Bruno Benjamin

Président du Crif Marseille Provence

Le billet de Bruno Benjamin - Le virus de l'antisémitisme sur les réseaux sociaux

01 Février 2021 | 304 vue(s)
Catégorie(s) :
France

Mardi 10 octobre 2017, j'ai été reçu par le Ministre de l'Europe et des Affaires étrangères pour un long tour d'horizon.

Portrait de Invité
#BlogDuCrif - Devoir de mémoire
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20 Septembre 2017
Catégorie : France

Il y a 76 ans, le 15 décembre 1941, 69 hommes ont été fusillés au Fort du Mont Valérien à Suresnes, dans les Hauts de Seine par les autorités d’occupations allemandes. Ces hommes, français et étrangers, furent arrêtés par les forces de polices françaises de la Préfecture de police du département de la Seine (à l’époque).

Je vais vous raconter l’histoire de Moritz Singer, mon oncle, le frère de ma mère, un de ces fusillés.

En 2017, Roger Pinto, sa femme et son fils ont été séquestrés, violentés et détroussés à leur domicile de Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis), "une agression antisémite" condamnée par le Crif et le ministre de l'Intérieur. Une première ?

"Je m’en vais vous mander la chose la plus étonnante, la plus surprenante, la plus merveilleuse, la plus miraculeuse, la plus triomphante, la plus étourdissante, la plus inouïe…"
 

 

"The strength of a Nation always lies in the the way it looks at its History and and its ability to teach it to future generations".

 

"La force d’une Nation réside toujours dans le regard qu’elle sait porter sur son histoire et sa capacité à l’enseigner aux générations suivantes."

 

En juin 2017, quelques mois après l'assassinat de Sarah Halimi, Francis Kalifat, Président du Crif, publiait cette tribune en hommage à Sarah Halimi, devenue le triste symbole de l'antisémitisme qui tue. 

Sarah Halimi, une retraitée a été battue à mort à Paris, le 4 avril 2017 et son calvaire a duré plus d'une heure. Et, il s'agit bien d'un meurtre antisémite.

Thierry Noël-Guitelman est un journaliste, membre de l'association Hébraïca à Toulouse. Il a engagé, en 2004, des recherches familiales sur l'étoile jaune, sa tante Ida Seurat-Guitelman, ayant obtenu une exemption.

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Actualité

"On s'est dit au-revoir. C'était un au-revoir mais qu'y avait-il derrière cet au-revoir ?"

Dans leur numéro de janvier, le magazine Youpi, destiné aux enfants de 5 à 8 ans, a clairement laissé entendre à ses jeunes lecteurs qu' "Israel n'était pas un vrai pays".

"Je m’en vais vous mander la chose la plus étonnante, la plus surprenante, la plus merveilleuse, la plus miraculeuse, la plus triomphante, la plus étourdissante, la plus inouïe…"
 

 

En juin 2017, quelques mois après l'assassinat de Sarah Halimi, Francis Kalifat, Président du Crif, publiait cette tribune en hommage à Sarah Halimi, devenue le triste symbole de l'antisémitisme qui tue. 

Sarah Halimi, une retraitée a été battue à mort à Paris, le 4 avril 2017 et son calvaire a duré plus d'une heure. Et, il s'agit bien d'un meurtre antisémite.

Thierry Noël-Guitelman est un journaliste, membre de l'association Hébraïca à Toulouse. Il a engagé, en 2004, des recherches familiales sur l'étoile jaune, sa tante Ida Seurat-Guitelman, ayant obtenu une exemption.

Portrait de Gil Taïeb
Nous sommes debout
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03 Avril 2017
Catégorie : France, Actualité, Opinion

Samedi 1er avril place du Châtelet se sont réunies une centaine de membres du Collectif Boycott Israël

Francis Kalifat, the Crif President gave a speech at the annual Crif's dinner 2017. 

Le judaïsme indien est assez méconnu en France. Pourtant, il est d'une implantation millénaire. Il y avait environ 35 000 Juifs aux Indes lors de la création de l'État d'Israël

Johnny est malade. Oui, le grand Johnny. Lundi, la fille de Johnny Hallyday avait annoncé que son père souffrait d'un cancer avant de crier au piratage de son compte. Ce mercredi soir, c'est finalement le chanteur lui-même qui prend soin d'envoyer un mot sur Twitter pour rassurer ces fans. Si on lui a dépisté « des cellules cancéreuses » pour lesquelles il est « traité », il assure être confiant sur son suivi. "Mes jours ne sont pas aujourd'hui en danger, rappelle L’Express du 9 mars.

