Marc Knobel

Historien. Directeur des Etudes au CRIF

Sarah Halimi : assassinée parce que juive, par Marc Knobel

29 Mai 2017 | 448 vue(s)
Catégorie(s) :
France
Portrait de Invité
Blog du Crif - Noé, reviens !
|
11 Octobre 2018
Catégorie : France, Opinion

Jeudi 6 septembre s'est tenue la cérémonie d'échange des vœux entre les responsables de la Communauté juive, la Maire de Paris Anne Hidalgo et la présidente du Conseil régional d'Ile de France Valérie Pécresse.

Pages

Actualité

Il y a six ans (ndlr. : cet article a été rédigé en mars 2018), en mars 2012, à Montauban et Toulouse, sept vies ont été fauchées par un terroriste islamique, donc je me refuse à rappeler le nom.

Le 33ème Dîner du Crif a eu lieu mercredi 7 mars 2018.

Au théâtre de l'Atelier, Le livre de ma mère réveille les souvenirs et sublime la relation la plus sincère qui est donnée à l'homme de connaître.

Vendredi 23 février, j'ai rencontré Tomasz Młynarski, Ambassadeur de Pologne en France.

La première djihadiste française capturée à Mossoul par les forces irakiennes en juillet 2017, Mélina Boughedir, a été condamnée, lundi 19 février, à sept mois de prison pour l’entrée illégale en Irak. La cour pénale de Bagdad a ordonné la remise en liberté et l’expulsion en France de la jeune femme de 27 ans, sa peine étant couverte par sa détention préventive, rapporte Le Monde du 19 février. Qui sont ces femmes désintégrées, déstructurées et aveuglées par la propagande développée par les djihadistes et qui ont été des proies faciles. C'est ainsi qu'elles se sont déshumanisées et ont participé à cette orgie barbare et moyenâgeuse qu’est le djihadisme.

En tant que lecteur de la newsletter du Crif, bénéficiez d'un tarif préférentiel ! La place à 15 euros au lieu de 20 euros. Réservations par téléphone : 01 43 27 88 61 avec le code CRIF           

"On s'est dit au-revoir. C'était un au-revoir mais qu'y avait-il derrière cet au-revoir ?"

Dans leur numéro de janvier, le magazine Youpi, destiné aux enfants de 5 à 8 ans, a clairement laissé entendre à ses jeunes lecteurs qu' "Israel n'était pas un vrai pays".

"Je m’en vais vous mander la chose la plus étonnante, la plus surprenante, la plus merveilleuse, la plus miraculeuse, la plus triomphante, la plus étourdissante, la plus inouïe…"
 

 

En juin 2017, quelques mois après l'assassinat de Sarah Halimi, Francis Kalifat, Président du Crif, publiait cette tribune en hommage à Sarah Halimi, devenue le triste symbole de l'antisémitisme qui tue. 

Pages

Antisémitisme

Dimanche dernier, des militants du Collectif Anti Boycott se sont rendu face à une manifestation BDS.

Quel est donc ce mouvement qui s'est vu offrir une tribune hier au journal télévisé de France 2 ?

Lundi 11 janvier, à Marseille, un jeune turc de 15 ans attaquait à la machette un enseignant juif portant une kippa. Une affaire qui devait provoquer une grande émotion, et qui a inspiré à Jérôme Fenoglio, le directeur du journal « Le Monde », un éditorial remarquable. En voici un extrait : « Ce mal, il faut le considérer pour ce qu’il est : le produit des noces mortelles entre djihadisme et antisémitisme. Le terrorisme fondamentaliste (…) reprend tous les stéréotypes du vieil antisémitisme européen, accommodé à la sauce de l’heure, mélange de théories du complot importées du Moyen-Orient et transportées par Internet ».

