Tribune
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Publié le 6 Mars 2013

Comment peut-on être antisioniste?

 

Par Steve Nadjar, paru dans l’édition n°1246 d’Actualité Juive du 28 février 2013

 

« L’antisionisme est antisémite par essence et le restera toujours ».Cette phrase puissante, attribuée à Martin Luther King, a connu une « seconde vie » dans la décennie 2000, notamment suite à une campagne de l’Union des étudiants juifs de France.

 

Ces quelques mots associés à une personnalité à la fois progressiste et noire devaient permettre de répondre au « moment Dieudonné », autrement dit à cette séquence où l’antisionisme prit la forme d’un pseudo-humour radical et qui connut un certain succès dans certaines couches de la population.

 

Cette citation était fausse ; Martin Luther King n’a jamais prononcé ou écrit une telle phrase. Pour autant, plus de dix ans après cette fameuse opération de l’UEJF, la question du rapport entre « antisionisme » et « antisémitisme » suscite encore le débat. Peut-on s’affirmer antisioniste sans se compromettre dans la judéophobie ?

 

L’antisionisme, une opinion comme une autre ?

 

Si beaucoup y sont indifférents, rares sont ceux qui, en dehors de la communauté juive, affichent une critique claire de l’antisionisme. Là est peut-être la première victoire des adversaires de l’État d’Israël. Ils sont parvenus à intégrer cette idéologie dans le débat public et à lui faire obtenir ses galons d’opinion légitime. Et face à ceux rappelant les résonances douteuses de cette pensée, les thuriféraires antisionistes se pressent d’évoquer un « intolérable chantage » ou encore une « confusion malsaine », à l’instar de Pascal Boniface, directeur du centre de recherches IRIS et auteur du fameux « Est-il permis de critiquer Israël ? » (2003).

 

Mais qu’est donc au fond l’antisionisme ? Où plongent ses racines ? Dans un article éclairant publié il y a près de 30 ans dans la « Revue française de science politique », le politologue Yohanan Manor travaillait la notion d’antisionisme à la lumière des formes successives d’hostilité aux Juifs. Chacune de ces haines reposait sur une rationalité bien particulière, reflet des pensées et des peurs suscitées par l’époque : rationalité religieuse (symbolisée par l’accusation de la mort du Christ) ; rationalité moderniste ensuite dans laquelle le Judaïsme est pensé comme un ennemi des Lumières ; rationalité socio-économique à partir du XIXe siècle – les Juifs défenseurs du capital – et enfin rationalité raciale – les Juifs comme membres d’une race inférieure et menace pour la race aryenne. Mais par-delà leur diversité, toutes ces idéologies préservaient néanmoins un « fond commun », des réflexes de pensée qui, nonobstant leurs différences, assuraient le lien entre les époques. Pour Y. Manor, « un thème revient constamment : celui de la démonisation d’Israël et du Judaïsme, et du mythe paranoïde de la conspiration juive pour asservir et dominer le monde ».

 

Le « test des 3 D »

 

L’antisionisme entre-t-il dans cette catégorie de pensées ? Cette idéologie conteste aux Juifs le droit à l’autodétermination, rejette l’aspiration des Juifs à exercer leur souveraineté sur leur territoire ancestral. Pour ce faire, il peut avoir recours à la négation de la présence historique des Juifs en Eretz Israël, voire refuser tout simplement aux Juifs le statut de collectivité nationale. C’est tout le sens du pamphlet au succès troublant de Shlomo Sand, « Comment le peuple juif fut inventé » (2008). Dès lors, dans sa version radicale, l’antisionisme est animé par le principe de discrimination appliqué aux seuls Juifs, privés du droit à l’autodétermination.

 

C’est la première tare de l’antisionisme dont la rationalité est aussi politique. Mais c’est également dans les modalités que prend sa critique d’Israël que l’antisionisme se pare d’allures antisémites. Au fond, ce n’est pas tant l’opposition à la politique de tel gouvernement israélien qui caractérise ces idéologues ; l’objectif est plus large. Natan Sharansky proposait, dans un article paru en 2003, d’utiliser le « test des 3 D » pour distinguer la « critique légitime d’Israël de l’antisémitisme » :

1) le test de la diabolisation ;

2) le test du deux poids deux mesures ;

3) le test de la délégitimation.

 

Il importe en effet de ne pas stigmatiser toute critique de choix politiques que prendrait un gouvernement israélien ; c’est le sort de tout État et de tout dirigeant. Et brandir l’accusation d’antisémitisme à mauvais escient peut s’avérer aussi bien injuste que dangereux. Mais l'antisionisme n'est pas de l'ordre de la critique ordinaire d'une politique. Pour le politologue Pierre-André Taguieff, auteur d’ouvrages de référence sur la nouvelle judéophobie, « l’antisionisme radical se reconnaît à son argumentation, dont la finalité est de légitimer la destruction d’Israël, en banalisant l’assimilation polémique d’Israël à un « État raciste », ou d’« apartheid », « colonialiste » et « criminel », qu’il est dès lors justifié de boycotter à tous les niveaux (…) » (« Propalestinisme et judéophobie en France. 20002012 », Outre Terre, 2012). L’antisionisme constitue dès lors une opinion mortifère.

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St Michel avec Europalestine

#MemoireJ - "La ville sans juifs", diamant noir du cinéma, cherche ses sauveurs

La cité d'Utopia est en crise, la révolte populaire gronde, son maire imagine une solution: expulser les juifs.

Cette troublante anticipation politique, sortie en 1924, est le film muet "le plus important" du cinéma autrichien mais il y a urgence pour le sauver.

