensemble de l’année 2015. J’ai moi-même fait ce choix en 2013  et pourtant j’ai, plus que jamais, envie de parler de ceux qui restent. 

Dov Maimon rejoint les auteurs du Blog du Crif !

Ce dernier détaille ici les multiples racines de l’antisémitisme, qui a explosé en France à partir de l’année 2000 et la première « intifada ». Et qui s’est fortement aggravé tout au long de l’année dernière. Marc Knobel évoque notamment l’origine idéologique – soulignée et étudiée par le philosophe et chercheur Pierre-André Tagguief – d’un antisémitisme qui découle d’un antisionisme extrême, lui-même alimenté depuis longtemps par les tenants de l’islamisme radical. Extrême gauche et extrême droite française en passant par « Dieudonné and Co » sont aussi, historiquement et actuellement, parmi les premiers diffuseurs de la haine antisémite en France. Description et analyse en huit points.

Partout en France, des crayons, des stylos et des feutres ont été brandis, les seules armes du courage et de la liberté contre d'autres armes qui tuent, qui souillent, qui meurtrissent à tout jamais.

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"Sauver Auschwitz ?" un documentaire diffusé le 24 janvier à 22h40 sur Arte 

Sauver Auschwitz. Le titre ne dit pas de quoi, alors tout est envisageable.

Ce documentaire pourrait être une énième tentative d’attraper par l’image 52 minutes de Shoah, mais il n’en est rien. Les auteurs ont choisi un angle assez novateur pour être mentionné : il s’agit ici d’un documentaire sur l’état d’esprit qui prévaut autour d’Auschwitz. Et c’est bien de cela dont il s’agit : d’état d’esprit et de schémas mentaux.

Auschwitz, on le regrette, s’étudie moins qu’il ne se pense, voire qu’il ne se « possède ». Pourquoi ? Parce que ce lieu qui a connu des mutations permanentes-toujours dans la perspective nazie d’accroître sa force- est devenu aujourd’hui un symbole. Libéré de l’objet pour lequel il a été conçu (un espace urbano-industriel doté d’une machine de mort, immense et complexe) il est devenu pour les uns la marque indélébile d’une Pologne à genoux, démantelée, colonisée, soumise, pour les autres-c'est-à-dire pour les Juifs-l’insoutenable mémoire d’un monde entièrement englouti. Car-il faut rappeler ce bilan humain que les uns et les autres se partagent,  très inégalement certes : 1,1 million de morts en un temps record.

Et aujourd’hui, à Birkenau comme à Verdun des gens vivent en famille. Sauf que Birkenau n’est pas Verdun, puisqu’à Verdun, par exemple,  il n’y avait pas d’enfants et que somme toute, le relativisme flirte avec le nihilisme. Interviewés, certains ne cachent pas leur désir de partir d’autres au contraire revendiquent leur titre de propriété récemment acquis et fustigent ces « touristes » qui passent le long de la judenrampe . Le vis-à-vis,  le centre de mise à mort de Birkenau, n’est pas le problème. Le problème c’est le passage… Des vertus de l’hospitalité, on reparlera, ailleurs et autrement.

D’autres se photographient. Aujourd’hui ils  possèdent des perches à selfie, hier ils étaient acteurs des mises en scène de la propagande soviétique et souriaient l’été face à l’objectif devant le crématoire d’Auschwitz 1. Rien de nouveau sous le soleil, si ce n’est la technologie.

Le documentaire a ceci de particulier qu’il fait la part belle à des séquences fascinantes datant de l’immédiat après-guerre de l’autre côté du rideau de fer : on y voit l’appareil soviétique s’adonner à la pulvérisation de l’individu et de tout ce qui le constitue à commencer par son histoire et sa mémoire niées dans les grandes messes antifascistes de l’époque.

L’histoire est faite pour être étudiée, non pour être commémorée. Trois heures d’errance dans un musée sont insuffisantes : « Sur votre droite les cheveux, sur votre gauche les prothèses et là en face de vous des boîtes de zyklon B ».

D’où peut être aussi ce sentiment d’urgence qui étreint face à l’avenir : la collision entre une histoire commémorée et une histoire étudiée, auscultée. La commémoration est un recueillement, l’étude historique est une autopsie. La différence est sans appel. A Auschwitz, nourris de stéréotypes on pourra trouver la conviction que nos hypothèses étaient fondées, on peut, aussi -c’est l’enjeu- y apprendre à penser contre soi.

 

Sauver Auschwitz, un documentaire réalisé par Jonathan Hayoun, produit par Effervescence Simone Harari Baulieu et Arte France sera diffusé mardi 24 janvier sur Arte à 22h40.  Un documentaire à ne pas rater, original et constructif et par endroit assez magistral.

Extraits vidéos ici

Stéphanie Dassa

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