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Publié le 17 Avril 2019

France/Notre-Dame - En solidarité, juifs et musulmans appellent au don pour reconstruire Notre-Dame de Paris

Des grandes figures du christianisme, du judaïsme et de l’islam de France expriment leur solidarité et leur compassion après l’incendie qui a ravagé la cathédrale parisienne. Haïm Korsia, Grand Rabbin de France confiait notamment : « Je me sentais chez moi, à Notre-Dame de Paris, ce lieu qui élève ne m’était pas un lieu étranger.» Il aura été l’un des premiers à appeler, lundi soir, Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris, pour lui dire sa compassion.

Publié le 16 avril dans Le Figaro

Ils sont larges, les bras de Notre-Dame de Paris. Ils sont catholiques mais en son dépouillement, ils se révèlent «appartenir» à tous. Et concerner toutes les religions. Voici Dalil Boubakeur, l’une des grandes figures de l’islam de France, en sa qualité de recteur de la Grande Mosquée de Paris qui appelle, mardi, «tous les musulmans de France à contribuer à la souscription nationale pour la reconstruction de Notre-Dame de Paris». Il rappelle que cette cathédrale, «temple de Dieu» et «joyau du patrimoine national», représente «pour les musulmans, le symbole de Marie, “Meriem”, mère de Jésus, mentionnée à trente-quatre reprises dans le Coran».

Dalil Boubakeur (Grande Mosquée de Paris) appelle, mardi, «tous les musulmans de France à contribuer à la souscription nationale pour la reconstruction de Notre-Dame de Paris».

Il n’est pas isolé. Mohammed Moussaoui, président de l’Union des mosquées de France, appelle dans le même esprit «les musulmans de France à élever des prières afin que Notre-Dame de Paris, haut lieu de spiritualité et grand symbole du patrimoine de notre pays, puisse être sauvée et protégée». Il demande également aux fidèles de bien vouloir «apporter leur contribution à l’effort national pour la reconstruction et la restauration de Notre-Dame de Paris».

Et ainsi d’Anouar Kbibech, président du Rassemblement des musulmans de France, qui attend la même générosité financière pour ce lieu considéré comme «la maison commune» de «l’ensemble de la nation française». Il exprime aussi «sa grande compassion et son total soutien à tous les catholiques de France». Appel généralisé au don financier, relayé officiellement par le Conseil français du culte musulman (CFCM) via son président, Ahmet Ogras, qui redit «aux chrétiens sa solidarité et sa fraternité».

Pour sa part, le pasteur François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France, insiste sur le «symbole civilisationnel du christianisme» représenté par Notre-Dame de Paris, un «lieu de culte et de culture pluriséculaire» où «chacun», poursuit-il, peut donc «se sentir concerné par ce qui est arrivé». Il assure «au nom du protestantisme français combien cet incendie dramatique en ce premier jour de la semaine sainte nous a touchés et émus». Une semaine sainte qui marque effectivement, dans le christianisme, la préparation de la fête de Pâques, dimanche 21 avril.

François Clavairoly rappelle aussi que cette cathédrale est un «lieu emblématique» pour l’unité des chrétiens puisque de nombreuses et «importantes cérémonies œcuméniques» s’y sont déroulées, comme lors de «la COP 21 pour l’écologie et la justice climatique».

Mais cet homme de foi ne doute pas un instant que «nous vivrons un jour la joie d’une nouvelle célébration après l’immense travail de restauration» qui va mobiliser de «manière émouvante des forces et des talents humains venus du monde entier, alliant l’art, la culture, la technique et la spiritualité».

Haïm Korsia, grand rabbin de France, est dans le même état d’esprit, affligé par le drame mais déjà tendu vers la reconstruction: «J’ai été très touché par ce terrible incendie et par les mots du président de la République: “Nous reconstruirons”». «Oui, nous reconstruirons, lance le leader de la communauté juive. C’est un jour de tristesse mais il y aura un jour de joie, on reconstruira, on inaugurera Notre-Dame qui est la maison de tout le peuple.

«Je me sentais chez moi, à Notre-Dame de Paris, ce lieu qui élève ne m’était pas un lieu étranger». Haïm Korsia, grand rabbin de France

D’autant, note ce religieux, que «si les chrétiens se préparent à fêter Pâques, avec la mort et la résurrection du Christ, les juifs approchent quasi à la même date, de la fête de Pessah, qui marque la sortie d’Égypte du peuple juif». Cette fête commence le 19 avril et se termine le 27 avril. Elle commémore, après 210 ans d’esclavage, une véritable renaissance du peuple juif.

Le grand rabbin lit donc ce «terrible événement» de l’incendie de Notre-Dame de Paris, lieu pour lequel il éprouve de la «tendresse», dans cette dynamique. «C’est une partie de notre histoire qui s’envole mais regarder cela, c’est accepter de saisir que ce qui semblait immortel ne l’est pas mais va revivre parce que nous allons tous faire un effort pour cela.» Haïm Korsia confie enfin: «Je me sentais chez moi, à Notre-Dame de Paris, ce lieu qui élève ne m’était pas un lieu étranger.» Il aura été l’un des premiers à appeler, lundi soir, Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris, pour lui dire sa compassion, méditant alors avec lui sur cette phrase du psaume Je suis avec celui qui souffre. Ce sont des «versets d’accablement, reconnaît Haïm Korsia, mais ils annoncent aussi l’espérance».

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