Cela paraîtra peut-être étrange à certains de mes lecteurs, mais j’aime Johnny, j’aime son timbre de voix, j’aime aussi certaines de ces chansons, je suis presque, presque un fan.

Pourquoi dans cette affaire, est-ce Bensoussan qui seul est poursuivi en justice et non pas simultanément Smaïn Laacher ?

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Opinion

Je me suis exprimé sur les enjeux de l'élection présidentielle pour la communauté juive française.

Portrait de Stéphanie Dassa
Documentaire Sauver Auschwitz
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23 Janvier 2017
Catégorie : Opinion

"Sauver Auschwitz ?" un documentaire diffusé le 24 janvier à 22h40 sur Arte 

Le boycott des produits israéliens (nous) glace le sang.

Le racisme qui frappe la communauté asiatique est insupportable.
 

Vouloir profiter de l'actuelle polémique pour assimiler les arrêtés anti-burkini à la Saint-Barthélemy et à la Shoah, c'est tomber dans l'indigne et le nauséabond 

A l'occasion de l'assemblée générale du Crif réunie le 29 mai 2016, j'ai prononcé mon discours de candidature.

Depuis des années, l’historien Marc Knobel a de salutaires obsessions et une puissante détermination. L’une de ses salutaires obsessions, sur laquelle il a beaucoup travaillé et mené de profondes recherches, est cette diffusion sans frontières, sans retenues et sans toujours grandes oppositions, des haines multi-formes qui s’entretiennent.

Pour comprendre cet accord entre l’Iran et les grandes puissances sous la direction stratégique des USA, il faut essayer de comprendre la nouvelle politique internationale de l’administration américaine

Eté 2014. Pendant 1 mois et 18 jours, Israël a vécu au rythme des alertes et d’une guerre qui ne dit pas son nom. Un an plus tard. Juillet 2015 : Que reste-t-il de ces jours d’angoisse ?

Le 23 juin dernier, l’Union des étudiants juifs de France a célébré son 70e anniversaire à l’Hôtel de Ville de Paris. Magie des réseaux sociaux, j’ai vécu à distance cette soirée avec enthousiasme et frustration. L’occasion pour moi de replonger dans mes années Uejf.

Comme chaque été, de nombreux juifs ont décidé de quitter la France pour s’installer en Israël. On parle de 8000 à 10 000 pour l’ensemble de l’année 2015. J’ai moi-même fait ce choix en 2013  et pourtant j’ai, plus que jamais, envie de parler de ceux qui restent. 

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Dernièrement, nous avons évidemment énormément évoqués cet antisémitisme primaire et odieux qui a visé April Benayoun.

Parce qu’on était en direct, que l’évènement était suivi par des millions de personnes et parce que la presse s’est emparée de l’affaire, le retentissement médiatique a été à la hauteur du mélange de lâcheté, de bassesse, de bêtise, de haine mais au-delà du sort réservé sur les réseaux sociaux à cette jeune femme résume parfaitement un phénomène plus global celui de l’antisémitisme,  du racisme et de toutes les haines qui circulent sur ces réseaux.

Le racisme et l’antisémitisme sont des invariables. Leur nature est différente, mais ils forment cette double haine structurante. Ne nous y trompons pas : la haine continue de s’abreuver du même poison : les préjugés, un complotisme délirant, la recherche des boucs  émissaires. Or, à chaque fois, la violence antisémite franchit des seuils. Toutes les cases de l’aversion profonde sont cochées :

  • la violence verbale sans fard,
  • un grand nombre de rédacteurs qui s’échauffent, s’emballent, s’engrènent, un effet de groupe,
  • l’anonymat, l’arme des faibles, le paravent de la haine ordinaire,
  • une cible, le plus souvent une communauté, mais d’autres fois simplement une différence,
  • l’impossibilité ou la peur de celui qui est visé de répondre,
  • l’impunité de ceux qui insultent.

Donc, de cette affaire, je retiens le caractère abject mais aussi un exemple parmi d’autres d’un phénomène qui s’est installé de façon inquiétante dans nos sociétés.

 

Toute agression contre un Juif est une attaque contre la République. Intégrés à celle-ci, imprégnés de ses valeurs universelles, nous y sommes profondément attachés. Cela m’autorise à demander aux autorités, car l’urgence s’impose, un retour de la République partout, sur l’ensemble du territoire, à commencer par les zones ghettoïsées où la mixité sociale a quasiment disparu.  D’autant que les soldats de l’islamisme radical vont continuer de raffiner dans l’inattendu, l’imprévisible. C’est une forme de guerre de l’ombre, silencieuse, qui nous est déclarée. Il faut y faire face en mobilisant toutes les énergies.

