Jean Pierre Allali

Membre du Bureau Exécutif du CRIF, Jean-Pierre Allali préside la Commission des Relations avec les Syndicats, les ONG et le Monde Associatif.

Lectures de Jean-Pierre Allali - En collaboration, par Émile Brami

11 Décembre 2019 | 100 vue(s)
Catégorie(s) :
Antisémitisme

J'ai recueilli pour la newsletter du Crif les réponses aux questions posées à cet homme qui, pris dans le tourment de l’histoire-celle avec sa grande hache dont parlait Perec- est resté libre jusqu’au bout des ongles

Retour sur le déchaînement de haines antisémites qui s’est produit l’été 2014, en France.

I was interviewed in English and French, on EJP , Tuesday, May 31, 2016.

J'ai été interviewé, en anglais et en français, sur EJP, mardi 31 mai 2016.

Suite à mon élection à la Présidence du Crif, j'ai répondu aux questions de Paul Amar, sur tous les sujets de préoccupations des Juifs de France.

J'ai été interviewé par Marc-Olivier Fogiel et Eléanor Douet, sur RTL, lundi 30 mai 2016, à la suite de mon élection à la Présidence du Crif.

Prix Nobel de littérature en 2002, l'écrivain hongrois Imre Kertèsz est mort à Budapest le 31 mars 2016. Son dernier livre, "L'ultime auberge" a reçu, le 22 mai 2016, le Prix Spécial du Jury 2016 du Salon du Livre de la Licra-Paris

A l'occasion de l'assemblée générale du Crif réunie le 29 mai 2016, j'ai prononcé mon discours de candidature.

Portrait de Jean Pierre Allali
LECTURES
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24 Mai 2016
Catégorie : France, Antisémitisme

Malka Marcovich et Jean-Marie Dubois publient un ouvrage original sur un thème peu exploré jusqu'ici:la contribution de la société des transports parisiens à l'organisation de la déportation des Juifs de France aux heures sombres de l'Occupation nazie

Lors du 9ème Salon du Livre de la Licra, deux écrivains ont reçu un prix

Là-bas, la crainte d'une menace russe est la principale raison qui exacerbe les passions identitaires.

 
Lors d’une allocution devant le Conseil de sécurité, Rafael Ramirez, représentant du Venezuela auprès des Nations-Unies, a lancé… « Qu’est-ce qu’Israël a l’intention de faire avec les Palestiniens ? Vont-ils disparaître ? Est-ce qu’Israël cherche à imposer une Solution finale sur les Palestiniens ? » 
 

Décryptage.

 

Deux historiens français l’ont fait et publient ce mois d’avril en collection Que Sais-je Les 100 mots de la Shoah.

"La Place de la République ne vous appartient pas".

Dimanche dernier, des militants du Collectif Anti Boycott se sont rendu face à une manifestation BDS.

Pages

En collaboration, par Émile Brami (*)

Juif originaire de Souk-El-Arba, en Tunisie, Émile Brami, qui, par ailleurs, anime une librairie-galerie à Paris, « D’un livre l’autre », est, sans conteste, l’un des écrivains français contemporains les plus remarquables. En témoignent les nombreux prix qu’il a reçus dont le prix Palissy du premier roman pour Histoire de la poupée en 2001 et le prix Méditerranée en 2007 pour Le manteau de la Vierge. C’est aussi, et cela lui a été souvent reproché, l’un des grands spécialistes de l’œuvre de Céline. Dans une interview qu’il m’avait accordée pour Information Juive, il faisait une distinction, pour ce qui est des écrivains juifs de Tunisie entre les tenants de la nostalgie et les amoureux du verbe : « Il y a deux catégories de narrateurs : les spécialistes du souvenir qu’ils magnifient le plus souvent et ceux qui optent pour un processus d’écriture et de fiction. Je fais partie de ces derniers car la survivance passe à mon sens par cette façon de faire » (1).

Dans son nouveau roman, à travers les pérégrinations de l’inspecteur Joseph Laborieux, c’est l’univers glauque du milieu de la collaboration qu’il nous décrit.

Abandonné à sa naissance le 1er mai 1897, Joseph Laborieux a été recueilli par un chiffonnier. Après avoir connu l’orphelinat, puis l’école primaire, il a été mis en apprentissage chez un menuisier. Mobilisé, il fera la Guerre de 14-18 avant de se lancer dans la carrière de flic. « Hirondelle » de commissariat, il gravit tous les échelons jusqu’à être nommé inspecteur. Une véritable vocation et, surtout, une obsession : retrouver le mystérieux assassin des Orphées. Entre le 7 mars 1926 et le 23 mars 1944, dix-neuf assassinats. Tous de la même veine. Des jeunes femmes vierges, « entre quatorze et dix-huit ans, grandes, minces, blondes, belles, les cheveux longs, les yeux bleus : des corps toujours abandonnés au bord de l’eau une longue robe de lin blanc cassé enveloppant comme un linceul le cadavre nu ; un drap de soie vert et des pétales de roses ; l’entaille mortelle de l’artère fémorale gauche ; la longue immersion… » Et un billet avec des mots se référant à Hamlet et à Rimbaud. Un meurtrier en série, sans aucun doute.

