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Publié le 5 Août 2022

Attentat de la rue des Rosiers - 40 ans après...

Le 9 août, nous commémorons le triste anniversaire de l'attentat de la rue des Rosiers. Il y a 40 ans, le lundi 9 août 1982, vers 13h15, plusieurs hommes pénètrent dans le restaurant Jo Goldenberg, situé rue des Rosiers, dans le quartier du Marais, à Paris. Soudainement, c'est le chaos.

Cérémonie nationale d'hommage aux victimes de l'attentat de la rue des Rosiers

mardi 9 août 2022, à 13h

à suivre en direct sur la page Facebook du Crif

 

Cette cérémonie est organisée par le Ministère de la Justice, en partenariat avec le Crif, l'AfVT et la FENVAC.

Plusieurs prises de paroles rythmeront la cérémonie parmi lesquelles celle du Garde des Sceaux, ministre de la Justice Eric Dupond-Moretti, du représentant de la Maire de Paris, du représentant du Maire de Paris Centre, du Président du Crif Yonathan Arfi, de victimes de l'attentat et de familles de victimes.

 

L'attentat de la rue des Rosiers, il y a 40 ans...

Le 9 août 1982, des terroristes jettent une grenade à l’intérieur du restaurant Jo Goldenberg avant de faire feu sur les clients attablés et le personnel. Dans sa fuite, le commando traverse le quartier du Marais en ouvrant le feu dans la foule. En trois minutes, 6 personnes sont tuées et 22 blessées.

 

Mohamed BENNEMOU

André HEZKIA NIEGO

Grace CUTER

Anne VAN ZANTEN

Denise GUERCHE ROSSIGNOL

Georges DEMETER

Nous ne les oublions pas 

 

Une première revendication provient du groupe Action directe mais l'organisation anarcho-communiste se rétracte et condamne l'acte qualifié d' "erreur politique".

L'enquête, menée par le juge Jean-Louis Bruguière jusqu'en 2007, incrimine rapidement le Fatah-Conseil révolutionnaire d'Abou Nidal. En 2008, un journaliste lance une piste néonazie. Mais, en 2011 cette piste est abandonnée par le juge Marc Trévidic, qui a identifié les auteurs de la fusillade grâce à des témoignages d'anciens membres du Fatah obtenus grâce à une procédure "sous X". Le juge antiterroriste Marc Trévidic parvient à recueillir de nouveaux témoignages en 2015.

Plusieurs individus sont alors identifiés : trois tueurs présumés et le cerveau logistique de l'opération. Le juge antiterroriste délivre quatre mandats d'arrêt contre l'organisateur présumé de l'attentat et trois membres possibles du commando qui avait mené cet assaut terroriste. Cependant, la justice jordanienne rejette la demande d'extradition de ses deux ressortissants d'origine palestinienne, Souhair Mouhamed Hassan Khalid al-Abassi, présenté comme le cerveau de cette attaque, anciennement numéro 3 du "comité des opérations spéciales" du Fatah-CR et Nizar Tawfiq Mussa Hamada, membre présumé du commando. La justice française recherchait aussi Mahmoud Khader Abed Adra, qui vit aujourd'hui en Cisjordanie et Walid Abdulrahman Abou Zayed qui vit en Norvège.

Le 8 août 2017, dans un communiqué conjoint, le Crif et l’Association française des Victimes du Terrorisme (AfVT) ont appelé "les autorités françaises à tout mettre en œuvre auprès de leurs homologues norvégiens, jordaniens et palestiniens pour que les suspects soient entendus en France par le juge en charge du dossier et que la justice puisse travailler en toute indépendance et en-dehors de toute considération politique".

En mars 2019, le Président du Crif a demandé à rencontrer S.E. Madame l’Ambassadeur de Norvège, Oda Helen Sletnes, au sujet de la demande d'extradition par la France d'un des terroristes présumés. Il était accompagné par Guy Benarousse, blessé lors de l'attentat.

En 2020, Walid Abdulrahman Abou Zayed, 62 ans, a été extradé de Norvège vers la France où il a été mis en examen pour "assassinats" et "tentatives d’assassinats" et placé en détention provisoire en l’attente d’être jugé. Mais le juge chargé de l’enquête a aussitôt saisi la cour d’appel de Paris d’une possible erreur de procédure.

La cour d'appel de Paris a finalement validé l'enquête en rejetant deux possibles irrégularités. Le procès est toujours en attente.

Enfin, il y a quelques semaines, le 20 juillet 2022, l'Elysée a annoncé la visite du représentant de l'autorité palestinienne, Monsieur Mahmoud Abbas. Dans ce contexte, le Crif et l'Association française des victimes du Terrorisme ont solennellement demandé à Monsieur le Président, au nom des victimes de l'attentat de la rue des Rosiers et de leurs familles, de bien vouloir mettre en œuvre tout ce qui est en son pouvoir pour que justice puisse leur être rendue.

L'Autorité palestinienne, comme la Jordanie, persistent à rejeter les demandes d'extradition formulées par la justice française.