#GUEST - L'écrivain et chroniqueur de France 2, Yann Moix, a publié un recueil de réflexions sur le terrorisme « Terreur ». L’auteur s’est exprimé sur ce nouvel ouvrage lors d’une interview donnée à Actualité Juive.
Actualité Juive : Ce livre réunit des notes prises au jour le jour, après les attentats contre Charlie Hebdo et l’Hypercacher. Pourquoi avoir attendu pour le publier ? Est-ce, comme le dit Marc Lambron, parce que « le temps a du talent » ?
Yann Moix : Le temps permet de savoir si l’on est toujours d’accord avec ce que l’on a écrit. J’ai corrigé les épreuves imprimées soit parce que l’actualité m’avait donné tort entre-temps soit parce que je ne pensais plus exactement la même chose.
A.J.: Depuis la parution du livre, vous pourriez ajouter à cette notoriété que la presse publie des extraits d’une lettre de l’un tandis qu’un autre, repenti -vous n’y croyez pas-, est invité sur un plateau télé…
Y.M. : Je vais écrire un autre livre :
« Terreur. Suite ». Que le type qui a formé les Kouachi vienne pérorer à la télévision est pour moi pornographique. Je ne crois pas à la déradicalisation. La radicalité est une intention qui va jusqu’à son terme.
A.J.: Sans vision du monde et sans corpus idéologique, ce terrorisme n’a pas davantage de corpus antisémite…
Y.M. : Face à un antisémite raciste, on a eu les instruments scientifiques, idéologiques et philosophiques ; face à l’antisémite religieux, on a utilisé l’appareil théologique ou historique ; face à l’antisémite hostile à l’existence d’Israël, on peut expliquer, preuves à l’appui, qu’Israël a la légitimité d’être et que pour des raisons historiques, les choses sont plus complexes. Face à celui pour lequel un juif n’est pas celui qu’il faut tuer mais celui qu’il vient de tuer, qui ne sait pas où se trouve Israël, face à cet antisémitisme vidé de son contenu, les Juifs sont beaucoup plus en danger. Ne plus pouvoir se raccrocher à un discours nous force à reconsidérer les mots : c’est un travail d’écrivain, usant mais nécessaire.
A.J.: Pourquoi ériger les victimes juives au rang de « martyrs suprêmes » ?
Y.M. Le martyr suprême est celui qui ne sait pas qu’il est mort en martyr. On m’a opposé qu’il était horrible, pour leur mémoire, de dire que ces victimes étaient mortes au nom de rien. Dans leurs souffrances infinies, les déportés ont eu le temps de prier. Celui qui faisait tranquillement ses courses est mort, rattrapé par un nouvel avatar de l’antisémitisme venu lui rappeler qu’il était juif en le tuant sans sommation, lui ôtant la possibilité de regarder la mort en face.
(...)
Pour lire l'intégralité de l'interview : bit.ly/2k1ZPqM
Pour participer à notre soirée #AmisDuCrif conférence-débat avec notre invité Yann Moix le 27 février prochain, inscrivez-vous sur le lien suivant : bit.ly/2jEw2QG !
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“Réflexions sur la terreur islamiste”
Avec notre invité, l’écrivain Yann Moix
Save the date : lundi 27 février 2017 de 19h30 à 22h à l'hôtel InterContinental Paris Le Grand, 2 rue Scribe, 75009 Paris.
Réservez vite vos places : bit.ly/2jEw2QG
#AmisDuCrif
Actualité Juive : Ce livre réunit des notes prises au jour le jour, après les attentats contre Charlie Hebdo et l’Hypercacher. Pourquoi avoir attendu pour le publier ? Est-ce, comme le dit Marc Lambron, parce que « le temps a du talent » ?
Yann Moix : Le temps permet de savoir si l’on est toujours d’accord avec ce que l’on a écrit. J’ai corrigé les épreuves imprimées soit parce que l’actualité m’avait donné tort entre-temps soit parce que je ne pensais plus exactement la même chose.
A.J.: Depuis la parution du livre, vous pourriez ajouter à cette notoriété que la presse publie des extraits d’une lettre de l’un tandis qu’un autre, repenti -vous n’y croyez pas-, est invité sur un plateau télé…
Y.M. : Je vais écrire un autre livre :
« Terreur. Suite ». Que le type qui a formé les Kouachi vienne pérorer à la télévision est pour moi pornographique. Je ne crois pas à la déradicalisation. La radicalité est une intention qui va jusqu’à son terme.
A.J.: Sans vision du monde et sans corpus idéologique, ce terrorisme n’a pas davantage de corpus antisémite…
Y.M. : Face à un antisémite raciste, on a eu les instruments scientifiques, idéologiques et philosophiques ; face à l’antisémite religieux, on a utilisé l’appareil théologique ou historique ; face à l’antisémite hostile à l’existence d’Israël, on peut expliquer, preuves à l’appui, qu’Israël a la légitimité d’être et que pour des raisons historiques, les choses sont plus complexes. Face à celui pour lequel un juif n’est pas celui qu’il faut tuer mais celui qu’il vient de tuer, qui ne sait pas où se trouve Israël, face à cet antisémitisme vidé de son contenu, les Juifs sont beaucoup plus en danger. Ne plus pouvoir se raccrocher à un discours nous force à reconsidérer les mots : c’est un travail d’écrivain, usant mais nécessaire.
A.J.: Pourquoi ériger les victimes juives au rang de « martyrs suprêmes » ?
Y.M. Le martyr suprême est celui qui ne sait pas qu’il est mort en martyr. On m’a opposé qu’il était horrible, pour leur mémoire, de dire que ces victimes étaient mortes au nom de rien. Dans leurs souffrances infinies, les déportés ont eu le temps de prier. Celui qui faisait tranquillement ses courses est mort, rattrapé par un nouvel avatar de l’antisémitisme venu lui rappeler qu’il était juif en le tuant sans sommation, lui ôtant la possibilité de regarder la mort en face.
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Pour lire l'intégralité de l'interview : bit.ly/2k1ZPqM
Pour participer à notre soirée #AmisDuCrif conférence-débat avec notre invité Yann Moix le 27 février prochain, inscrivez-vous sur le lien suivant : bit.ly/2jEw2QG !
La Faculté de Droit et Science politique de l’université de Montpellier a organisé une conférence internationale intitulée : « Du discours de haine en ligne au cyberterrorisme », avec l’aide de l’Union européenne.
La prolifération des discours de haine sur internet et la résurgence du racisme, de la xénophobie, de l’homophobie, et plus généralement de l’intolérance, terreau du terrorisme et d'autres formes de violence, constituent aujourd’hui une préoccupation mondiale et une menace sérieuse, tant pour la stabilité des Etats que pour la cohésion et la paix sociale.
Les progrès technologiques, la démocratisation du web, la facilité d’utilisation des réseaux sociaux et l’anonymat qui entraînent un sentiment d’impunité chez l’internaute, favorisent la multiplication de discours haineux. (…)
Accédez à l’intégralité de l’article de Marc Knobel, historien et directeur des Etudes au Crif ici : urlz.fr/4N0c