A force de tenir des raisonnements primaires, ami de Gôôôôche, tu es devenu primaire

Ce soir, jeudi 22 octobre, France 3 diffuse à 23h15 « Profs en territoires perdus de la République ? »

Article de Dr Bruno HALIOUA Secrétaire Général de l’AMIF (Association des Médecins Israélites de France)

"Une France antijuive ? "est le dernier livre de Pierre-André Taguieff. Marc Knobel rend hommage au talent et au courage de l'auteur à travers cette tribune.

Portrait de Invité
3 Questions à Marc Knobel
|
17 Avril 2015
Catégorie : Antisémitisme

Les auteurs du Blog du Crif se prêtent à un exercice de questions réponses " 3 Questions à ..."

Marc Knobel historien- chercheur nous parle donc de son engagement dans la lutte contre l'antisémitisme.

Des centaines de tombes ont été profanées au cimetière juif de Sarre-Union (Bas-Rhin), dimanche 15 février 2015, a annoncé le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, dans un communiqué de presse

Neuf ans après l’assassinat d’Ilan Halimi, voici la « chronique d’une barbarie et de ses conséquences médiatiques, politiques et judiciaires »,  par Marc Knobel, historien, chercheur, directeur des Études du CRIF

 

Retour sur les événements qui sont intervenus en juillet 2014 et les manifestations propalestiniennes qui ont dégénéré.

L'antisémitisme est comme une bête particulièrement enragée et puante. Il rôde, nous ne le savons que trop bien...

L'antisémitisme : les causes d'un Mal qui s'aggrave.

Ce dernier détaille ici les multiples racines de l’antisémitisme, qui a explosé en France à partir de l’année 2000 et la première « intifada ». Et qui s’est fortement aggravé tout au long de l’année dernière. Marc Knobel évoque notamment l’origine idéologique – soulignée et étudiée par le philosophe et chercheur Pierre-André Tagguief – d’un antisémitisme qui découle d’un antisionisme extrême, lui-même alimenté depuis longtemps par les tenants de l’islamisme radical. Extrême gauche et extrême droite française en passant par « Dieudonné and Co » sont aussi, historiquement et actuellement, parmi les premiers diffuseurs de la haine antisémite en France. Description et analyse en huit points.

"Dites-moi que ce furent des cauchemars, que le monde s'améliore de jour en jour, que des flammes de lumière jaillissent en chaque point du globe."

Article paru dans le HuffinghtonPost.fr

Pages

Sarah Halimi, une retraitée a été battue à mort à Paris, le 4 avril 2017 et son calvaire a duré plus d'une heure. Et, il s'agit bien d'un meurtre antisémite.

Quelle est cette vilaine propension qui consiste à relativiser, à ignorer, taire autant que faire se peut et/ou balayer du revers de la main le crime et les motivations antisémites d'un crime ? Quelle est cette propension étrange qui consiste à décriminaliser en quelque sorte un terroriste en le cataloguant de... fou ou de psychopathe, alors qu'il était par ailleurs sans antécédent psychiatrique ? Comme s'il serait par trop difficile de mettre un nom sur le crime, de dévoiler sa motivation profonde et de rappeler en cette circonstance justement les circonstances aggravantes du crime, des circonstances dramatiques pour la victime puisqu'elle a été sauvagement assassinée.

Oui, Sarah Halimi a été assassinée, parce que juive. Non, elle n'a pas été assassinée parce qu'elle habitait seulement un immeuble, parce qu'elle était une ancienne directrice de crèche, parce qu'elle aurait eu de l'argent, non pas par vengeance, non pas parce qu'elle était d'origine italienne ou portugaise. Et, quels sont ces titres grandguignolesques de la presse, qui se demandent encore si Sarah Halimi a été tuée parce qu'elle était juive ? Et quel est cet assourdissant silence dans les médias, de l'opinion publique et des pouvoirs publics ? Quelle est cette indifférence étrange ? A l'inverse, qu'est-ce que cette indignation sélective qui mobilise (toute) la presse (par exemple, après une interpellation musclée à Aulnay-sous-Bois durant laquelle Théo, un jeune homme de 22 ans, a été gravement blessé) ce que l'on comprend par ailleurs et/mais qui ne rend pas du tout compte de l'émotion, de la blessure, de la peur, ici ?
 