"La ville sans juifs", tourné à Vienne en pleine flambée de l'antisémitisme et du péril nationaliste, a longtemps frustré les cinéphiles.

Amputée de nombreuses scènes, la version du film en noir et blanc connue des archives autrichiennes n'était à l'évidence pas celle qui avait défrayé la chronique lors de sa sortie.

Jusqu'à la découverte fortuite d'une nouvelle version par un collectionneur anonyme il y a un an en France.

Le visionnage de la pellicule jaunie a fait bondir le cœur des équipes de la Filmarchiv Austria, la cinémathèque autrichienne: de nombreuses scènes manquantes, qui restituent à cette satire sa force politique et documentaire, se sont révélées à l'écran. Mais le film d'époque, en nitrate de cellulose, est en très mauvais état.

"Ce document se décompose, il faut le sauver et le rendre accessible, non seulement pour son caractère historique mais pour son message actuel, contre l'exclusion et les murs que l'on construit", explique Nikolaus Wostry, directeur des collections de la Filmarchiv.

Dans des scènes douloureusement prophétiques, des colonnes de juifs quittent la cité, baluchon à la main, sur des routes enneigées. L'exil ou la mort seront le sort, à partir des années 1930, de plusieurs acteurs juifs du film de Breslauer.

Mais la fiction, elle, se termine sur un "happy end": le déclin économique qui frappe Utopia après le départ des juifs est tel que le décret d'expulsion est aboli, permettant le retour des exilés. Une fin qui avait disparu de la copie tronquée du film, mais redécouverte dans la nouvelle version.

Lire l'article Courrier picard: bit.ly/2fSJihX

La grand-messe annuelle de la cybersécurité s'est tenue courant novembre 2016 Tel-Aviv. Plus de 80 pays y étaient invités et 160 entreprises israéliennes présentées. L’Usine digitale a sélectionné cinq start-ups innovantes et d...

C'est dimanche et on vous attend nombreux !
https://www.facebook.com/events/301669970226907/
#ConvCrif

"J'avais des larmes aux yeux quand j'ai entendu ce qu'il se passait" a raconté le rabbin - arabes israéliens, Incendies

#Actu - Russie : Deux patineurs se déguisent en déportés juifs, le Crif réagit

Le Président du Crif, Francis Kalifat a écrit à l’ambassadeur de Russie en France pour exprimer sa protestation après la scandaleuse séquence diffusée dans les médias russes mettant en scène deux patineurs vêtus d’une tenue rayée et de l'étoile jaune des prisonniers des camps de concentration et d'extermination nazis.

L'acteur russe Andrei Burkovsky et la médaillée d'or de danse sur glace aux JO de 2006, Tatiana Navka, épouse du porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov se sont fendus d'une chorégraphie légère et joyeuse lors de l'émission russe de télé réalité « Ice Age » ce samedi 26 novembre.

De nombreuses personnes ont exprimé leur indignation et le Crif a également tenu à partager sa consternation face à cette séquence.

« Il est inacceptable de banaliser le drame vécu par 6 000 000 d’hommes, femmes et enfants lâchement assassinés au seul motif qu'ils étaient juifs et dont la seule sépulture réside dans le souvenir respectueux de leur calvaire », écrit Francis Kalifat.

Le Président du Crif a donc demandé au nom de toutes les victimes et de l’ensemble de la communauté juive, des regrets et des excuses de la part de Mme. Tatiana Navka et son partenaire ainsi qu’une sanction ferme du porte-parole du Kremlin Mr. Dmitri Peskov, son époux.

Coca-Cola a officiellement ouvert mercredi sa première usine dans la bande de Gaza, qui pourrait offrir du travail à des centaines de personnes dans l'en…

#MemoireJ – Commémorations de l’exode des juifs des pays arabes

Depuis 2014, le 30 novembre marque la journée de Commémoration de « l’exil et l’expulsion des Juifs des Etats arabes et de l’Iran », une loi signée par l’ancien Président Shimon Peres.

Une date à la signification particulière, le 29 novembre 1947, l’Assemblée générale de Nations Unies approuve le plan de partition des territoires de la Judée-Samarie et la création d’un État juif (rejeté par les nations arabes).

Le 30 novembre 1947, les attaques contre des juifs dans les pays Arabes sévissent, la situation s’aggravant de jour en jour, des milliers d’entre eux se retrouvant assaillis et expulsés.
850 000 juifs des pays arabes et musulmans (Libye, Maroc, Algérie, Tunisie, Iran, Syrie, Irak, Liban Yémen, Égypte...) ont alors émigré contraints ou par choix au lendemain de la création de l’État d’Israël.

Plusieurs facteurs expliquent cet exode : montée du nationalisme arabe qui mène, lors de la décolonisation, à l’exclusion sociale de certaines populations minoritaires, les difficultés économiques qui poussent les Juifs à chercher un meilleur avenir à l’étranger, les persécutions dans le contexte du conflit israélo-arabe, l’envie de s’installer en Israël par idéal politique et/ou religieux.

Ce rejet de la population juive aura pris différentes formes selon les pays et les époques. De la discrimination juridique en Syrie, à la dénationalisation en Égypte en passant par la spoliation économique et sociale en Libye et au Yémen... Tous les pays arabes sont concernés, dont la Tunisie et le Maroc.

Cet exode marquera la fin d’une présence juive plurimillénaire dans certains de ces pays.

Les descendants de ces réfugiés réclament aujourd’hui justice auprès de l’ONU afin de rétablir la vérité et de reconnaitre le statut de « réfugiés » à leurs familles.

Les chercheurs de l'Université de Tel Aviv ont découvert comment diagnostiquer Alzheimer par un simple test sanguin. Du fait de...

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