Blog du Crif - Amos Gitaï au Théâtre de la Ville : de la responsabilité artistique

10 September 2019 | 37 vue(s)
Catégorie(s) :
France

Au théâtre de l'Atelier, Le livre de ma mère réveille les souvenirs et sublime la relation la plus sincère qui est donnée à l'homme de connaître.

Vendredi 23 février, j'ai rencontré Tomasz Młynarski, Ambassadeur de Pologne en France.

Jean-Pierre Allali partage avec vous ses appréciations littéraires au fil de ses lectures. Aujourd'hui, il nous parle du livre de Dina Porat, Le Juif qui savait Wilno-Jérusalem : la figure légendaire d’Abba Kovner, 1918-1987.

La première djihadiste française capturée à Mossoul par les forces irakiennes en juillet 2017, Mélina Boughedir, a été condamnée, lundi 19 février, à sept mois de prison pour l’entrée illégale en Irak. La cour pénale de Bagdad a ordonné la remise en liberté et l’expulsion en France de la jeune femme de 27 ans, sa peine étant couverte par sa détention préventive, rapporte Le Monde du 19 février. Qui sont ces femmes désintégrées, déstructurées et aveuglées par la propagande développée par les djihadistes et qui ont été des proies faciles. C'est ainsi qu'elles se sont déshumanisées et ont participé à cette orgie barbare et moyenâgeuse qu’est le djihadisme.

En tant que lecteur de la newsletter du Crif, bénéficiez d'un tarif préférentiel ! La place à 15 euros au lieu de 20 euros. Réservations par téléphone : 01 43 27 88 61 avec le code CRIF           

Le 4 février 2018, le Crif et les Amis du Crif ont organisé un voyage de mémoire dans les camps d’Auschwitz-Birkenau. Près de 200 personnes ont participé à cette journée exceptionnelle, qui a marqué les mémoires de chacun. Une délégation d’élus et de personnalités publiques m'a également accompagné. Nous avons aussi eu l'honneur d'être accompagnés par Ginette Kolinka, réscapée d'Auschwitz.

En fin de journée, nous avons tenu une courte cérémonie d'hommages ponctuée de plusieurs discours et de prières animées par le Rabbin Moché Lewin. En conclusion de cette intense journée, le Shofar a resonné au milieu du silence etourdissant de l'immense complexe de Birkenau.

Depuis quelques semaines, le texte épistolaire de Sholem Aleichem a investi la petite – mais non moins prestigieuse – scène du Théâtre de la Huchette, à Paris.

Hier, je me suis exprimé sur la récente vague d'antisémitisme qui secoue la France. J'ai demandé à l'ensemble de la communauté nationale de faire front contre la haine antisémite. J'ai également rappelé l'importance pour la justice française d'appliquer des peines suffisamment lourdes pour être dissuasives.

De ce 9 janvier 2015, nous voulons retenir une autre image, cette belle image. Celle de Lassana Bathily.

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Actualité

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Le 34ème Dîner du Crif a eu lieu mercredi 20 février 2019

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Opinion

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Un billet de blog de Chloé Blum

Il y a quelques jours, bercée par le soleil léger de septembre, je m’élançais le cœur en joie vers l’Espace Pierre Cardin qui abrite le Théâtre de la Ville le temps des travaux.

Comme à chaque fois que je me rends au théâtre, et encore davantage pour y découvrir le spectacle d’un artiste que j’apprécie, j’étais animée par une certaine émotion.

Pour ouvrir la saison artistique, le Théâtre de la Ville a mis à l’honneur Amos Gitaï dont il a fait son « Artiste Ambassadeur » pour cette nouvelle année de théâtre. Les spectateurs parisiens ont ainsi pu découvrir son nouveau spectacle, Letter to a friend in Gaza.

Dès l’annonce de la saison, j’ai été ravie de constater que Paris donnait à nouveau un espace d’expression de qualité à Amos Gitaï. A l’automne dernier, j’avais découvert Yitzhak Rabin, chronique d’un assassinat un spectacle qui mettait en lumière les circonstances de la mort de Yitzhak Rabin. Amos Gitaï était parvenu à montrer le déchirement de la société israélienne et les complexités de la recherche de la paix avec la grâce et l’intelligence qu’on lui connaît. Ce spectacle était présenté dans l’immense salle de la Philharmonie de Paris dans laquelle 2400 personnes s’étaient installées chaque soir de représentation.

Amos Gitaï est un artiste dont je connais le travail depuis des années, après que mon père m’ait fait découvrir la scène mythique d’une Nathalie Portman en larmes, au cœur du splendide et brut Free Zone. Au-delà de son expertise artistique, j’ai tout de suite aimé son engagement indéfectible pour la paix et l’expression franche de ses opinions politiques - similaires aux miennes, celles de la gauche israélienne historique.

