Lu dans la presse
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Publié le 13 Juillet 2020

France - 14 Juillet à Paris : interdit au public, un feu d’artifice conçu "pour faire la fête devant sa télé"

Si Paris a fait le choix de fermer le périmètre autour de la tour Eiffel mardi soir, d’autres villes d’Ile-de-France et de l’Oise ont choisi d’accueillir leurs concitoyens.

Publié le 13 juillet dans Le Parisien

Des feux malgré tout pour la fête nationale. Parfois avec du public comme en Seine-Saint-Denis — avec Clichy-sous-Bois, La Courneuve, Saint-Denis ou Villetaneuse — ou encore à Levallois-Perret dans le Hauts-de-Seine ou Pont-Sainte-Maxence dans l'Oise. Parfois sans le moindre spectateur, comme à Paris au pied de la tour Eiffel. Les municipalités franciliennes et oisiennes ont pris des décisions différentes, adaptées à l'enjeu du contexte sanitaire.


Alors ce lundi 13 ou ce mardi 14 juillet, il s'agira de faire attention au moment de s'installer sur un carré de verdure ou dans une rue au moment d'admirer les premières fusées qui vont percer la nuit.



14 Juillet à Paris  : interdit au public, un feu d’artifice conçu «pour faire la fête devant sa télé»



D'ailleurs, pourquoi avoir maintenu ce rendez-vous alors que le Covid-19 circule toujours et que les rassemblements présentent toujours un risque ? Le périmètre autour de la tour Eiffel (VIIe) est entièrement bouclé, du Trocadéro aux ponts à proximité, sans oublier les quais ou le Champ-de-Mars. Mais comment la préfecture de police va-t-elle gérer les personnes qui voudront tout de même voir le spectacle dans les lieux prisés habituellement comme du côté de Montparnasse (XIVe-XVe) ou de Belleville (XIXe) ?



14 Juillet à Paris  : interdit au public, un feu d’artifice conçu «pour faire la fête devant sa télé»



Des dispositifs anti-attentats


Cette même question se pose pour toutes les villes organisatrices. Alors que l'on cherche à éviter les regroupements, on autorise des feux. Une situation paradoxale. En Seine-Saint-Denis, si chaque maire est responsable du respect des règles sanitaires, ces manifestations feront aussi l'objet de «dispositifs anti-bélier » particulièrement resserrés, souligne-t-on du côté de la préfecture de Bobigny.


Glissières en béton, grosses pierres, véhicules, et autres obstacles seront disposés pour éviter l'intrusion d'un véhicule. Les mesures sont appliquées depuis le terrible attentat de Nice en 2016 (86 personnes avaient été tuées par un poids-lourd sur la promenade des Anglais). Les pouvoirs publics sont particulièrement vigilants cette année. Les fêtes liées au 14 Juillet seront la première occasion, post-Covid, de rassemblements à caractère festif et «citoyen », autour de maires fraîchement (ré)élus.

Paris, en collaboration avec la préfecture de police (PP), a décidé de tout organiser sans public, du grand concert gratuit de Radio France au feu d'artifice. « Le feu du 14 Juillet marquera, comme chaque année, un temps d'unité nationale et de joie partagée pour tous les Français, explique-t-on à l'Hôtel de Ville et à la PP. Il sera aussi, aux yeux du monde entier, le symbole de la résilience de notre capitale et de notre Nation et un hommage à tous les héros du quotidien qui ont œuvré pendant la durée de l'épidémie. »


«Un balai d'étoiles dans le ciel de Paris»


Christophe Berthonneau, metteur en scène du spectacle pyrotechnique, travaille sur ce rendez-vous depuis décembre avec son équipe du Groupe F. « Nous avons l'habitude de travailler sur de gros événements comme les Jeux olympiques et en collaboration étroite avec la télévision. Cette année, avec le Covid, nous devons trouver une nouvelle façon de vivre, explique-t-il. Alors ce spectacle, nous l'avons conçu pour que les spectateurs devant leur télévision puissent se détendre, danser, avoir de l'espoir et même pour qu'ils retrouvent le goût de voyager », attaque ce passionné à la verve intarissable.

Zaz, Dalida, les regrettés Manu Dibango et Christophe, Grace Jones ou encore Edith Piaf donneront un peu de légèreté à ce rendez-vous télévisuel. « Ce sera un balai d'étoiles dans le ciel de Paris, poursuit Christophe Berthonneau. Ce que je voudrais c'est que les gens fassent la fête chez eux à partir de 23 heures devant leur TV. Oui, avec le Covid et parfois des reconfinements comme à Melbourne ou en Espagne, il faut faire très attention mais il ne faut pas s'arrêter de sourire, danser et de vivre. » Plus d'une vingtaine de caméras et un hélicoptère permettront ainsi de voir ce feu à partir de 23 heures sur France télévision dans son salon.

 

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