Sophie Taïeb

Community manager - bloggueuse

Tel Aviv Sur Seine - ça s'est passé aussi sur les réseaux

27 Août 2015 | 1940 vue(s)
Catégorie(s) :
France

Un entretien entre Marc Knobel et Michaël de Saint Cheron, philosophe des religions.

Marc Knobel livre une analyse de l'opinion publique à l'égard de l'antisémitisme et d'autres sujets (avant et après les attentats de Janvier 2015).

Franck Guillory, journaliste, auteur et réalisateur de documentaires s'est rendu à Auswithz en Avril dernier, il nous raconte son expérience et ses souvenirs dans un article publié sur son blog.

Compte-rendu d'un magnifique livre de Benjamin Stora qui raconte son enfance juive à Constantine.

 

Des centaines de tombes ont été profanées au cimetière juif de Sarre-Union (Bas-Rhin), dimanche 15 février 2015, a annoncé le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, dans un communiqué de presse

Neuf ans après l’assassinat d’Ilan Halimi, voici la « chronique d’une barbarie et de ses conséquences médiatiques, politiques et judiciaires »,  par Marc Knobel, historien, chercheur, directeur des Études du CRIF

 

Le Hors-série de L'Express numéro 28, "Regards sur l'Histoire" consacré aux Juifs de France a mis en émoi une partie de la communauté juive, François Heilbronn, professeur des universités associé à Sciences-Po Paris et Président des Amis français de l'université de Tel-Aviv lui a adressé deux lettres ouvertes publiées dans l'Arche.
 

 

 

Retour sur les événements qui sont intervenus en juillet 2014 et les manifestations propalestiniennes qui ont dégénéré.

Est-il pertinent de mettre en parallèle “antisémitisme” et “islamophobie”?
Non, cinq fois non:  Ni sémantiquement , ni historiquement,  ni sociologiquement, ni politiquement et encore moins juridiquement, ces deux termes et les deux concepts qu’ils sous-tendent, ne sont de même nature. Il serait non seulement faux, mais aussi dangereux pour tous, de les mettre en regard sur un même plan.

L'antisémitisme est comme une bête particulièrement enragée et puante. Il rôde, nous ne le savons que trop bien...

L'antisémitisme : les causes d'un Mal qui s'aggrave.

Ce dernier détaille ici les multiples racines de l’antisémitisme, qui a explosé en France à partir de l’année 2000 et la première « intifada ». Et qui s’est fortement aggravé tout au long de l’année dernière. Marc Knobel évoque notamment l’origine idéologique – soulignée et étudiée par le philosophe et chercheur Pierre-André Tagguief – d’un antisémitisme qui découle d’un antisionisme extrême, lui-même alimenté depuis longtemps par les tenants de l’islamisme radical. Extrême gauche et extrême droite française en passant par « Dieudonné and Co » sont aussi, historiquement et actuellement, parmi les premiers diffuseurs de la haine antisémite en France. Description et analyse en huit points.

"Dites-moi que ce furent des cauchemars, que le monde s'améliore de jour en jour, que des flammes de lumière jaillissent en chaque point du globe."

Article paru dans le HuffinghtonPost.fr

Pages

Tel Aviv sur Seine : succès sur les berges et sur le net, opération réussie !

A peine l'événement Tel Aviv sur Seine a été rendu public que les antis de tous bords ont décidé de s'en mêler. Qu'ils soient officiels ou anonymes, nombreux sont ceux qui ont trouvé à redire (minimum) ou appelé à la violence (un nombre significatif de cas). Une semaine avant l'événement, le hashtag #Contre TelAvivSurSeine arrivait en tête, et les pages facebook "anti" se multipliaient.
 
Sur les réseaux, certains appelaient à #AuschwitzSurSeine (Godwin n'est jamais loin avec ces gens), #ApartheidSurSeine... et en face, de notre côté, rien, ou en tous cas pas grand chose.
 
Quelques jours avant l'événement, suite à la lecture de nombreux posts intolérables, nous avons décidé de créer une page de soutien à Tel Aviv Sur Seine. Il fallait répondre à toute cette haine en dépolitisant l'événement, en le ramenant sur un côté festif. Des militants "anti" souhaitent faire d'un événement culturel un événement politique ? Montrons leur Tel Aviv, celui qu'ils ne soupçonnent pas. Au moyen de la page, nous voulions aussi créer une communauté virtuelle pour d'un côté mettre les gens dans l'ambiance de la fête, et de l 'autre communiquer avec tous ceux qui sans être présents physiquement à Paris Plage souhaitaient soutenir l'événement.
 
Après des discussions aussi bien avec l'équipe digitale du CRIF qu'avec des professionnels de la communication et du tourisme (que l'on ne remerciera jamais assez), la page a vu le jour.
 
J-4 : lancement de la page
 
Non, on ne parlera pas d'antisémitisme. Non, on ne diffusera pas les captures d'écran qui appellent à la haine et la violence. Non, on ne fera pas de parrallèle avec les manifestations pour Gaza de l'été dernier. On ne taclera même pas le BDS. Suivant les conseils d'un expert, la page se focalise uniquement sur le positif. Dépolitise l'événement. Nos ennemis veulent à tout prix remettre sur le terrain le conflit israélo palestinien ? Nous répondrons avec des photos de pastèque, plage, et matkots.
 
