Richard Prasquier

Ancien Président du CRIF

Blog du Crif - Valérie Giscard d'Estaing ou les dangers de la raison

21 December 2020 | 184 vue(s)
Catégorie(s) :
France

Jeudi 6 septembre s'est tenue la cérémonie d'échange des vœux entre les responsables de la Communauté juive, la Maire de Paris Anne Hidalgo et la présidente du Conseil régional d'Ile de France Valérie Pécresse.

Jeudi 26 juillet, j'ai écrit au Ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian afin de lui faire part de mon étonnement face à l'absence de mention d’Israël dans les déclarations du Quai d'Orsay suite à l'évacuation de casques blancs syriens.

Mercredi 25 juillet, j'ai adressé des courriers aux Présidents respectifs de la Fédération Française des Échecs et de la Fédération Française de Judo. L'objectif : mener à bien le combat pour l'égalité et contre la discrimination de toute nature.

Fausses rumeurs, photos ou vidéos truquées… les fausses informations, ou fake news, inondent le net. La désinformation va parfois plus loin, prenant la forme de théories à l’apparence scientifique.

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Actualité

Il y a six ans (ndlr. : cet article a été rédigé en mars 2018), en mars 2012, à Montauban et Toulouse, sept vies ont été fauchées par un terroriste islamique, donc je me refuse à rappeler le nom.

Le 33ème Dîner du Crif a eu lieu mercredi 7 mars 2018.

Au théâtre de l'Atelier, Le livre de ma mère réveille les souvenirs et sublime la relation la plus sincère qui est donnée à l'homme de connaître.

Vendredi 23 février, j'ai rencontré Tomasz Młynarski, Ambassadeur de Pologne en France.

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Opinion

Jean-Pierre Allali partage avec vous ses appréciations littéraires au fil de ses lectures. Aujourd'hui, il nous parle du livre de Techouva, de Frédéric Lauze.

Jean-Pierre Allali partage avec vous ses appréciations littéraires au fil de ses lectures. Aujourd'hui, il nous parle du livre de Dina Porat, Le Juif qui savait Wilno-Jérusalem : la figure légendaire d’Abba Kovner, 1918-1987.

"On s'est dit au-revoir. C'était un au-revoir mais qu'y avait-il derrière cet au-revoir ?"

En 2017, Roger Pinto, sa femme et son fils ont été séquestrés, violentés et détroussés à leur domicile de Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis), "une agression antisémite" condamnée par le Crif et le ministre de l'Intérieur. Une première ?

Thierry Noël-Guitelman est un journaliste, membre de l'association Hébraïca à Toulouse. Il a engagé, en 2004, des recherches familiales sur l'étoile jaune, sa tante Ida Seurat-Guitelman, ayant obtenu une exemption.

Gil Taïeb's picture
Nous sommes debout
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03 April 2017
Catégorie : France, Actualité, Opinion

Samedi 1er avril place du Châtelet se sont réunies une centaine de membres du Collectif Boycott Israël

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Les commentateurs de la presse générale, qui ont à juste titre souligné les qualités intellectuelles de Valéry Giscard d’Estaing et l’ampleur des réformes qu’il avait engagées, ont rarement noté que l’hostilité envers Israël avait été une caractéristique de son septennat.

L’homme qui en juin 1967, alors ex-ministre du général de Gaulle, avait signé un manifeste de soutien à la sécurité d’Israël, en avait repris les mêmes termes en 1984, alors que, ex-Président, il achevait en Israël une visite privée et bien trop tardive. Mais entre-temps, de 1974 à 1981, il n’y a pas une seule année où les décisions de VGE n’aient pas manifesté que la sécurité d’Israël était le cadet de ses soucis : mise en selle politique internationale de l’OLP (1974), vente du réacteur Osirak à Saddam Hussein (1975), remerciements à Amin Dada après le détournement d’un avion d’Air France vers Entebbe (1976), refus d’extrader Abu Daoud, l’organisateur des attentats de Munich (1977), accueil de Khomeini à Neauphle le Chateau (1978), critiques sévères à l’égard du traité de paix israélo-égyptien (1979) et spectaculaire indifférence après l’attentat de Copernic (1980),l’image de Giscard regardant Israël aux jumelles depuis la Jordanie, lors de son voyage de 1980, symbolisait pour beaucoup de Juifs de France un fossé qui s’était élargi. Puissance de l’image (reconstituée, car il n’y a pas eu de photo…), les jumelles ont pesé dans la mémoire que les Juifs de France ont de Giscard.

Ce septennat, continuation de la très hostile présidence pompidolienne, fut donc, suivant les termes de Frederic Encel, celui de la « glaciation». Après la hausse du prix du pétrole en représailles à la guerre du Kippour, le ministre des Finances devenu Président de la République choisit de commercer avec un monde arabe dont certains pays s’étaient subitement enrichis: les armes contre le pétrole, avec à la clé pour la France une influence géopolitique  par le biais d’une ONU sous la coupe d’un tiers mondisme marxisant dont la « résistance » palestinienne était l’oriflamme. 

C’était là un choix rationnel pour Giscard, qui s’est défini lui-même comme un « conceptuel ». Certes, cela lui imposait de fermer les yeux sur le terrorisme palestinien, omniprésent à l’époque : l’attentat de Maalot (21 enfants tués), pour ne citer que lui, avait eu lieu trois jours avant l’élection présidentielle de 1974. Mais le chasseur VGE, animal à sang froid, entendait dépasser ces soubresauts regrettables. Négligeant la lâcheté de certaines de ses compromissions avec les terroristes et surestimant son influence sur la dictature soviétique, il pensait que les adversaires devaient s’accorder sur une solution concoctée par la communauté des nations et la France avec son jeune et moderne Président se devait d’être au premier rang de l’initiative. Le dialogue entre grands de ce monde  fut la pierre de touche de la politique giscardienne et le discours qu’il prononça en 1975 à Auschwitz visait lui aussi avant tout à promouvoir la détente avec les pays de l’Est, paravent à la tentation oppressive et fanatique qui tenaille « le malheureux corps de l’espèce humaine ». 

Dans ce discours, Giscard ne passa pas sous silence l’extermination des Juifs. Il se démena plus tard pour que la première présidente du Parlement Européen fût symboliquement une déportée juive, Simone Veil. Cet homme qui voyait l’économie au filtre de la raison, et la raison comme un efficace rempart aux passions, vit son septennat gâché par le choc pétrolier de 1979, consécutif à la guerre Iran-Irak, dont il fut un involontaire  artisan. Khomeini se servit en effet de son lieu de séjour en France comme d’une base de propagande avant de lancer avec le succès que l’on sait la plus irrationnelle des aventures politiques du demi-siècle. VGE ne voulait pas savoir que les passions prévalent facilement sur la raison si la raison oublie que les passions sont puissantes. Il n’était pas atteint de passion antisémite. Mais il a fait prospérer la passion antisioniste, qui en est l’habillage moderne. Et puisque contre une passion de mort on ne peut combattre qu’avec une passion de vie, il a ignoré que l’idée sioniste est justement la réponse passionnelle à une chosification de l’identité juive.

Il faut donc se méfier des «conceptuels» trop cartésiens. Mais ne faut-il pas se méfier aussi des «aventuriers», qualificatif dont VGE affublait Jacques Chirac, son ennemi de 40 ans ? Car un aventurier peut être aveuglé par les passions que sont ses amitiés, si celles-ci portent le nom de Saddam Hussein, Hafez el Assad ou Yasser Arafat……

Richard Prasquier

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