C’est pour cela sans doute que la critique honnête et pertinente d’une partie de la droite israélienne et la dénonciation politique sans détours qu’il proposait dans son spectacle à la Philharmonie m’avait autant touchée. J’aimais l’idée d’un artiste israélien puisse offrir au monde une entrevue sur la vie des partisans de la paix.

Jeudi dernier, donc, j’attendais ce nouveau rendez-vous avec un peu d’impertinence, me sentant peut-être plus à ma place que la plupart des spectateurs. Parmi eux, des Parisiens sans doute plus habitués aux mondanités de l’Odéon qu’au public de théâtreux du Théâtre de la Ville.

En découvrant la librairie du spectacle, j’ai été un peu surprise par les choix littéraires qui étaient proposés : Mahmoud Darwich, Amos Oz et Aharon Appelfeld. Sans bien voir ce qui pouvait lier ces trois auteurs sinon la passion pour leurs terres, je constatai que les ouvrages de Darwich attiraient bien du mouvement.

Le spectacle que j’ai vu ce soir-là est loin d’avoir enchanter mon esprit et mon cœur. Pendant une heure et demie, trois personnages, disposés autour d’une table rectangulaire équipée de micros et de caméras Go-Pro face aux visages des acteurs, récitent tour à tour les textes de poètes et écrivains palestiniens et israéliens. Darwish en tête.

Si la beauté des textes de Mahmoud Darwich transpire une poésie certaine, elle est ici mise au service d’un spectacle plein de clichés et sans subtilité.

Amos Gitaï offre une représentation très orientée du conflit israélien-palestinien, plaçant les personnages palestiniens en victimes subissant sans pouvoir agir une occupation israélienne féroce. Le thème de la culpabilité est particulièrement mis en avant du côté des personnages israéliens qui s'interrogent sur ce qu'ils acceptent et sur ce qu'ils ont intégré à leurs vies quotidiennes.

Alors, au-delà d’une mise en scène quasi inexistante, d’une scénographie déjà vue (il s’agit de la même qu’à la Philharmonie l’an dernier), et d’un manque criant de créativité, ce spectacle, parce qu'il est montré à un public peu initié au sujet précis du conflit israélo-palestinien, est dangereux. 

En traitant du conflit le plus commenté de tous les temps depuis la Guerre de Troie d’une manière expéditive, il est dangereux.

En apportant sur la scène d’un théâtre public français les souffrances de deux peuples en s’autorisant à les hiérarchiser, il est dangereux.

En contournant les subtilités et les complexités de deux sociétés, il est dangereux.

En s’aventurant à des comparaisons historiques douteuses, il est dangereux.

En diffusant des photos dignes des Unes des plus abjectes des tabloïdes, il est dangereux.

Le Théâtre de la Ville a-t-il oublié sa responsabilité artistique ? A-t-il oublié le rôle qu’il joue dans une société parisienne où l’on consomme de l’art comme on dîne en terrasse ?

Visiblement, oui. Comment aurait-il, sinon, permis de montrer un spectacle qui n’a de cesse de stigmatiser la société israélienne, de la réduire à sa qualité militaire stricte, et de la rendre responsable d’un conflit  qu’il l’a divise et l’a fait souffrir depuis plus de 70 ans ?

Amos Gitaï se la joue israélien brisé qui veut mettre en avant les indélicatesses de son pays dont il est aujourd’hui lui-même la victime.

Mais, cher Amos, ici, on est en France. Ici, dans des manifestations contre la violence à Gaza, on tient de pancartes « Mort aux juifs » dans les rues de Paris. Ici, un juif est un israélien. Ici, l’antisémitisme le loge dans les recoins les plus sinueux de l’antisionisme.

Ici, un spectacle pareil a pour effet d’implanter encore davantage l’idée qu’Israël n’est qu’un monstre colonisateur sans état d’âme, une force qui s’épanouit dans la toute puissance et qui ne connaît aucune accalmie.

J’ai bien noté, Amos, la férocité avec laquelle vous avez choisi de faire sonner l’hébreu dans la voix pourtant si douce de Yaël Abécassis et la tendresse que vous avez placez dans les paroles en arabe de Darwich.

Je n'ai finalement qu'à vous lancer mes félicitations ironiques. Bravo pour la gravure ridicule de David et Goliath placée à la fin des photos prises à la frontière gazaouie.

Bravo pour cette fausse subtilité qui entend qu’avec un caillou, on peut tuer l’occupant.

Bravo pour l'importation d’un conflit qui fait couler autant d’encre que de sang.

Bravo pour ce spectacle sans âme dont même les maladresses ne parviennent pas à émouvoir.

Chloé Blum

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