Je m'explique donc : Sarah Halimi, une retraitée a été battue à mort à Paris, le 4 avril 2017 et son calvaire a duré plus d'une heure.

Les avocats ont tenu une conférence de presse le lundi 22 mai pour s'étonner de la "chape de plomb" qui pèse sur cette affaire. Les avocats évoquent aussi une "période médiatique" peu propice à la communication, du fait des élections présidentielles et législatives.

Mr Jean-Alexandre Buchinger, qui représente les trois enfants de Sarah Halimi raconte: "Mme Halimi a été surprise dans son sommeil par un terroriste venu pour la torturer et finir par la défenestrer (...) parce qu'il savait qu'elle était juive pratiquante (...) Il l'a massacré, le salon était plein de sang (...) il ne s'interrompait que pour réciter les sourates du Coran" (Le Monde, mercredi 24 mai 2017). Des témoins affirment avoir entendu une voix masculine crier "Allah Akbar", "c'est pour venger mon frère", "tu vas fermer ta gueule (...) tu vas payer", "sheitan", (diable, en arabe)... Selon un enregistrement de 6 minutes détenu par Me Buchinger, réalisé par un témoin immédiatement après la mort de Sarah Halimi, le suspect continuait donc de faire "des incantations" en récitant des sourates du Coran, et a crié à de nombreuses reprises "Allah Akbar". "Il a clairement manifesté (son islamisme) devant témoins, ajoute Alex Buchinger qui revient sur les faits. Il n'y a pas l'ombre d'un doute."

 

Quel est le profil de l'assassin ? Âgé de 27 ans, d'origine malienne et de nationalité française, cet homme était connu pour de nombreux faits de vols et de violence. Il est un délinquant multirécidiviste pour trafic de stupéfiants, dont a été évoquée une possible radicalisation en prison, ainsi que sa fréquentation probable d'une mosquée salafiste, connue pour des faits de radicalisation en 2014.

Or, la qualification de sa mise en examen dépendra des résultats de l'expertise psychiatrique.

Au moment où le Conseil représentatif des institutions juives de France et le Consistoire Central se sont portés partie civile, les avocats de Sarah Halimi réclament aujourd'hui la requalification en assassinat et que, bien évidemment, soit reconnue la circonstance aggravante à caractère antisémite, ainsi que la séquestration, les actes de torture et de barbarie.

Dans une autre affaire, nous fûmes confrontés également au silence et au déni

Le 1er décembre 2014, Jonathan, 21 ans, et sa compagne, âgée de 19 ans, sont agressés à leur domicile dans le quartier du Port, à Créteil (Val-de-Marne), par trois hommes. Un cambriolage violent au cours duquel la jeune femme est violée. Or, en février 2017, la qualification antisémite de l'agression avait été supprimée par le juge d'instruction chargé de l'affaire. Les agresseurs seraient donc poursuivis pour "viol en réunion", "vol avec arme", "séquestration", "association de malfaiteurs" et "extorsion", mais pas pour violences "en raison de l'appartenance religieuse".

Cependant nous apprenons ce 26 mai 2017 que le parquet de Créteil estime que les agresseurs qui ont braqué un couple à domicile et violé la jeune fille en 2014 les avaient ciblés à cause de leur religion. Là où le juge en charge de l'enquête n'avait donc pas retenu précédemment cette incrimination (Le Parisien, 26 mai 2017)

Il convient de faire toute la transparence. Car, le silence médiatique pèse lourd. Car l'indifférence pèse lourd. Car le déni pèse lourd.

Car le mensonge est une offense supplémentaire. 

Et, qu'un crime antisémite est un crime antisémite.

Votre demande a bien été prise en compte.
Nous vous remercions de votre intérêt.