Policier toujours aux ordres, « obéissant, zélé, disponible », faisant équipe avec son collègue Antonin Verjus, il n’hésitera pas, aux heures sombres de l’Occupation allemande, à traquer des Juifs puisque des ordres lui étaient donnés dans ce sens : « Nous avons contribué à faire prendre des centaines de Juifs et démantelé une quinzaine de réseaux terroristes ». Mais, contrairement à son collègue Verjus, qui avait assuré ses arrières, en pratiquant le double-jeu, Laborieux, naïf, sera arrêté, jugé et condamné à mort.

Lorsque la défaite allemande se dessine, Laborieux, comme de nombreux autres Français, quitte discrètement la France pour Sigmaringen, « gros bourg du Wurtemberg, berceau de la dynastie des Hohenzollern, devenu, par la volonté de Hitler, une enclave française en territoire allemand »,  en passant par Baden-Baden, « Bains-Bains », « Bin-Bin ». Sigmaringen « la cour des Borgia », où un pseudo-gouvernement français en exil s’est installé sous la présidence de Fernand de Brinon. « Sigmaringen ? Une communauté réduite aux caquets »

L’auteur nous brosse des portraits sans fards des figures de la collaboration. Pierre Laval, Léon Degrelle, Joseph Darnand, Jean Luchaire, alias « Jean Louche Herr », Robert Brasillach, Maurice Bardèche, Pierre Drieu-La-Rochelle, Lucien Rebatet, un trouillard de première, que sa femme, Véronique, une Roumaine, appelle « Louchienne », les chroniqueurs de Je suis partout et d’Au Pilori. Tous pleins de vénération pour le vieux maréchal Pétain, « Le Connétable du déclin » et pour Jacques Doriot, chef du PPF, « Hitler débraillé à lunettes et bretelles, gros Führer gaulois sans petite moustache »

C’est la rencontre de Laborieux avec le docteur Destouches, Louis-Ferdinand Céline, alias Ferdine qui va être amené à l’examiner et à le soigner, qui est de loin la plus intéressante du récit, Céline, « l’auteur de Voyage au bout de la nuit et du scandaleux Mort à crédit et dont les derniers livres s’attaquaient violemment aux Juifs… »

Émile Brami attribue à Céline ces mots sur Laval : « Bicot ! Avec sa mèche d’ébène, il ne lui manque que le fez crasseux… » et, plus loin, sur le Führer : « Hitler ? Un mage pour le Wurtemberg… »

À Sigmaringen, la presse collaborationniste déverse son venin. Les idées les plus folles et les plus racistes circulent : « Les youpins débarrasseraient le plancher : expulsés du pays, ils iraient se mélanger aux bamboulas de Madagascar ou s’étriper avec des bicots baiseurs de chèvres pour quelques arpents de désert en Palestine… »

Tandis que la France libérée organise les procès des collabos, que Georges Suarez et Robert Brasillach sont exécutés, on apprend que la voiture de Jacques Doriot a été mitraillée à Mengen par des avions américains ou anglais voire allemands. Des pages très intéressantes sont consacrées aux funérailles du chef du PPF. « La mort de Doriot marqua la fin de l’imposture Sigmaringen ». Plus tard, Laval, Brinon, Darnand, Luchaire, Hérold-Paquis, Bucard et bien d’autres seront fusillés. Comme on le sait, Pétain, condamné à mort, sera gracié par le général de Gaulle.

Lucien Rebatet et Pierre-Antoine Cousteau, écopèrent eux-aussi de la peine de mort. « Pendant le procès, Cousteau assuma ses actes et se comporta avec dignité, tandis que Rebatet se montra d’une veulerie répugnante…Après un exil de sept ans au Danemark, Louis-Ferdinand Céline avait été condamné à deux ans de prison, à la saisie de ses biens et amnistié quelques mois plus tard à la suite d’un tour de passe-passe juridique de son avocat… »

Pour l’inspecteur Laborieux, la série des Orphées se poursuit en Allemagne avec la découverte du corps de Gilberte Baudry, ce qui limite le champ d’investigation.

Arrêté le 16 août 1945, l’inspecteur, comme on l’a dit, est traduit en justice et condamné à mort. Après 4 ans d’emprisonnement à Poissy, il se retrouve au pénitencier d’Eysses. Il est libéré le 2 octobre 1953. Il a 56 ans et une seule obsession : reprendre le dossier des Orphées. D’autant plus qu’un nouveau meurtre a lieu en juin 1957. En tout, 32 victimes !

La vérité finira par se faire jour. Émile Brami n’hésite pas à citer Céline à ce propos : « La vérité de ce monde, c’est la mort ».

Intéressant, ce roman nous permet de découvrir des épisodes peu connus de l’Histoire. 

 

Jean-Pierre Allali

(*) Éditions Écriture. Octobre 2019. 256  pages. 18 €.

(1) Information Juive. Février-Mars 2018.

 

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