Comme tout bon community manager qui se respecte, on prend les paris sur le nombre de "likes". On espère 500 à la fin de journée. Ils sont atteints dans l'heure. On espère 2/3.000 pour l'événement. Ils sont atteints dans l'après midi. La page cartonne et commence à faire du bruit. Personnalités, militants, groupes, juifs, non juifs... cette page est partagée des centaines de fois et commence à faire du bruit. On ressent de la part des internautes une envie de "propager la bonne parole" et de communiquer de façon positive sur cet événement, tout en restant au dessus de la mêlée des diverses attaques que nous subissons.
 
J-3 : nettoyage
 
Il fallait s'y attendre; c'est encore plus fort que prévu. La page est attaquée par des "trolls", personnages bien connus des community managers, qui viennent déverser leur haine et insulter les participants à l'événement. C'est par dizaines qu'ils postent photos de corps ensanglantés et mutilés, insultes, et "pensée toute faite" dieudonisthitlériosoralienne. Pas le temps de répondre, pas envie. Les utilisateurs sont bannis un à un. Il n'y a heureusement pas qu'eux : des lecteurs de la page, juifs comme non juifs, se mettent à faire la fête, partager des photos, de la musique. On répond à tout le monde. On partage. On explique. Et il commence à se créer un esprit de fête sur la page. Rassurant.
 
J-2 : on y va / on n'y va pas ?
 
La polémique enfle dans les médias qui montent en épingle ce qui ne devait être qu'une journée d'échanges culturels. Tout ça pour ça ? Certains lecteurs commencent à nous demander si nous leur conseillons d'aller ou pas sur place. Des rumeurs font état d'une annulation probable. Anne Hidalgo persiste et signe : l'événement aura bien lieu, la sécurité sera renforcée, tout ira bien ! Un nouveau hashtag, #ParisLovesTLV est lancé. Le compteur de la page ne cesse d'augmenter, on dépasse les 8000 fans.
 
J-1 : tic tac tic tac
 
 Photos de plage, photos de yaffo, photos de vivre ensemble... Au rythme soutenu de 2 à 3 posts par heure, nous atteignons les 10 000 fans à 22h22. Nous le prenons pour un bon signe. Les journalistes commencent à nous appeler. Sur les réseaux, des opposants appellent à "balancer du ketchup" pour mimer le "sang des palestiniens". Rires nerveux en les imaginant se tromper et acheter de la mayo. Dernière crainte : la météo. Elle s'annonce pluvieuse. Mais puisqu'à Tel Aviv, la pluie est toujours un bonne nouvelle, on décide de croiser les doigts et d'attendre.
 
Ce soir là, Amir Haddad donne un concert à Tel Aviv et a quelques mots pour l'événement du lendemain. Les lecteurs qui n'en loupent pas une enregistrent et nous envoient la vidéo. Rideau.
 
Jour J : sur le pont.
 
Les mairies des deux villes, le producteur, les organisateurs... tout le monde est sur le même groupe whatsapp et échange tout au long de la journée photos et vidéos. Ce qui était à l'origine une "petite page pour apporter un peu de positif face à la haine" est au coeur du dispositif de communication 2.0 de l'événement.
 
Et on attend. Les premiers visiteurs, les premiers contre manifestants, les premiers tweets. La matinée est sous le signe de "il y a plus de policiers que de visiteurs". Et puis ça démarre. Les danseurs se déchainent, les drapeaux français et israéliens sont brandis, la foule devient plus compacte... certes il y a quelques contre manifestants (qui eux n'ont pas l'air de beaucoup s'amuser), mais c'est indéniable, l'événement est un succès ! Tout au long de la journée, nous postons des photos et vidéos. Les gens dansent. Font la queue pour rentrer. Sont de toutes les couleurs. Depuis derrière l'écran, on aimerait être avec eux. Et encore et toujours, on nettoie la page des messages "d'en face" qui arrivent par dizaines.
 
Facebook, twitter, on sent bien que l'événement prend de l'ampleur et est un vrai succès. Les spectateurs nous inondent de photos, vidéos, et messages positifs. La pluie arrive ? Ils restent bien tous à danser sous les parapluies. C'est gagné.
 
A Tel Aviv, les français dansent sur Alexandrie Alexandra, la vidéo que nous postons établit un relais de communication entre les deux villes.
 
Le soir, les chiffres tombent. 11 000 fans de la page, 11 000 visiteurs lors de l'événement. On ose à peine y croire. Quelle belle journée !
 
J+1 : et après ?
 
les participants les plus actifs de la page ne veulent pas en rester là. Nous réfléchissons encore à la suite à donner à ces quelques jours de folie.
 
Nous recevons des messages de juifs, de musulmans, de pacifistes. Ils sont tous heureux d'avoir participé à l'événement.
 
Ce succès, c'est un travail d'équipe avec des intervenants pros et volontaires qui forment la cellule digitale du CRIF et avec des relais précieux sur Facebook et Twitter.
 
Soutien à Tel Aviv sur Seine, ce sont 12 000 fans acquis en 4 jours uniquement en croissance organique, un million de personnes atteintes par les publications, et aujourd'hui une communauté multiculturelle qui souhaite continuer à échanger sur cette page.
 
La musique continue !
 
 
Sophie Taieb

Votre demande a bien été prise en compte.
Nous vous remercions de votre intérêt.