Jean Pierre Allali

Membre du Bureau Exécutif du CRIF, Jean-Pierre Allali préside la Commission des Relations avec les Syndicats, les ONG et le Monde Associatif.

Lectures de Jean Pierre Allali - Le trésor familier des rythmes, de Daniel Cohen

07 Novembre 2018 | 92 vue(s)
Catégorie(s) :
France

Vendredi 23 février, j'ai rencontré Tomasz Młynarski, Ambassadeur de Pologne en France.

Jean-Pierre Allali partage avec vous ses appréciations littéraires au fil de ses lectures. Aujourd'hui, il nous parle du livre de Dina Porat, Le Juif qui savait Wilno-Jérusalem : la figure légendaire d’Abba Kovner, 1918-1987.

La première djihadiste française capturée à Mossoul par les forces irakiennes en juillet 2017, Mélina Boughedir, a été condamnée, lundi 19 février, à sept mois de prison pour l’entrée illégale en Irak. La cour pénale de Bagdad a ordonné la remise en liberté et l’expulsion en France de la jeune femme de 27 ans, sa peine étant couverte par sa détention préventive, rapporte Le Monde du 19 février. Qui sont ces femmes désintégrées, déstructurées et aveuglées par la propagande développée par les djihadistes et qui ont été des proies faciles. C'est ainsi qu'elles se sont déshumanisées et ont participé à cette orgie barbare et moyenâgeuse qu’est le djihadisme.

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Le 4 février 2018, le Crif et les Amis du Crif ont organisé un voyage de mémoire dans les camps d’Auschwitz-Birkenau. Près de 200 personnes ont participé à cette journée exceptionnelle, qui a marqué les mémoires de chacun. Une délégation d’élus et de personnalités publiques m'a également accompagné. Nous avons aussi eu l'honneur d'être accompagnés par Ginette Kolinka, réscapée d'Auschwitz.

En fin de journée, nous avons tenu une courte cérémonie d'hommages ponctuée de plusieurs discours et de prières animées par le Rabbin Moché Lewin. En conclusion de cette intense journée, le Shofar a resonné au milieu du silence etourdissant de l'immense complexe de Birkenau.

Depuis quelques semaines, le texte épistolaire de Sholem Aleichem a investi la petite – mais non moins prestigieuse – scène du Théâtre de la Huchette, à Paris.

Hier, je me suis exprimé sur la récente vague d'antisémitisme qui secoue la France. J'ai demandé à l'ensemble de la communauté nationale de faire front contre la haine antisémite. J'ai également rappelé l'importance pour la justice française d'appliquer des peines suffisamment lourdes pour être dissuasives.

De ce 9 janvier 2015, nous voulons retenir une autre image, cette belle image. Celle de Lassana Bathily.

Pages

Le trésor familier des rythmes*, de Daniel Cohen

C’est l’histoire d’une vie, celle de l’auteur, petit Juif saharien, amené comme des dizaines de milliers de coreligionnaires à quitter l’Algérie natale et à s’installer en France où il deviendra, au grand dam de ses parents qui auraient voulu qu’il soit rabbin, éditeur et écrivain.

Daniel Cohen écrit ses mémoires dans une langue superbe, précieuse même, n’hésitant pas, au besoin, à user de néologismes. Amoureux infini des livres et du Larousse, il nous fait partager sa passion des belles bibliothèques. Amateur d’art, il nous fait découvrir des peintres qu’il a aimés et collectionné.

Il était une fois, une famille juive à Colomb-Béchar, aux confins du désert, du grand Erg, une ville bordée par les monts Antar, Grouz et Béchar et dont la place centrale portait le nom des « Chameaux ».

L’auteur évoque la vie juive, la synagogue de Kénadsa, rue du lieutenant Ferrand, la préparation à la bar-mitzva , les fêtes juives, Pessah avec une immense table où se retrouvaient une quarantaine de convives, le couscous qui précède la cure d’azymes, Souccot et ses tentes, les fiançailles et les épousailles , la vie de famille au quotidien                       ou encore les visites au cimetière de « Moula Béchar » où sa mère, qui, par ailleurs, considérait les rouleaux de la Torah comme des poupées,  allumait des bougies dans la crypte d’un saint vénéré.

Il raconte aussi les copains d’enfance : Salé, Flora, Mustapha…

Un sujet sensible est traité par le biais d’anecdotes, celui de l’antisémitisme en terre d’islam. Ainsi, quand le petit Daniel s’approche imprudemment d’une mosquée et se fait durement rabrouer ou encore quand une voisine arabe le sermonne méchamment : « Ne viens pas de ce côté, fils de porc, tu salis notre trottoir. Nous vous égorgerons tous, Juifs immondes ! M’as-tu entendu, jamais sur ce trottoir ». « Elle me cracha sur le visage, me poussa, et, avant que je reprenne souffle, elle claqua sa porte le plus sèchement qu’elle aurait pu ». Et Cohen de conclure ; « En Afrique du Nord, nos communautés avaient dû se soumettre aux Romains, aux Almohades, aux Berbères, aux Alaouites, aux Ottomans. Le crachat a été une leçon de vie ».

Pour lui, « Ce livre ramasse la question juive comme on me l’a plaqué et comme je l’ai reçue ».

Et puis, un jour, la grande cassure. Avec l’indépendance de l’Algérie, c’est le grand départ, l’exil forcé. Après avoir un temps songé à rejoindre la Grande-Bretagne, la famille se retrouve à Marseille, au camp de transit du Grand Arénas avant la montée à Paris.

Daniel Cohen remonte le fil de sa vie : réussites et échecs, amours et déceptions, maladie et rémission…

Autres thèmes traités au fil des pages de ce livre très dense : l’apparition des livres numériques qui met en péril le livre-papier, la littérature et la civilisation japonaises, l’Afrique Noire et les Antilles et, bien entendu, Israël.

Attachant et émouvant.

Jean-Pierre Allali

(*) Editions Orizons. Mai 2018. 772 pages. 25 euros.

 

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