L’accoutumance progressive à la diffamation des Juifs se retrouve chez les islamo-gauchistes. Leur cible, c’est l’Etat d’Israël en butte à de multiples critiques et tentatives de déstabilisation. Leur antisionisme est un avatar du palestino-progressisme des années 70 qui consiste, par principe, à présenter les Palestiniens comme un peuple brimé, maltraité, volontairement maintenu dans le sous-développement. C’est  toute une école de pensée articulée autour de cette idée : Israël, je te reconnais le droit à l’existence mais dénie toute légitimité à ce qui te fonde ! Pour d’autres, je ne te reconnais aucuns droits, aucune légitimité. Mais ces esprits tordus, promoteurs du boycott économique, politique et culturel, ne trompent que ceux qui veulent bien l’être. Leur combat en faveur des Palestiniens est un leurre. Il ne s’agit en fait que d’un anti sionisme avéré.

 

Si le harcèlement est compris comme une attaque, une insulte, une menace,  répétée dans la durée, contre une personne que ce soit sur les réseaux sociaux ou par tout autre canal, la justice doit relever la garde et sévir, son rôle est de garantir la sécurité et de prendre toutes les mesures adéquates qui éviteraient la récidive.

 

Souhaitons qu’il y ait peut-être aussi quelques signaux forts que les tribunaux ont adressés à ces séides qui profèrent ces propos inacceptables.

L’exemple de ce jeune algérien qui travaillait chez Deliveroo et qui refusa de livrer des plats à des clients juifs. La justice a été expéditive, elle l’a condamné à 4 mois de prison ferme et à son expulsion vers son pays d’origine.

En d’autres termes quand le fait antisémite est avéré et que la sanction est rapide et proportionnée, on peut imaginer que ça marque les esprits les plus faibles.

 

Comment lutter contre le harcèlement et plus généralement la haine qui se déverse sur les réseaux sociaux ?

Je milite depuis plusieurs mois pour la mise en place d’une sorte d’HADOPI de l’antisémitisme, on sanctionne le téléchargement clandestin, on doit pouvoir déceler et sanctionner les propos antisémites et racistes sur la toile en général et les réseaux en particulier. Donald Trump a vu ses comptes bloqués quand il a harangué ses partisans pour les inciter à l’action dans le Capitole.

Ce qui est possible pour le président des Etats-Unis doit être possible pour un individu lambda.

Mais ce qui se passe sur les réseaux sociaux pose aussi la question de l’anonymat. Je considère qu’on ne peut plus faire l’économie d’un débat sur l’anonymat.

D’une manière contraire, s’exprimer derrière le paravent d’un pseudonyme peut être vu comme une réelle liberté certes ; « je peux enfin dire ce que je pense sans prendre le risque d’être pénalisé par exemple par ma hiérarchie, je peux même dénoncer des comportements délictueux sans crainte d’être rattrapé par les auteurs de ces faits ».

Mais attention, dans l’agora de la toile je peux aussi transgresser tous les interdits, divulguer les idées les plus nauséabondes, les plus viles sans être identifié.

 

La loi sanctionne ces propos et ces comportements s’ils sont prononcés dans les médias traditionnels, dans la rue, à l’école, dans l’entreprise. Mais nous avons le sentiment que sur les réseaux sociaux parce que nous pouvons avancer masqués, nous bénéficions d’une impunité totale.

La démocratie a créé ses anticorps, ce sont les lois qui sanctionnent l’antisémitisme, sur la toile il faudrait un vaccin et ce vaccin, il faut peut-être le chercher en levant l’anonymat, c’est un débat qui doit être mené.

 

Jean Paul Sartre constatait : « Il suffit qu’un seul homme en haïsse un autre pour que la haine gagne de proche en proche l’humanité entière ».

Nous ne resterons ni spectateurs, ni avec les bras croisés, ni avec les yeux mi-clos, devant cette époque où les dangers se mêlent aux peurs et à la malveillance, ou la bataille contre le mal n’est jamais gagnée d’avance. Elle implique un engagement, une attention soutenue de tous les instants car pour certains il existe un antisémitisme banal, ordinaire, comme ils pensent qu’il existe une relativité dans le mal, et j’ajoute, ce combat les hommes le gagneront car notre société contemporaine est ordonnée à une fin : LA PAIX.