Lu dans la presse
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Publié le 20 Juillet 2020

France - Marche blanche à Rouen en mémoire de l'universitaire Mamoudou Barry tué il y a un an

Le 19 juillet 2019, Mamoudou Barry perdait la vie. Cet universitaire franco-guinéen, qui enseignait à Rouen, a été frappé à mort par un homme connu pour des troubles psychiatriques. La famille de Mamoudou Barry espère qu'il n'échappera pas à un procès.

Publié le 19 juillet dans France Bleu

"Il est mort sans aucune raison", pour Me Antoine Vey, l'avocat de la famille. 

Le 19 juillet 2019, Mamoudou Barry, un universitaire franco-guinéen de 31 ans, est frappé à mort sous les yeux de sa femme, à un arrêt de bus de Canteleu, dans la métropole rouennaise. Sa famille et le collectif “Justice pour Mamoudou” ont organisé ce dimanche une marche blanche en sa mémoire à partir de 13h, au départ de la faculté de droit de Rouen, où il était enseignant-chercheur. Plus de 150 personnes étaient rassemblées.

Dans le cortège, les participants scandent "Stop au racisme, Justice pour Mamoudou". "Nous devons nous mobiliser et marcher au nom de n'importe quelle personne victime de racisme", indique une Parisienne. Plusieurs associations de lutte contre la racisme furent présentes à la marche comme SOS racisme ainsi que des élus comme le maire de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol, et la députée de Seine-Maritime Sira Sylla. 

Son agresseur, Damien Aktas, est mis en examen depuis fin janvier pour violences volontaires ayant entraîné la mort. Et le caractère raciste de l'agression a été retenu. Est ce la finale de la Coupe d'Afrique des Nations qui met Damien Aktas dans cet état? Ce soir du 19 juillet, le Français d'origine turque, est très énervé. Il parle tout seul dans la rue, invective les femmes qu'il croise. Mamoudou Barry et son épouse passent à ce moment là en voiture, ils se font à leur tour insulter. Les propos, du style "à mort les noirs", sont clairement racistes. L'universitaire franco-guinéen sort pour s'expliquer, il reçoit plusieurs coups de poing au visage, sa tête heurte violemment le trottoir. Il meurt quelques heures plus tard au CHU de Rouen. 

De nouvelles expertises psychiatriques attendues en septembre

Damien Aktas est rapidement identifié, grâce aux caméras de vidéo surveillance à l'arrêt de bus mais, dès le lendemain de son arrestation, il est interné à l'hôpital du Rouvray, à Sotteville-lès-Rouen. Le trentenaire souffre de troubles psychiatriques, connus depuis longtemps. La question qui se pose donc, c'est si il peut échapper à un procès. La famille de Mamoudou Barry ne le comprendrait pas, selon son avocat. D'autant que Damien Aktas a déjà été jugé pour violences dans le passé. Lui a expliqué à la juge d'instruction qu'il voulait frapper mais pas tuer. De nouvelles expertises psychiatriques sont attendues en septembre.

La famille de Mamoudou Barry espère aussi que la mise en examen pour coups mortels soit requalifiée pour meurtre. Et elle s'interroge sur la responsabilité de l'Etat. "On a à faire à une personne qui était soumise normalement à un traitement et à un contrôle. Il appartiendra d'évaluer si oui ou non il y a eu des manquements. Après, quand on est victime, on se demande toujours si il peut y avoir une cause à sa tragique situation. Pour le moment, c'est un peu tôt pour le dire", avoue Me Vey.

 

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